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Saturday, 14 November 2009

Fête des pères, 3ème édition

Quand j'étais petite, chaque été, nous étions invités à passer une journée en famille chez des cousins de mon papa. Mon frère, ma soeur et moi, nous étions les seuls enfants, et ce n'était pas franchement une partie de plaisir pour nous. Il fallait mettre de beaux vêtements et de nouvelles chaussures à ne pas salir, être sages, ne pas parler, sourire, supporter les moqueries d'un oncle un peu taquin dont on ne savait jamais s'il blaguait ou non... Je me souviens que je m'emmerdais prodigieusement. Je détestais ces jours-là, d'autant plus que j'avais nettement l'impression d'être totalement inutile. Personne ne voulait me voir, moi, c'était une affaire de grands, c'étaient mes parents qui étaient invités, et pourtant je devais venir moi aussi, pourquoi ? Je ne me privais pas de faire une scène avant de partir. Je me souviens qu'après m'avoir longuement expliqué les impératifs de la vie en société, en désespoir de cause, ma maman me répondait: "Quand tu seras adulte, tu verras qui tu voudras. Maintenant tu es une enfant, tu obéis et tu viens." Au final, la seule chose qui me rendait ces journées tolérables, c'était de me dire qu'un jour, je n'aurais plus à les subir.

Pourtant, à y regarder de près, je me retrouve chaque année dans la même situation à l'occasion de la fête des pères dans la famille Ours. J'y vais, sans en avoir envie, sans comprendre pourquoi il faut que j'y aille alors que c'est pas mon papa et que je ne fais pas partie de la famille; je m'ennuie prodigieusement, là aussi; je souris, je ne parle pas, j'écoute à peine, et quand j'entends qu'on parle de moi, je ne suis jamais sûre que ce soit en bien ou en mal; et surtout, je n'ai pas plus le choix que quand j'étais petite, parce que si je refuse de venir, je suis sûre de me mettre l'Ours à dos pour un temps illimité (et un ours, c'est lourd, au propre comme au figuré).

Pourtant cette fois-ci ce fut loin d'être aussi traumatisant que la première fois, et plus court que la seconde, puisqu'il y avait un match de hockey qui nous attendait juste après. N'empêche que c'est toujours pas marrant. Mr Ours devient particulièrement goujat dès qu'il se retrouve en territoire familial, allez comprendre pourquoi; soit il m'oublie dans un coin, soit il m'appelle sans arrêt pour l'aider à gauche et à droite. Son père était particulièrement de bonne humeur, ce que j'ai pu mesurer non pas à la taille de son sourire (son sourire est invisible, il ne se signale que par quelques rides supplémentaires près des yeux, c'est très bizarre comme phénomène) mais par le fait qu'il m'ait dit bonjour et au revoir (et rien au milieu). On lui a offert des pantoufles immondes, motif écossais, une marque finlandaise qui est paraît-il sa préférée alors que si on m'offrait la même chose à moi je me dirais que c'est une mauvaise blague, mais ça a eu l'air de lui plaire.

Après on est passés au café; j'ai eu le malheur d'accepter une tasse de café chez eux un jour, et depuis lors on ne me demande plus mon avis, on me sert d'office la tasse pleine de ce jus de chaussette amer assorti de sucres qui ne fondent pas, histoire de ne servir à rien. Moi j'ai souri, carressé les chats, souri, mangé du gâteau, souri... C'est important de se rappeler de sourire, parce qu'à force de se sentir invisible, on a tendance à oublier et à trop laisser voir à quel point on s'emmerde.

Un jour, je parlerai finnois et je me sentirai à l'aise avec eux (on peut toujours rêver). Ce jour-là je téléphonerai moi-même pour leur présenter une excuse très plausible le jour où j'ai pas envie de les voir, vu que leur fils se refuse obstinément à leur raconter la moindre carabistouille sans importance. Ce jour-là je les ferai peut-être un peu rire et ils se diront avec étonnement: "mais elle a de la personnalité cette poupée-là !". Ce jour-là, j'aurai enfin l'impression d'exister un peu à leurs yeux, et peut-être même que je ne devrai plus me forcer pour sourire.

Et ce jour-là, je leur apprendrai à faire le café.

Tuesday, 1 September 2009

Vacances partie 6: sur la Meuse / Holidays part 6: on the river Meuse

Nos vacances ne se sont pas terminées avec notre retour en Belgique: nous avions encore une semaine avant de reprendre l'avion vers la Finlande. J'avais prévu de la passer avec mes parents, puisque ma mère était en congé et mon père relativement libre, et j'en ai bien profité. Nous n'avons rien fait de spécial, mais j'ai pu revivre l'époque où j'habitais avec eux. Je ne regrette pas mes choix, mais j'apprécie d'autant plus le peu de temps que je peux consacrer à ceux qui me manquent toute l'année.

