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Thursday, 14 February 2013

Solidarité féminine / Women's Power

Aujourd'hui, c'est la Saint Valentin, et ne faites pas semblant que vous l'ignorez. Mr Ours et moi ne l'avons jamais fêté jusqu'à présent ; raison officielle : ici, c'est la fête de l'amitié, et non celle de l'amour ; raison officieuse : Mr Ours est le degré zéro du romantisme, et il commence à déteindre sur moi. Je n'ai donc eu aucun problème pour traiter cette journée comme toutes les autres. 

Jusqu'au moment où Mr Ours et rentré du bureau... un gros bouquet de fleur dans les bras. J'en suis restée ébahie. En sept ans, c'est la première fois qu'il m'offre des fleurs en-dehors de mon anniversaire ! Ce n'est pas déplaisant mais c'est juste si peu naturel que je ne peux pas m'empêcher de chercher des motifs cachés - même si c'est la deuxième fois qu'il me surprend de cette façon en quelques mois.  

Je n'ai pas eu à me poser des questions trop longtemps : la raison de ce geste très inhabituel, c'est qu'il a cédé à la pression féminine. D'abord, sa mère lui a passé un coup de fil, et lors de la conversation lui a rappelé qu'il devait m'acheter des fleurs. Il n'obéit pas toujours à sa maman, le méchant garçon, mais il a eu le malheur de parler de cette conversation avec ses collègues féminines... qui apparemment lui ont si bien remonté les bretelles qu'il s'est senti obligé de se précipiter chez le fleuriste. Je précise que je n'ai jamais rencontré les collègues en question. 

Moi je dis, la solidarité féminine, ce n'est pas un mythe.


Non, le chat n'a pas été livré avec le bouquet.


Today is Valentine's day - and don't pretend you didn't notice. Mr Bear and myself have never celebrated it until now. The official reason is, here in Finland, they celebrate friendship and not love today; the real reason is, Mr Bear is level 0 in romanticism, and I resemble him more and more. So I had no difficulty treating this day just like any other day.

That was until Mr Bear came back home from work... carrying a huge bouquet. I was astonished. In seven years, it's the first time he ever offered me flowers any other day than on my birthday! I won't pretend it was unpleasant, but it was just such an unnatural move that I couldn't help looking for hidden motives - even though it's the second time in only a few months that he has surprised me this way.

I didn't have to worry too long: the reason for this very unusual move was feminine pressure. First, his mother called him on the phone today, and during the conversation reminded him that he should buy me flowers for Valentine's day. He doesn't always obey his mummy (bad boy) but he made the mistake of talking about this conversation with his female colleagues... who obviously pestered him so much that he felt compelled to run to the next flower shop. I must mention that I have never met these colleagues before.

Let me tell you, solidarity between women does exist.


No, the cat was not sold with the flowers.

Tuesday, 24 July 2012

Baisers volés / Awkward kissing

Je suis récemment tombée sur un article à propos de "la bise" comme rituel social et la difficulté qu'ont les Américains à s'y habituer alors qu'elle entre progressivement dans les mœurs branchés de l'autre côté de l'Atlantique. Ca ne m'étonne absolument pas, et je suis sûre que tous mes lecteurs francophones se sont déjà trouvés dans une situation un peu bizarre à cause de cette étrange coutume. Genre, quand vous arrivez à une terrasse de café où une quinzaine d'amis sont attablés et où vous vous vous retrouvez obligés à faire la bise à tout le monde ; quand vous rencontrez une personne d'une autre région qui, pas de bol, commence par la joue gauche alors que vous lancez votre joue droite en avant ; quand vous croisez votre patron qui fait la fête dans un bar (bisou ou pas bisou ?)... On a tous vécus ça. 

 Ceci dit, arriver dans un autre pays aux coutumes différentes ajoute une nouvelle dimension au problème. Je l'ai déjà compris avant de venir en Finlande, au moment de rencontrer mon Ours en Erasmus. La plupart des autres étudiants étrangers venaient du sud de l'Europe et nous partagions la coutume de la "bise" sans même s'en rendre compte. Lorsque s'est installée la proximité nécessaire que pour considérer cet Ours nordique comme un ami, je n'ai donc pas réfléchi avant de lui tendre la joue. Le pauvre est resté tout raide et déconvenu, j'ai persisté, et je pense n'avoir jamais fait rougir quelqu'un aussi vite. 

