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Monday, 7 April 2014

Captain America : The Winter Soldier

J'aime bien les films de super-héros. Il y a quelque chose de régressif dans le plaisir de se plonger au coeur d'aventures bien rythmées, pleines d'effets spéciaux et de super-héros sans complexes. Ces dernières années, Hollywood s'est mis à piocher avec frénésie dans les comics américains pour donner vie ou ressusciter Spiderman, Ironman, Thor, Hulk, Batman, Wolverine, les Watchmen, Captain America, Superman, Hawkeye, Black Widow... Un flux continu de films aux qualités diverses et aux atmosphères variées. Apparemment la source est loin d'être tarie, puisque chaque fois que je vais au cinéma je vois au moins une bande annonce d'un film du genre. On ne peut pas dire que je n'en rate pas un, mais disons que quand mon ours et moi avons envie d'une séance de ciné en amoureux, ce genre de film nous garantit à tous les deux de passer au minimum un bon moment sans que l'un doive trop compromettre ses goûts pour l'autre.

Le premier Captain America, je ne sais plus quand je l'ai vu mais je me souviens avoir été moyennement impressionnée. Le côté "parfait petit Américain" du héros fatigue vite. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, il s'agit d'un brave garçon qui, en 1942, veut absolument s'enrôler dans l'armée pour aller combattre en Europe ; problème : il est tout maigrichon, pathétiquement chétif, et il est plusieurs fois recalé à l'examen médical. Jusqu'à ce qu'un docteur ait un peu pitié de lui et le fasse admettre avec une idée derrière la tête : lui injecter un sérum qui le rendra très très fort. Comme on s'y attend, ça marche, il se coud un joli petit costume moulant, reçoit un beau bouclier, devient un héros made in USA et a plein d'aventures vivifiantes en combattant les méchants nazis, jusqu'au moment où il se crashe en antarctique en sauvant le monde. Mais il n'est pas mort, il a été cryogénisé par accident ; il se réveille 70 ans plus tard, de nos jours, et est immédiatement recruté pour faire partie de la fine équipe des "Avengers", les super-héros qui travaillent pour S.H.I.E.L.D., l'agence semi-secrète chargée de protéger les USA (et le monde s'ils ont le temps).

Donc jusqu'à présent, on a vu Captain America dans le premier film du même nom, puis dans le film "Les Avengers" où il re-sauve le monde en compagnie d'Ironman, Hulk, Thor, Hawkeye et Black Widow. Et là on le retrouve pas longtemps plus tard. Il est toujours en train de combler son anachronisme culturel (j'ai beaucoup aimé son petit carnet où il note tout ce dont on lui parle pour qu'il puisse vérifier ensuite de quoi il s'agit) et travaille pour S.H.I.E.L.D., mais quand le directeur Nick Fury lui montre les superbes armes d'assassinat ciblé et groupé (genre, un million de personnes à la fois) qu'il développe, notre capitaine commence un peu à se demander comment on fait pour savoir qui sont les gentils et qui sont les méchants dans ce monde de fous. Et il ne sait pas à qui poser la question : toutes ses connaissances qui ne travaillent pas pour S.H.I.E.L.D. ont plus de 90 ans. Enfin ses questions vont vite trouver des réponses parce que les gentils se font tout à coup assassiner et donc forcément, ceux qui restent, ce sont les pas-gentils. CQFD. Et de nouveau, joli costume (il en a même plusieurs maintenant), aventures plus ou moins invraisemblables, sauvetage du monde, toussa toussa.

Au final, j'ai préféré ce film-là au premier - même si comme d'habitude dans ces cas-là, le deuxième film me donne envie de revoir le premier. Ce que j'aime bien c'est que Captain America a enfin trouvé un bon équilibre entre le personnage original et la modernité de l'époque. Il reste un bon gamin, mais il n'est pas pathétiquement naïf ou ridiculement poster-boy comme il l'était dans le premier ; il y a d'ailleurs un subtil degré d'auto-dérision qui le rend presque humain. Par moments, il se rend compte qu'on le prend pour un con et ça ne lui plaît pas. Il a aussi repris un peu de l'humour qui fait le succès d'Ironman. Et puis on retrouve les grands effets spéciaux et les surprises technologiques des films précédents, bien qu'on est quand même loin des portes-avions qui volent des Avengers (ça m'avait beaucoup plu ces petits joujoux).

La grosse question que je me pose, concernant les films d'action, c'est quand même celle-ci : pourquoi les scénaristes s'y sentent-ils obligés d'y laisser des tonnes de trucs qui ne collent pas ? Sans les chercher, je n'arrête pas de les voir. Ces films ont des budgets de millions de dollars et ils ne sont même pas fichus d'écrire des histoires qui tiennent la route. Alors bien sûr c'est de la science-fiction donc il faut accepter qu'une seule arme volante puisse assassiner un million de personnes en une fois (!) en les ciblant du ciel grâce à un scan de leur DNA à distance (!!!) après les avoir sélectionnées en fonction de leur dangerosité future sur base des informations qu'ils laissent traîner sur internet (!!!!!!!!!).  Si je devais faire la liste de tout ce qui est totalement impossible dans cette idée, je ne saurais même pas par où commencer.