Pendant cette semaine-là, nous avions organisé une croisière en famille sur la Meuse, entre deux villes belges: Dinant et Namur. Cette section du fleuve est particulièrement agréable, souvent entourée de hautes falaises ou de berges sur lesquelles se pavanent de vieilles maisons bourgeoises, avec quelques petites îles sauvages et pas moins de cinq écluses à traverser. Notre capitaine ressemblait étrangement à Popeye, ce qui rendait le voyage un peu irréel. Presque toute la famille était rassemblée (Valentin, tu nous a manqué !) et cette petite réunion annuelle est devenu une tradition depuis l'année passée. Bien sûr j'ai pris des photos des paysages mais aussi des gens, et j'ai l'impression qu'elles me deviendront de plus en plus chères avec le temps qui passe si vite...




Back to Belgium, our holidays were not over yet. I still had to spend a week with my parents: my mother was on holidays, my father partly free, and I had planned to enjoy being with them as much as I could. We did several casual things that I particularly enjoyed for they took me back to those days when I lived with them; I do not regret my choices, but I am now able to celebrate every moment with those I love and miss all year long.

During that period, we had organized a family boat trip along the river Meuse, between two Belgian cities: Dinant and Namur. That part of the river is very pretty, often surrounded by high cliffs or old houses, with a few small and wild islands, and we went through no less than five locks. Our captain strangely resembled Popeye, which added extra fun to the trip. Almost all the family was there, this kind of family day has become a tradition since last year's. Of course I took pictures of people and landscapes, I have a feeling these memories will become dearer to me as time flies...

Sunday, 10 May 2009

Fête des mères

En ce jour de fête des mères (en Belgique et en Finlande), c'est bien dur d'être loin de sa petite maman. Un coup de fil (même long) est loin d'être suffisant... Et malgré la perspective de la revoir bientôt, je voudrais tellement, particulièrement aujourd'hui, la serrer très fort dans mes bras ! En attendant, je peux juste lui offrir un petit bisou et une belle rose virtuels... Bonne fête, Maman !




Malgré tout, alors que tout le monde (même Google) semble fêter la fête des mères, c'est peut-être le moment de se rappeler que toutes les mamans ne sont pas logées à la même enseigne. L'ONG "Save the Children" publie son index annuel des mères, comparant le bien-être des mamans et de leurs enfants dans 158 pays différents. Et bien entendu les différences sont sont effrayantes: entre le top tiers, où figurent notamment la Finlande (7e) et la Belgique (17e), et le fond du classement (Chad, Sierra Leone, Niger), on passe d'un monde à l'autre. Comme l'indique le rapport, dans ces pays du tiers-monde, une mère sur 24 meurt de problèmes liés à la grossesse ou la naissance. Alors qu'en Suède, qui mène le classement, virtuellement toutes les grossesses reçoivent une assistance médicale, seules 33% des naissances ont fait l'objet de soins au Niger. Une mère suédoise typique a reçu une éducation de 17 ans et vivra en moyenne 83 ans, 65% des femmes de ce pays utilisent une méthode de contraception moderne et seulement une mère sur 185 perdra un enfant avant son cinquième anniversaire. A l'inverse, au Niger, une femme classique a reçu une éducation qui a duré à peine 3 ans et vivra en moyenne 56 ans; seulement 5% d'entre elles utilisent une méthode de contraception moderne et un enfant sur six n'atteindra pas son cinquième anniversaire, ce qui fait que quasiment toutes les mères de ce pays auront à vivre la perte de leur bébé.

J'ignore ce que je peux faire de plus, à mon humble échelle, que de consacrer une petite pensée à toutes ces mamans qui sont nées au mauvais endroit, à tous ces enfants qui auraient pu vivre s'ils avaient été mes frères et soeurs. Mais cette petite pensée, en ce jour de fête des mères, c'est une chose que je ne peux pas leur refuser...


Monday, 8 September 2008

Orval

Je continue la narration de ma petite vie par ordre chronologique...

Sitôt de retour en Belgique après nos aventures italiennes, nous revoilà Mikko et moi repartis pour une nouvelle visite, familiale cette fois-ci: la visite de l'abbaye d'Orval, près de la frontière française. La visite avait été calculée pour plaire à tout le monde: ceux qui s'intéressent à l'histoire d'un lieu qui fête bientôt son premier millénaire, et ceux plutôt tentés par la bière que les moines trappistes y fabriquent. Tous furent un peu déçus: la visite historique ne nous a conduits "que" dans les quelques ruines de la première abbaye, mais ni les magnifiques bâtiments nouveaux ni la brasserie n'étaient visibles. Pas très grave, au fond: ce qui importait, c'était de voir toute la tribu réunie...


So I'm going on with the story of my little life, by chronological order...