Depuis lors il a eu l'occasion de s'habituer et moi de comprendre que dans son pays, le plus souvent on ne se touche pas, parfois on se serre la main, et dans les moments privilégiés on se serre dans les bras, à l'Américaine. Ca va, je gère. Évidemment il y a toujours le problème de la communauté expatriée (je connais surtout des Français) avec qui se pose à nouveau la question de la bise. Mais généralement j'esquive sous le couvert de la coutume locale. J'en suis même venue à donner des cours de bise à mon ours pour qu'il fasse couleur locale pendant ses séjours en Belgique. Je n'aurais jamais cru devoir apprendre ça à quelqu'un, la vie des couples binationaux est pleine de surprises. 

Tout ça n'a pas entièrement résolu le problème, pourtant. Je me souviens comme si c'était hier de mon premier nouvel an en Finlande, parmi les amis de Mr Ours. A minuit, bouteille de mousseux à la main, nous sortons regarder les feux d'artifice. Une jeune femme que je connaissais assez bien, très gentille au demeurant, me demande alors la permission pour embrasser Mr Ours en lui souhaitant la nouvelle année. J'acquiesce en souriant intérieurement : "ils sont si pudiques ici qu'ils demandent la permission pour une bise !". Et là, elle lui jette les bras autour du cou et l'embrasse à pleine bouche. J'en suis restée comme deux ronds de flan. 

Depuis lors, la situation ne s'est plus présentée (peut-être parce que je n'ai plus passé de nouvel an en Finlande ?), et je m'entends toujours aussi bien avec la fille en question. Il n'empêche que ça reste le choc culturel le plus brutal que j'aie subi. La bise, quel casse-tête ! 



La carte du nombre de bises / A map showing the number of kisses in every region of France (did I mention it's complicated?)



I recently came across an article about social kissing and the difficulty for Americans to get used to this European custom gradually emerging on the other side of the Atlantic. By "social kissing" I mean this habit we have to "kiss" someone on the cheek as a greeting (a kind of kiss that does not even involve the lips nor any other part of the body but the cheeks). The ritual varies widely among regions or even people according to their age, gender, social status, your particular relationship with the person you're greeting and the circumstances of the meeting. It makes the whole thing pretty complicated, and I'm sure all my French-speaking readers have already been in a situation a little weird because of this strange custom. A few examples: when you get to a café where fifteen friends are seated and you find yourself compelled to kiss everyone; when you meet someone from another region, where the usage is to hit each other's left cheek, while you're used to pushing your right cheek forward; when you meet your boss while partying in a bar (kissing or not?)... We've all experienced that kind of awkward moments.

That said, arriving in another country with different customs adds a new dimension to the problem. I already understood this before coming to Finland, when I first met Mr Bear while we were both studying abroad. Most of the other foreign students came from Southern Europe and we shared the custom of social kissing without even realizing it. When we became close enough for me to consider that this Nordic Bear was becoming a friend, I did not think twice about throwing my cheek at him. The poor thing remained stiff and bemused, I persisted, and I think I never made anyone blush that hard.

Since then he had the opportunity to adjust and I came to understand that in his country, most often people do not touch, sometimes they shake hands, and in very friendly circumstances they hug the American way. So far so good. Of course there is always the problem of the expatriate community (I know many French people here) with whom the question of social kissing is an issue again. But I usually dodge it under the excuse of local customs. I even came to give lessons of social kissing to Mr Bear for him to blend in during our stays in Belgium. I never thought that I would teach that kind of thing to anyone, the lives binational couples are full of surprises.

But I have not entirely solved the problem yet. I remember very well my first New Year eve in Finland, when we spent our evening with friends of Mr Bear. At midnight, with a bottle of sparkling wine in hand, we went outside to watch the fireworks. A young woman I knew quite well, a very nice person, sought leave from me to embrace Mr Bear while wishing him a happy new year. I nodded, smiling inwardly: "people are so prudish here they ask permission for a kiss". And then she threw her arms around his neck and kissed him full on the lips. That is something that would just not be acceptable in my culture, where lips kissing is a very deep mark of love. Not even parents kiss their children on the lips.  I only expected some cheek-hitting and I was totally shocked.