Mais passons, c'est de la mauvaise science-fiction mais c'est de la fiction. Par contre, j'aimerais bien qu'au moins l'ensemble soit plus ou moins cohérent. Genre : tu es un gentil, tu sauves le monde en neutralisant une plateforme volante et tueuse, les méchants ne savent plus rien faire pour t'embêter, tu as donc tout ton temps pour te débarrasser de la plateforme en question qui ne sert plus à rien dans le ciel. Tu pourrais la ramener chez toi et récupérer les morceaux, ça a dû coûter une fortune ce truc-là, si ça se trouve ça se vendra bien sur eBay. Ou alors tu la diriges vers un chantier de désossement au Pakistan. Ou au pire, si tu es vraiment pressé, tu la coules au milieu de l'océan. Mais non, pas Captain America. Lui il la fait exploser tout de suite, en plein au-dessus d'une ville, pire même, au-dessus du QG de S.H.I.E.L.D. qui est rempli d'amis. Et en plus il la fait exploser alors qu'il est encore dessus. Bravo mec. Et ce n'est qu'un minuscule aperçu des nombreuses occasions où la logique du scénario a été sacrifiée au profit de quelques effets spéciaux en plus.

En résumé, voici encore un de ces films d'action qui m'ont fait passer un bon moment de divertissement, mais pour vraiment l'apprécier il faut savoir éteindre temporairement tout sens logique. Si vous en êtes capables, ça vaut la peine, Captain America devient de plus en plus sympa en grandissant.



Sorry people, this time I'm too lazy to translate, please use the "translation" tool (Google Translate) in the right column... I promise I'll do better next time :)

Tuesday, 25 March 2014

[Cinéma/Movies] Philadelphie / Philadelphia

Grâce à Netflix, à des tickets-culture reçus au boulot et à quelques magasins qui proposent des blu-rays à moins de 10 euros, je regarde de plus en plus de films et de séries intéressants. Je compte donc vous en parler ici, pas seulement des nouveautés comme sur la plupart des blogs, mais aussi des vieux films que je découvre vingt ans après tout le monde.

Le film d'hier soir, je l'ai acheté en blu-ray il y a déjà quelques mois, sur la foi d'un titre connu et d'une très vague idée de l'intrigue. Il s'agit du film "Philadelphie", de 1993 (vous voyez, quand je vous disais "vingt ans après tout le monde"...) Je parie que la plupart de mes lecteurs l'ont déjà vu, et je me demande encore comment j'ai réussi à l'éviter jusqu'à présent ; deux acteurs que j'aime beaucoup, un genre (les histoires de procès) que j'adore, un film culte...

Au cas où ce serait encore nécessaire, l'intrigue en quelques mots : Andrew Beckett (Tom Hanks, dans sa version jeune et maigrichonne) est un jeune avocat homosexuel, talentueux et passionné qui se voit confier une grosse affaire par le prestigieux cabinet pour lequel il travaille. Hélas, sa santé se détériore rapidement, ce qu'il cache à ses patrons, jusqu'au jour où il est brutalement renvoyé. Persuadé que la vraie raison de son renvoi est sa maladie (le sida), il cherche un avocat pour l'aider à porter devant les tribunaux ce qu'il considère comme de la discrimination, et demande l'aide de Joe Miller (Denzel Washington), un petit avocat indépendant et ambitieux mais homophobe. Le procès qui s'en suit dévoilera beaucoup de choses sur la véritable nature de ces deux hommes.

C'est amusant comme les films d'une même époque peuvent marquer leur âge ou rester intemporel, ou bien se situer quelque part entre les deux. Pour Philadelphie, il y a quelques petites choses qui sont quand même un poil vieillottes : une certaine façon de filmer un peu artificielle, des couleurs passées, certaines scènes longuettes; bref, certains aspects de la mise en scène que je ne trouve pas extraordinaire.

Mais à côté de ça, tout le reste est intemporel et magistral. Le scénario est magistral; il aborde un thème qui, s'il a perdu un peu de son actualité maintenant que l'on connaît mieux le sida et qu'il se soigne, garde toute son émotion. Et puis l'histoire est racontée avec beaucoup de subtilité ; je crois qu'il faut au moins la moitié du film pour que le mot "homosexualité" soit prononcé alors que, comme une magnifique scène du procès le rappelle, c'est en réalité ce problème-là qui est au centre des débats. Les personnages sont tous très attachants, bien que peut-être un peu trop parfaits. Mais ils sont surtout extraordinairement bien joués ; j'ai trouvé Tom Hanks transfiguré par le charme qui émane de son personnage et Denzel Washington très juste dans son rôle de mâle viril limite arrogant mais sincère avec lui-même. Et puis il y a bien sûr la musique, la magnifique chanson de Bruce Springsteen qui ouvre le film, prolongée par des morceaux plein de douceur et de mélancolie. La musique semble d'ailleurs remettre les choses à leur place : ici on ne parle pas de gros sous et d'effets de manches, comme souvent dans les histoires de procès. Ce qui compte, c'est la mort lente d'un homme qui ne cherche pas la vengeance mais la justice et la paix.