Back in Belgium after our Italian trip, Mikko and I were again on the road, with all the family this time: we visited together the Orval Abbey, close to the French border. The location had been calculated to please everyone: those who are interested in the history of a place soon to celebrate its first millenary, and those rather willing to know more about the beer brewed there by Trappist monks. All were a little disappointed: the historical tour "only" took us through the few ruins left from the first constructions, but neither the wonderful new buildings nor the brewery were to be seen. It did not matter too much, actually; what was important for us all was to have all the tribe gathered for once...

Monday, 12 May 2008

5 choses qui me surprennent en Finlande / 5 things surprising me in Finland

1. L'absence de contrôle dans les trains (régionaux en tous cas, je n'en ai jamais pris d'autre). En plus de sept mois de présence et de voyages réguliers, je n'ai jamais croisé le moindre contrôleur. Les voyageurs semblent pourtant acheter ponctuellement leur ticket au vendeur qui passe dans le train, ou vérifient la validité de leur abonnement dans de petites machines à l'entrée des compartiments. Avec un système pareil, en Belgique, je n'ose pas imaginer le pourcentage de voyageurs sans ticket...

2. Le sauna entre amis, sans gène et sans maillot ! Pourtant, essayez d'embrasser un Finnois sur la joue pour lui dire bonjour et vous le verrez rougir jusqu'aux oreilles.

3. Mikko m'a dit qu'ici, les mamans n'embrassaient pas leurs enfants. Théorie infirmée de visu (bien que ce ne soit pas aussi courant qu'ailleurs, ça c'est vrai). Par contre, elles n'hésitent pas à mettre leur bébé dehors pour la sieste - en hiver surtout, par des températures descendant jusqu'à -10°. Il paraît qu'ils dorment mieux... Je veux bien croire, en fait ils sont gelés !

4. Toujours à propos des enfants, lorsqu'un bébé naît, les parents ne révèlent son prénom qu'au baptême (environ 2 mois après la naissance). Donc à éviter, par expérience: demander aux jeunes parents "comment s'appelle-t-il/elle ?"...

5. L'habitude de retirer ses chaussures dès qu'on entre dans une maison privée. On les laisse devant la porte, ou dans l'entrée, ce qui fait parfois de jolies piles. Il est vrai qu'en hiver, c'est ça où gâcher les tapis et le parquet... Mais du coup, j'ai laissé tomber les chaussures à lacets; le temps que je les retire, ils ont déjà fini l'apéro !

...je crois qu'il y aura un autre post de ce goût-là, parce qu'il y a bien plus de cinq choses qui m'étonnent ici !


1. No control in trains (at least the regional ones, I haven't taken any other). After over seven months of almost daily train trips, I have not met a single controller. Travelers still buy their tickets to the ticket seller in the train, or check if their season ticket is still valid thanks to little machines at the entrance of every train. With such a system in Belgium, I don't even want to think of the number of travelers without a ticket...

2. Sauna with friends, without swimsuit and without reserve ! And still, try and kiss a Finn on the cheek when you meet him, and you'll see him blush very hard...

3. Mikko told me that mothers here don't kiss their babies. I can tell by experience that he was wrong (although it's not as common here as it is in latin countries). However, they still put their babies outside for a nap - especially in winter, when temperatures drop up to -10°. They are said to sleep better... I can believe it, they are frozen !

4. Still about babies, parents won't tell the name of their newborn before the baptism celebration (around 2 months after birth). So, something one shouldn't do, trust my experience: ask the new parents "what's his/her name ?"...

5. The habit to take off your shoes when you enter a house. You leave them in front of the door, or in the hall, which can make nice piles. Quite necessary in winter, or you'll ruin carpets and wooden floors... But I gave up on lace-up shoes; by the time I get them off, they are done with the pre-dinner drink !

...and I think I'm going to make a new post like this one, for they are many more things that surprise me in Finland !

Sunday, 11 May 2008

Maman

Aujourd'hui est la fête des mères, le moment de dire à Maman que je l'aime très très très fort... Je voudrais pouvoir te faire un gros bisou sur ton nez pour fêter ça, mais ce n'est que partie remise !

En attendant, une petite chanson sur les mamans que je trouve magnifique...

Bonne fête Maman chérie !


Thursday, 17 April 2008

Mobutu, Roi du Zaïre

Je viens de télécharger pour ma maman un documentaire très intéressant sur la vie de Mobutu et du Zaïre de son époque. Comme elle ne peut pas attendre que je rentre en Belgique pour le voir, mon frère m'a recommandé de le mettre en ligne grâce au programme Pando. Je n'avais pas réalisé sur le moment qu'il pourrait être partagé avec plus d'une personne, mais c'est le cas... Alors pour ceux qui sont intéressés par un documentaire très intéressant sur ce sujet, je vous le recommande, le voici !