Since then the situation has never presented itself again (maybe because I have not spent New Year in Finland again?), and I still like the girl who did that, never even discussed it with her. I know she didn't mean anything. Nevertheless, it remains the most brutal culture shock I've experienced.  What a puzzle this social kissing habit is!

Thursday, 8 March 2012

Pour la journée de la femme, offrez-lui un tourne-vis

Aujourd'hui c'était, paraît-il, la journée internationale de la femme.  Ou plutôt, la Journée Internationale des Droits de la Femme. Il y a une grosse différence entre ces deux termes.

Celui qui célèbre les droits de la femme met l'accent sur les changements dans la société nécessaires pour assurer une égalité des droits entre hommes et femmes. C'est une bagarre qui a bien avancé en une génération et dans certains pays, mais qui n'est pas encore gagnée. Aux Etats-Unis notamment, une actualité récente nous montre quelques exemples aberrants de machisme. Comme cette jeune étudiante qui défend le droit au remboursement de la contraception, et qui se fait traiter publiquement de prostituée - comme si faire des bébés (ou ne pas en faire) était uniquement une affaire de femmes. Cet article (en anglais) relate plusieurs exemples récents de sexisme ordinaire. 

Mais même dans le meilleur des mondes, la protection des droits de la femme est un exercice d'équilibriste constant, notamment quand il s'agit de compenser les effets de la maternité sur la carrière. Protéger les femmes ne doit pas vouloir dire les favoriser, car ce que nous voulons c'est l'égalité. Mais parfois ne pas favoriser revient à accepter de graves injustice. Dans cette optique, une journée des droits de la femme permet, pour un jour, d'attirer l'attention sur ces problématiques qui ne seront jamais tout à fait résolues.

Le problème est que pour beaucoup de monde, maintenant, cette journée est devenue la journée de la femme. C'est un jour où les hommes se doivent de gâter ces dames, leur souhaiter une bonne journée et leur offrir des fleurs ou des cadeaux. Et là, je ne suis plus d'accord, car c'est tout à fait contre-productif. Considérer que cette journée est celle de la femme, c'est soit considérer que le reste de l'année appartient à l'homme, soit que la femme, uniquement parce qu'elle est femme, a besoin d'attentions en ce jour particulier. C'est aller entièrement à contre-courant de l'idée d'égalité. D'ailleurs, par définition, les cadeaux que l'on offre ce jour-là sont le fruit de préjugés sexistes : qu'offre-t-on à une femme uniquement parce qu'elle est femme ? Ce qu'on pense que toutes les femmes aimeront uniquement parce qu'elles sont femmes. 

Consacrer un jour aux dames et demoiselles revient à reconnaître qu'elles sont fondamentalement différentes de ces messieurs. Et là je ne suis pas d'accord. La seule chose qui différentie fondamentalement un homme et une femme, ce sont des attributs physique que nous connaissons tous. Le reste est lié à la personnalité de chacun et à l'éducation que l'on reçoit. Je m'insurge contre l'idée que des tas de femmes n'envisagent même pas une carrière de camionneuse ou de mécanicienne parce que ce sont des trucs d'hommes. Tout comme je m'insurge contre le fait que si peu d'hommes sont infirmiers ou assistants sociaux alors que nombre d'entre eux ont toutes les capacités et affinités requises. Il n'y a pas tant que ça de boulots qui demandent une telle force physique qu'ils sont réservés aux hommes. Tout comme il n'est pas normal que tant de jeunes pères se contentent de changer une couche de temps à autre alors qu'ils pourraient s'occuper d'un nouveau-né aussi bien qu'une mère (excepté pour l'allaitement bien sûr) et y prendre autant de plaisir. Tous les préjugés qui nous enferment dans des chemins prédéterminés devraient être combattus.

Alors quitte à faire une "Journée de la femme", changeons la formule et utilisons-la pour changer les mentalités. Messieurs qui voulez en toute bonne volonté montrer à vos compagnes que vous les respectez à l'égal de votre propre sexe, laissez tomber les fleurs ou les cosmétiques. Penchez-vous plutôt sur vos propres passions, celles que vous ne penseriez même pas à partager avec une femme, et partagez-les. Offrez à madame votre magazine de tuning préféré, emmenez-la dans votre atelier au fond du garage, offrez-lui un tourne-vis, proposez-lui une petite partie de foot. Peut-être qu'elle aimera, après tout, et ce sera un horizon bouché par les préjugés en moins.