En résumé, j'avais peur que ce film ne me brise le coeur vu les thèmes qu'il aborde ; mais en réalité j'en ressors avec une impression de douceur et de mélancolie, beaucoup d'émotion mais, victoire : j'ai réussi à ne pas pleurer !


Thanks to Netflix, to "culture" tickets I received through my job and to a few stores thatsell  blu -rays for less than 10 euros, I saw more and more interesting movies and series lately. I thought I'd tell you about them here, not just not just about the latest releases as most blogs do, but also about old movies I discovered twenty years after everyone else.

I had bought the blu-ray of the move I saw last night already a few months ago, on the basis of a famous title and my very vague idea of the plot. I'm talking about the famous movie "Philadelphia" released in 1993 (see, I told you "twenty years after everyone else"...).  I bet most of my readers have already seen it, and I wonder how I managed to avoid it so long, when it includes two actors I really like, is of a genre (court-room stories) that I love, and is altogether widely acclaimed.


In case it is still necessary, the plot in a nutshell: Andrew Beckett (Tom Hanks, in his young and skinny version) was a young gay, talented and passionate lawyer who is entrusted with an important case by the prestigious lawfirm for which he works. Unfortunately, his health deteriorates rapidly, which he hides from his bosses, until he is abruptly fired. Convinced that the real reason for his dismissal is his disease (AIDS), he looks for a lawyer to help him bring to court what he sees as discrimination and seeks the help of Joe Miller (Denzel Washington), a small-time but ambitious, independent and homophobic lawyer. The ensuing trial will reveal much about the true nature of these two men.


It's funny how movies of the same time can show their age, remain timeless, or lie somewhere between the two. As for Philadelphia, there are a few things that are a bit outdated: a manner of filming a bit artificial, some scenes a bit too long and a bit of a "passé" color, in other words some aspects of the directing that I did not find extraordinary.


But besides that, everything else is timeless and masterful. The script is amazing, touching on a theme that has lost some of its relevance now that AIDS is treatable and it is better known, but still retains all its emotion. And the story is told with great subtlety; I think that it takes at least half of the film before the word "homosexuality" is pronounced when, as a magnificent trial scene makes obvious, this is actually the problem which is at the center of the debates. The characters are all very likeable, although perhaps a little too perfect. But they are mostly acted extraordinarily well; I found Tom Hanks transfigured by the charm that emanates from his character and Denzel Washington very realistic in his role as virile male almost arrogant but honest with himself and others. And then there is of course the music, the beautiful Bruce Springsteen song that opens the film, extended by pieces full of sweetness and melancholy. The score also seems to put things in their right place: here we are not talking big bucks and court-room show, as often in the stories of trial. What matters is the slow death of a man who does not seek revenge but justice and peace.


In short, I was afraid that this film would break my over sensitive heart, but in reality it left me with an impression of sweetness and melancholy and a lot of emotion, but victory! I managed not to cry!

Tuesday, 16 October 2012

James Bond a pris un coup de vieux / James Bond's getting old

Mr Ours a eu la bonne idée (et je le le dis avec d'autant plus de conviction que je l'ai critiqué sur le moment) d'acheter un coffret collector des films de James Bond à l'occasion du cinquantième anniversaire de la franchise. Depuis lors on s'amuse à les regarder dans l'ordre chronologique, ce qui va nous prendre un certain temps. On en est arrivés à "Au service secret de Sa Majesté", sorti en 1969.

Il y a des trucs, outre l'évolution de la technique, qui marquent quand même l'âge de la série. James fume comme une cheminée. C'est un grand macho qui fait des trucs vraiment pas acceptables à notre époque (il y a une scène qu'on qualifierait maintenant de viol dans Goldfinger... et le résultat c'est que la demoiselle en vient à trahir son patron pour aider James !).  Mais le truc qui m'a le plus choquée, c'est un minuscule détail que je viens de voir dans "Au service secret de Sa Majesté" et que personne ne semble avoir remarqué.

Le contexte : James, déguisé, se trouve dans une sorte de sanatorium en haut d'une montagne. Les patientes sont de jeunes et jolies femmes qui viennent de tous les coins du monde (il y a une raison à ça, on l'apprend plus tard) pour soigner des allergies par une thérapie assez bizarre. A l'heure du repas, elles se retrouvent à table en compagnie de James, et chacun reçoit un plat différent sur lesquels il y a quelques gros plans. On voit l'Américaine (si j'interprète bien son accent) manger du poulet avec les doigts ; l'Asiatique plonge le nez dans son bol de riz ; celle habillée à l'indienne mange un pain qui ressemble à du naan ; et la seule noire de la bande... mange une banane.

Alors en voyant les demoiselles (idiotes et roucoulantes à souhait), j'ai eu un petit moment de joie en constatant qu'il y avait une noire, une ethnie totalement absente des films précédents. Et je n'aurais pas tiqué si elle avait mangé une banane dans un autre contexte (j'en mange aussi). Mais vu les plans précédents qui marquent clairement un lien entre la nourriture dans l'assiette et l'origine de la personne qui mange, je ne peux pas m'empêcher de trouver ça un peu malvenu. J'imagine qu'en tant qu'Africaine elle mange probablement plus de bananes que l'Asiatique, mais bon, ils auraient pu lui filer une noix de coco, quoi.  Ceci dit ce n'est pas un mauvais film, et il se fait un peu pardonner parce qu'on y croise une des James Bond Girls avec le plus de caractère (et elle conduit magnifiquement bien, ça fait déjà un préjugé de moins).  Mais la banane, j'ai du mal à l'avaler. 

Bref, tout ça pour dire que James Bond a quand même drôlement vieilli.




Mr Bear had a very good idea recently (and I'm writing this with much pleasure since I first blamed him for it): he bought a 50th anniversary collector pack of all James Bond movies. Since then, we've been watching them one by one, and we have so far arrived at "On Her Majesty's secret service" which came out in 1969.

In addition to the technical aspects, there are a few items of these first movies' plot that really show how this series is getting old. James smokes like a chimney. He is a big macho guy that behaves in some ways that would clearly not be acceptable anymore (there is a scene in Goldfinger that would certainly be called a rape if it happened nowadays... and as a result, the girl later comes to betray her boss to help James!). But the thing that shocked me the most, it's a tiny detail that I have seen in "On Her Majesty's Secret Service" and not many people seem to have noticed.

The context is: James, disguised, is in a kind of sanatorium on top of a mountain. Patients are young and pretty women who come from all over the world (there is a reason for this, we learn about it later) to treat their allergies with a strange kind of therapy. At dinner time, they find themselves seated with James, and each receives a different dish, with the camera focusing on each one in turn. We see the American (if I interpret her accent correctly) eating chicken with her fingers; the Asian nose dives into her bowl of rice; the one dressed like an Indian bites in bread that looks like naan, and the black one... eats a banana.

When the ladies were first shown on the screen (all silly and giggling, as usual), I had a little moment of joy in finding that there was a black woman, as her people were totally absent from previous films. And I would not have raised an eyebrow if she had eaten a banana in another context (I eat bananas myself). But given the previous shots that mark a clear link between the food on the plate and the origin of the person who eats it, I can not help but find it a little inappropriate. I imagine that as an African she probably eats more bananas than the Asian one, but hey, they could have shown her eating a coconut. The movie is not bad though, and I forgive it a little considering that it features one of the most interesting and strong-minded James Bond Girls (she also drives very skilfully, one less prejudice). But that banana still hurts my feelings.

Anyway, all I meant is that James Bond is now getting awfully old.

Thursday, 10 May 2012

Iron Sky in England only for ONE DAY??? I say no!

 Remember, some time ago, I reviewed a very special Finnish movie called Iron Sky.  A very ambitious project, with the biggest budget for a Finnish movie ever. They asked every public support to make it, and when that was not enough, they used crowd sourcing and collected support from tons of individuals around the world. A feat in itself in this small country.

Plus, it's also one of the most daring movies I saw. A story where Nazis come back to invade Earth. A crazy plot with a crazy humor, but it works, it does. An alien in today's cinema, definitely, a unique experience.

And then, while the movie was made in English, the UK distributor wants to put Iron Sky in UK theaters for *just one day*, 23.5., and then never again.  With all the crap that sticks to theater screens for weeks on end, when one movie is a bit out of the ordinary, they won't let anyone discover it.
 
So the producers said : "bollocks".  And I agree. Something should be done.  And we all can do it. Everything is explained in this blogpost. It's a matter of spreading another kind of culture - and enjoyment too. Share, and act.
 


Monday, 9 April 2012

Iron Sky

En ce lundi de Pâques, il n'y a qu'un seul type de lieux publics ouverts : le cinéma. Alors on en a profité pour aller voir un film sorti il y a peu. Un film finlandais dont vous n'avez probablement pas entendu parler, et comme c'est trop dommage, je vais remédier à ça. Les Finlandais ont déjà prouvé qu'à défaut d'avoir les moyens financiers, ils ont de l'imagination à revendre, notamment dans le créneau "déjanté". Si vous ne l'avez pas encore vu, jetez un oeil sur le court-métrage Rare Exports Inc. qui a donné lieu à une suite et un film complet.

On Easter Monday, here, every public place is closed except for the movie theaters. So we went to see a movie, more precisely a Finnish movie. Since you have probably not heard about it and since it's a shame, I'm going to fill this gap. Finns have already proven that if they do not have the money to make blockbusters, they have enough imagination to outdo the rest of the world. If you haven't yet seen it, have a look at the short movie Rare Exports Inc. which was followed by another short movie and a full-sized one last year.