Ou bien, faites l'inverse : réfléchissez à ce que vous ne songeriez  pas à faire uniquement parce que vous êtes un homme, et faites-le, juste aujourd'hui. Tentez la machine à coudre, attrapez les aiguilles à tricoter, penchez-vous sur le scrapbooking, préparez le repas du petit. En combattant vos propres préjugés vous découvrirez que non, votre chromosome Y ne vous limite pas autant que vous ne le croyez.

En fait l'idéal ce serait non pas d'avoir une journée de la femme, mais une journée de l'égalité des sexes. Et les hommes comme les femmes pourraient tenter les deux activités proposées ci-dessus. Lançons-nous et découvrons tous ces plaisirs que nous nous refusons à cause d'une bête différence de chromosome.

Je me souviens du même jour il y a quelques années. Mon ours venait de rentrer du boulot et il m'explique qu'il a acheté des friandises pour ses collègues féminines. Je lui demande : "Ben et pour moi alors ?"  Et là il me regarde avec un air d'incompréhension, puis je le vois réaliser que oui, je suis bien une femme, et enfin rougir de l'avoir oublié... J'ai bien rigolé sur le moment, mais j'ai aussi apprécié le fait que pour lui, je ne sois pas vraiment une femme mais plutôt une partenaire si peu différente.  Je vous souhaite à toutes la même chose.

Thursday, 11 August 2011

Gris, couleur vacances / As grey as holidays

Cette année, comme les précédentes, nous avons pris nos vacances au mois de juillet.  Au programme : départ le 1er juillet pour la Belgique, puis une semaine à préparer et assister au mariage d'une amie, et ensuite 3 semaines vides où nous envisagions de partir quelque part en last minute.  Perso je comptais en particulier profiter de la présence de mes parents et amis et me dorer la pilule au bord de la piscine...

Sauf que ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça.  La première semaine, oui ; le mariage était super et les préparatifs nous ont bien occupés. Par contre, pour ce qui est du voyage en last minute, on a fini par laisser tomber : nos recherches sur internet n'ont abouti qu'à des séjours all inclusive au bord d'une plage ou l'autre, rien qui puisse remplir nos journées et la carte mémoire de notre appareil photo. Il nous restait encore le dorage de pilule, mais alors qu'en Finlande le soleil brillait abondamment, en Belgique ce ne fut que ciel gris, pluie et températures d'automne.  Quelle déception !

Nous avons donc rempli nos journées avec plusieurs visites d'amis ou chez des amis, des moments en famille, une visite chez le dentiste, quelques virées shopping, deux jours à Anvers (je vous en reparlerai), etc. Pas des mauvaises vacances en soi, mais pas de quoi recharger nos batteries de soleil.

Quelques consolations, quand même : je n'ai pas à passer des semaines à classer les photos, nous rentrons pleinement reposés, et notre petite Naomi, que nous avions emmené avec nous, a passé d'excellentes vacances dans une grande maison pleine de recoins à explorer et avec trois compagnons félins à apprivoiser.

Bref, maintenant que je suis de retour, je vais réveiller ce blog et y mettre quelques photos de notre séjour à Anvers...  A suivre !


This year, just like the lasts, we took our holidays in July. The plan was to go to Belgium on July 1st, spend a week there preparing and attending a friend's wedding, then use the next three weeks to enjoy my family, my friends, the sun and the swimming pool, and take a last-minute trip somewhere not too far.

Only it didn't quite work that way.  The first week went as planned: the wedding was great and its preparation kept us busy.  But we couldn't find a last-minute trip that suited us: all the offers online were about all-inclusive stays in beach-side resorts, nothing to fill in our days and our camera's memory card.  And considering the cloudy, rainy and cold weather we had to face all month long, there was no enjoying the sun or the swimming pool !

So we filled in our days with visits at and by friends, quality time with my family, a dentist appointment, some shopping sprees and two days in Antwerp (I'll tell you about that later).  Nothing bad, just not enough to fill in our need for sun and warmth after a long winter.

There are some bright sides, though.  I won't have to spend weeks sorting pictures, we came back fully rested, and our little Naomi, whom we had brought along, had a wonderful stay in a big house full of corners to explore and in the company of three fellow cats to befriend.

Now that I'm back, I'll wake this blog up and add a few pictures about our stay in Antwerp...  Stay tuned !