Iron Sky fait partie de la catégorie "films déjantés", ça c'est sûr. Après avoir vu le trailer, je savais qu'il s'agissait d'un film d'action + sciences-fiction + humour, un mélange un peu difficile à situer. Un truc dans ce genre-là :

Iron Sky is part of the "weird movies" category, no doubt about it. It was described during promotion as a action + scifi + comedy movie, a cocktail hard to fathom. Something like this:


L'intrigue est franchement peu ordinaire. La présidente des Etats-Unis, une petite brunette pas trop futée (Hello Sarah !), envoie des hommes sur la face cachée de la lune pour promouvoir sa réélection et, pourquoi pas, en profiter pour choper l'hélium 3 qui va remplir les besoins énergétiques de son pays pour les 1000 ans à venir. Mais à la place d'hélium, ses astronautes tombent sur une colonie où une poignée de nazis se sont réfugiés à la fin de la deuxième guerre mondiale en attendant de reconquérir la Terre. L'un des astronautes est donc tout simplement kidnappé par les nazis et se retrouve pris en sandwich entre le nouveau fürher, un méchant nazi qui n'aspire qu'à le remplacer et sa petite fiancée naïve, dans une série d'aventures lunaires, spatiales et terrestres.

The plot is not very common, to say the least. The US President, a not too clever brunette (hello Sarah!), sends men to the dark side of the moon in order to promote her re-election and, why not, grab the helium 3 that will fuel its country for the next thousand years. But in stead of helium, astronauts discover a colony where a few nazis are hiding since World War 2 and expect to reconquer the Earth. One of the astronauts is kidnapped by the nazis and finds himself stuck between the conflicting agendas of the new fürher, a mean nazi guy waiting to take his place, and a naive little school teacher.  Follows a string of adventures on the moon, in space and on Earth.

Comme je m'y attendais, l'aventure est très, très second degré. Les références sont très nombreuses et tout le monde en prend pour son grade : les Américains (et les clichés de leur cinéma), l'ONU et ses membres, l'Allemagne nazie ou pas, voire même la Finlande elle-même dans un gros clin d’œil qui a fait rire toute la salle.

Il y a un certain nombre de passages "too much", où les acteurs tombent trop dans le cliché ridicule, où la mise en scène s'attarde trop longtemps sur des délires au ralenti, où les méchants mettent une heure à mourir avec un méchant rictus au bord des lèvres. Certains dialogues auraient pu être revus (mais qu'est-ce qu'ils ont ces finlandais à abuser du "fuck" dès qu'ils parlent anglais ?), certains passages tentent désespérément de nous arracher un sourire sans y arriver.  

Mais il y a aussi énormément de passages vraiment comiques, de références sympathiques, et les acteurs de façon générale sont bien dans leur personnage. Les aventures se succèdent, bien menées si on considère le délire d'où elles naissent.  Le côté anachronique des nazis qui ont conservé la technologie des années '40 ajoute une couche d'humour, et en arrière-plan, les références humoristiques sont nombreuses.  Les effets spéciaux sont très réussis, malgré le "petit" budget du film (c'est le plus gros budget pour un film finlandais quand même, ils ont raclé tous les fonds de tiroirs, la liste des contributeurs financiers dans le générique de début est presque aussi longue que le film lui-même).

Au total, j'ai passé un très bon moment, car malgré son petit côté encore un peu bricolé, c'est avant tout un film qui a osé sortir du rang. Déjanté, certainement, mais bien trouvé, bien mené et bien joué, un ovni dans un cinéma plein de films qui se prennent trop au sérieux.  Je lui souhaite le succès international qu'il mérite.


I expected a movie full of irony and cultural references, and that's exactly what it is. No one is spared: Americains (and their blockbusters), the UN and its members, nazi and current Germany, even Finland with a big poke that made all the theater burst laughing.

There are some parts where they are going way too far, where actors outdo it, scenes that are way too long, too slow, too much, for example when some bad guys spent long minutes to die with a mean smile. Some lines should have been written by real Americans (why do those Finns use the F word every second word when they want to sound "cool"?), some scenes desperatly try to pull a smile on your face and miserably fail.

But there are also a lot of really funny scenes, nice references, and actors altogether give life to their characters. Adventures are plenty, the plot is consistent even though mad from beginning to end. The anachrony of those nazies who are using outdated technology adds another layer of humour, seconded by a large number of well-placed cultural, political or historical references. The scenes in space are very well done, despite the movie's "small" budget (it's actually the biggest budget ever for a Finnish movie, they asked everyone for help and the list of financial contributors is almost as long as the movie itself).

Altogether, I had a really good time, because despite a little bit of "handmade" feel, this movie is certainly a daring one, some kind of a UFO in the industry. Crazy yes, and well done, well played, well directed. A fresh change from the big serious blockbusters, and a great experience. I wish it the international recognition it deserves.

Sunday, 19 February 2012

Mission: Impossible 4 - Ghost Protocol

Oui, je suis un peu en retard sur ce coup-là : le film est sorti depuis longtemps plusieurs semaines dans beaucoup de pays. Mais il n'est sur les écrans finlandais que depuis deux semaines (je pense), et je ne l'ai vu qu'hier soir.

Qu'est-ce qui fait qu'un film plaît alors que d'autres laissent insensible ? Je me pose sérieusement la question.  Mon ours étant amateur de films d'action hollywoodiens, ils forment la majorité de ceux que je vois (au ciné en tous cas), et pourtant je suis incapable de dire ce qui marche ou pas.

Par exemple, je n'ai pas aimé Sherlock Holmes n°2, alors que j'avais beaucoup aimé le premier.  J'ai croisé plein d'avis enthousiastes sur ce film et pourtant, je me suis ennuyée. L'accent du personnage principal y est pour quelque chose (en VO, je rate la moitié de ce qu'il raconte), mais ce n'est pas uniquement ça : il y avait un trop plein d'action, trop de course, de tension, de batailles incessantes. Et le résultat c'est que j'ai vite décroché.

Par contre ici, j'ai retrouvé Tom Cruise avec un plaisir auquel je ne m'attendais pas. Mr Ours, toujours consciencieux, vient d'acheter les trois premiers films en Blu-Ray et les a visionnés afin de se rafraîchir la mémoire avant d'aller au ciné.  Le premier film de la franchise est sympa car il nous fait découvrir le personnage et qu'il accumule les trahisons ; le deuxième ne m'a pas laissé un souvenir impérissable ; et pour le troisième, les scènes de torture m'ont mise mal à l'aise, avec une orgie de violence et de mort. 

Et puis voici cet épisode. Sans effusion de sang inutile, sans cruauté. Avec beaucoup d'action, située dans des lieux variés et grandioses (du Kremlin à Mumbai en passant par Dubaï). Avec un synopsis compliqué mais compréhensible et même assez logique. Avec, comme d'habitude, une débauche de belles voitures et de technologie, mais pour une fois sans que ce soit mis en avant pour la frime, juste exploité pour les besoins spécifiques de l'action. Et, autre nouveauté, des personnages un peu plus humains ; pas Tom Cruise, qui garde son costume de sur-homme, mais tous les autres affichent leurs faiblesses sans aucune honte. Et, enfin, quelques touches d'humour sympathiques - j'aime bien le personnage de Benji Dunn.  Bref, je ne me suis pas ennuyée une minutes et je n'ai pas trouvé le côté hollywoodien trop surfait, un bel exploit.

Et puis, mesdemoiselles, si toutes ces raisons ne vous suffisent pas, allez-y pour le joli popotin de Jeremy Renner (William Brandt)... Miam !

Tuesday, 8 November 2011

The Adventures of Tintin

Ca y est, je l'ai vu ! Tintin, le vrai !  Je l'ai croisé au cinéma et j'ai bien reconnu sa petite mèche rouquine, son air poli mais intrépide, sa peau veloutée comme du papier et son adorable Milou. C'était bien lui !

On m'avait prévenue, avant que je ne m'aventure devant le grand écran et derrière les lunettes 3D, que le passage de Tintin du papier à la toile lui avait fait perdre beaucoup de son charme si cher à ceux qui, comme moi, on lu et relu ses aventures depuis leur prime jeunesse.  Mes parents ont dans leur bibliothèque des albums de Tintin qui, s'ils ne datent pas de la première édition, ne doivent pas en être très loin ; et j'en suis même venue à analyser "Les bijoux de la Castafiore" très sérieusement en cours de français pendant mon adolescence (il paraît, d'ailleurs, que le capitaine Haddock est secrètement amoureux de la Castafiore...). C'est dire si nous étions proches, lui et moi, et si je craignais son habillage à la sauce cinématographique !

Mais au fond, si vous voulez mon avis, c'est une vraie réussite.  Bien sûr, l'histoire mélange allègrement plusieurs albums et en rajoute un peu pour tenir un rythme qui satisfasse un public bien plus impatient que les lecteurs. Mais le fan du petit reporter aura le plaisir de repérer des tas de clins d'yeux à tous les albums dissimulés ici et là.  On retrouve aussi les gags typiques de la BD - le coup où un des personnages s'assomme avec des petits oiseaux au-dessus de la tête qui sont ensuite intégrés dans l'histoire, chapeau !  

Et puis les personnages, ah, les personnages...  Il suffit d'avoir vu Haddock sur écran pour se demander comment on n'a pas plus ri en lisant les BDs. C'est le même, tout à fait le même, mais en mieux.  Même ses insultes, en anglais, sont irrésistibles : il faut absolument l'entendre hurler "blue blistering barnacles !" ou "two-timing troglodytes !" pour se dire qu'Haddock aurait très bien pu être américain.  Son Rrrrrred Rrrrrrackham sonne comme un coup de tonnerre !

Au final, utiliser la "motion capture" pour rendre les aventures de Tintin était probablement la meilleure option.  Ce moyen-terme rend exactement la pureté des dessins tout en leur donnant un réalisme inégalé. La 3D est bien faite, légère et pas envahissante. Mis à part le petit côté Indiana Jones dans l'excès d'action, je me suis retrouvée en plein dans les pages d'Hergé.  Un vrai plaisir que je vous recommande !



Non-European friends, this post is for you.  I hear you have never heard of Tintin, the famous young (and Belgian !) reporter who ran from adventures to adventures across the pages of author Hergé's comics. Now that's really a shame.  By chance for you, you have dedicated movie directors such as Steven Spielberg and Peter Jackson who decided to fill in this gap in your culture. Be thankful.

However, I also heard that in order to prevent you from missing this important appointment with culture, we Europeans should advertise Tintin's good looks a little before this movie comes out in America on December 21. And of course I couldn't miss such a noble task.

Tintin is a polite young red-haired reporter who, accompanied by his little dog Snowie, runs around the globe to face every mystery he comes across.  In this movie (which is a mix of several different comics in the serie), he unravels the mystery of a XVI century ship, the Unicorn, who sank with her secret cargo after being attacked by pirates.  On the way, Tintin will meet Captain Haddock, a cursed but lovely alcoholic sea lover who will become his companion.

Tintin is one of the most famous character across Europe; every kid here has read his adventures, laughed at Haddock's behaviour and feared for Tintin's life when he comes across really bad guys - the kind who look awfully threatening but never hit anyone when shooting. Adults have discovered a new comic drawing style called "la ligne claire" and have appreciated the search for reliable details and the humor the author liked instilling in his dialogs. Both should love the theatre rendition of all this; Steven Spielberg has done a really good job in keeping the naive spirit of the comic and dressing it into an adventuresque movie where you're not bored for a second.

So, when the time comes, just grab your kids and go to the movies. You'll like it, I'm sure you will, and I'll love you to share that pleasure.


Sunday, 5 June 2011

Napapiirin sankarit / Lapland Odyssey

I don't often write about movies here: I don't watch so many of them, and when I do, they're usually so well-known that I don't see the point adding my review to the thousands already available online.  However, when I have a chance to tell you about a fun movie that probably hasn't been heard of outside Finland, I won't miss it. 

The storyline of "Napapiirin sankarit", Lapland Odyssey, is pretty simple.  It's about three unemployed young men living above the polar circle in Finland.  One of them, Janne, has a girlfriend who asks him to buy a digibox (a decoder for digital TV).  Only the day passes by and Janne, caught by his friends and circumstances, fails to succeed in this simple task. His girlfriend is so upset in the evening that she orders him to get her a digibox before the next morning or she will leave. So here he goes with his friends, pennyless, on a freezing Friday night when every shop is closed, in this desperate quest...

I was a little reluctant to see this movie since I am not a big fan of movies playing on this kind of humor, but I must say I had some good time.  It's not vulgar, not (too much) overdone, the characters are cute and the adventures rather funny.  I also enjoyed the snapshots into modern life in such a place as Lapland.  It's rather impressive, such a remote place that they need to drive 200 kms to get to the closest town and buy anything after 5 pm !  The movie takes place around Christmas time, when the sun never rises, and it's a slightly depressing background for a comedy.  The depressing part of living in Lapland is actually emphasized since the beginning, which gives an unexpected depth to the all movie.  And I also recognized the way of living and the humor of Mr Bear and his friends, so I suppose these traits are common to Finnish boys...

Altogether, a good moment of fun and an interesting insight into everyday life in Lapland.  The movie is available with English subtitles, although it might be difficult to find outside Finland.  Enjoy  :)



Thursday, 7 January 2010

Avatar

Ca y est, je l'ai vu, le film événement de ce début d'année ! L'oeuvre à ne pas rater, la séance qu'il faut réserver à l'avance pour avoir une chance de trouver une place, le premier film que s'autorise James Cameron depuis "Titanic"... Et une révolution technologique que j'ai eu l'occasion de voir en VO et en 3D, qui plus est. Je crois que c'est ma première critique de cinéma sur ce blog, mais voilà un avis que je ne pouvais pas manquer de vous donner !




Résumé:

Dans un futur de conquête spatiale, le caporal Jack Sully, ex-marine hémiplégique, est envoyé sur la planète Pandora où un consortium humain extrait un minerai précieux. La planète est habitée par un peuple d'êtres bleus, les Na'vi, qui vivent à la façon des indiens d'Amérique et en communion avec leur environnement magnifique. Une scientifique renommée, docteur Augustine, a réussi à créer des corps de Na'vi en leur ajoutant l'ADN d'un humain particulier, lequel peut ainsi entrer en communion avec le corps et l'utiliser pour se mêler aux indigènes; ce sont les avatars. Jack Sully est appelé à utiliser l'avatar de son frère jumeau décédé récemment et commence ainsi une vie très particulière au milieu des Na'vis, un peuple magnifique mais en danger...


Mon avis:

Je dois dire que j'étais curieuse mais pas plus enthousiaste que ça à l'idée d'aller voir ce film. Les critiques étaient à peu près unanimes pour vanter les superbes images et la prouesse technologique du film, mais déploraient généralement un scénario peu intéressant. Et je dois avouer que les scénarios hollywoodiens, ça commence tout doucement à me taper sur les nerfs. On dirait que quelque part, quelqu'un a écrit un gros manuel intitulé: "Règles absolues pour les scénarios de films à l'américaine". Il est probablement divisé en chapitres: 1. Le thriller humoristique, 2. La comédie romantique, 3. Le film catastrophe/fin du monde, 4. La comédie tout court... Et pour chaque style, on y indique à quoi doivent ressembler les personnages (plusieurs options), comment doit rebondir le scénario (règles générales à adapter suivant les cas), où doit intervenir l'humour et sous quel mode, ce genre de choses. Toutes les recettes y sont et il n'est plus permis d'en dévier d'un iota, d'ailleurs pourquoi le faire puisque ça marche... Mais pour nous pauvres spectacteurs, quel sentiment de répétition !

Il faut bien avouer que les scénaristes d'Avatar ont largement pioché dans le manuel. Dès le début on sait qui est le méchant, qui est le gentil, qui est le héro et d'où vont venir les problèmes. On ne peut pas deviner précisément toutes les péripéties mais on a une idée générale de comment ça va se dérouler et se terminer. Le scénario n'apporte d'ailleurs, en soi, aucune idée originale: c'est un mélange de Pocahontas (pour le choc des cultures), de Matrix (pour le principe de l'avatar), de Jurassic Park (pour les combats avec les bêbêtes), le tout assaisonné du piment de la science-fiction et saupoudré d'une touche de film de guerre. Les thèmes abordés sont à la mode: communion avec l'environnement, auto-flagélation pour nous méchants humains uniquement intéressés par le profit, respect des populations tribales et des coutumes ancestrales, le gentil scientifique face au méchant guerrier, ce genre de choses. Beaucoup de déjà vu, en soi.

Là, vous êtes normalement convaincus que ma critique sera au final très négative. Eh bien non, parce que j'ai découvert un effet scénaristique que je ne connaissais pas encore: l'"effet conte de fées". Un conte de fée, finalement, c'est comme un scénario hollywoodien: on sait très vite qui est le méchant, qui est le gentil, et comment ça va se terminer. Mais on plonge quand même, à cause du monde magique qui est créé pour l'occasion: les animaux qui parlent, les accessoires magiques divers, les objets ensorcelés, les maisons en bonbon... On se retrouve dans un univers semblable au nôtre mais aussi différent, original et envoûtant. Et l'histoire passe presque au second plan, c'est le monde qui nous ensorcelle.

Avec Avatar, j'ai vécu cette sensation de plein fouet. Dès qu'on entre dans le monde sauvage de Pandora, je me suis sentie submergée par cette sensation magique de découvrir un monde féérique. Les décors sont éblouissants, les Na'vis ressemblent à des elfes, la végétation et les animaux sont des merveilles naturelles terriennes améliorées puissance dix, les scènes surréelles de beauté même au plus profond de l'action... J'ai été tout simplement époustoufflée, et le côté prévisible de l'histoire est largement passé au second plan: tout ce qu'il me fallait, c'est suffisamment d'événements pour donner un sens au film, et je l'ai eu. Je ne me suis pas ennuyée une minute (pour un film de 3h, quand même), même si quand j'essaie de résumer le scénario a forteriori, je n'y trouve rien de consistant.

La technique de pointe mise en oeuvre n'y est pas pour rien. Les avatars et les Na'vis sont excessivement crédibles. Je n'ai aucune idée de comment ça a pu être réalisé, mais c'est totalement époustoufflant. Pas un mouvement qui ne semble bizarre, pas un gros plan qui révèle un masque, pas la moindre sensation d'artificiel: ce peuple existe réellement, avec sa grâce et sa légèreté. Le monde dans lequel il évolue aussi. Tout l'ensemble est pensé pour créer de la beauté à partir de tout: les plantes sont belles, les animaux les plus bizarres sont beaux, les dragons ont des ailes de papillons et les Na'vis des yeux de chats, tout est différent et étrangement familier à la fois. On voudrait y être pour du vrai.

Je vous conseille d'aller, comme moi, voir ce film en 3D: c'est une expérience inoubliable. Il est loin le temps où les acteurs s'amusaient à envoyer tout un tas de trucs vers l'écran dans le but unique de faire sursauter le spectateur. Ici, la 3D n'est en rien exagérée, mais c'est un atout immense pour un film de ce genre. La technique est parfaitement maîtrisée, et malgré les lunettes ont oublie tout de suite le côté artificiel qui gêne parfois la vue. Ici, on est juste dans le film, au sens géographique du terme. Les montagnes apparaissent au loin tandis que l'acteur est seulement à quelques mètres de nous, les petites graines d'arbre magiques nous tombent quasiment sur les genoux, la pluie de cendre nous donne envie de nous frotter les cheveux; c'est tellement réaliste que, détail amusant, les sous-titres sont obligés de se décaler sur le côté de temps en temps pour ne pas entrer en collision avec un objet qui se trouverait au premier plan. Jusqu'ici j'étais à moitié convaincue par le cinéma en relief que je trouve parfois un peu trop surfait, mais dans ce cas-ci je suis totalement séduite.

Au total, je suis sortie de la salle absolument émerveillée. Il me faut toujours pas mal de temps pour "sortir" d'un film qui m'a plu, mais cette fois-ci, le choc a duré plusieurs heures et j'en ai rêvé la nuit. J'ai à la fois envie de retourner le voir et peur de ne plus vivre la féérie une deuxième fois; je suis triste aussi de savoir qu'un tel film perd la moitié de son intérêt s'il n'est pas vu au cinéma et en relief, ce qui donne à cette expérience le sentiment d'un moment unique qui a déjà passé. Profitez-en, vous qui avez encore à le vivre...