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Wednesday, 28 January 2015

Devoir de mémoire

Ces jours-ci, on entend beaucoup parler d'Auschwitz et de l'holocauste à l'occasion du 70ème anniversaire de la libération d'Auschwitz. Ce massacre inimaginable est tellement énorme, a été perpétré avec un tel cynisme et dans de telles proportions qu'il m'est impossible de percevoir son immensité ou d'entrevoir l'état d'esprit qui a pu aboutir à sa mise en marche. Mais parfois, pour appréhender ne serait-ce qu'un tout petit peu quelque chose qui aussi difficile à entrevoir, il faut se pencher sur les détails. Alors pour célébrer cet anniversaire, je vous offre trois petits bouts de mémoire : un document, un nom, un lieu. 

Un document : le télégramme "Höfle".
Il a été envoyé le 11 janvier 1943, intercepté et décrypté par les Anglais, qui n'ont pas compris sa signification. Redécouvert en 2000, il a enfin dévoilé son terrible secret : c'est un compte-rendu du nombre de personnes éliminées en application de l'opération "Reinhart", l'opération qui visait à éliminer les Juifs, Roms et autres Tziganes de Pologne. Le télégramme dénombre les arrivants dans les camps d'extermination de Majdanek (L), Treblinka (T), Sobibor (S) et Belzec (B) jusqu'au 31 décembre de cette année-là. Avec un total de 1 274 166. Le nombre de victimes massacrées, minutieusement rapporté par les bourreaux. Un nombre tel que l'imagination ne peut pas le concevoir. Des personnes, des hommes, des femmes, des enfants. Et ce n'était que le début.

Un nom : Max Heiliger. C'est le nom sous lequel étaient enregistrés les comptes en banque qui contenaient les objets de valeur volés aux victimes des camps d'extermination sur les lieux même de leurs assassinats : les dents en or, les alliances, jusqu'aux montures de lunettes en métaux précieux. Il fallait bien "blanchir" tout cet or, l'entreposer en sécurité, alors le président de la Reischbank imagina ce client particulier : "Heiliger", de heilig, "saint", puisque ce client était déjà au ciel... Le cynisme à l'état pur.

Et enfin, un lieu : Belzec, en Pologne, un camp d'extermination.  On parle beaucoup d'Auschwitz, parce qu'après la guerre il reste des bâtiments à visiter et des survivants pour en parler. Mais Belzec était un camp d'extermination pur qui a fermé en 1943 ; les Allemands l'ont entièrement démonté, ont passé un an à exhumer les corps, à les brûler, jusqu'à réduire les os en poussière pour dissimuler leurs méfaits. Il n'y a eu que deux survivants connus, et un seul qui ait vécu assez longtemps pour témoigner ; personne pour identifier les nazis qui ont participé à ce massacre, et par conséquent une seule condamnation (à 4 ans et demi d'emprisonnement...).  Et pourtant, on estime le nombre de victimes entre 450 000 et 600 000. Le troisième camp le plus meurtrier après Auschwitz et Treblinka. Celui dont on ne sait rien, celui dont les victimes ont réellement été éliminées, jusqu'au bout.

Ca fait 70 ans. J'espère qu'on en parlera encore dans 100 ans, qu'on n'oubliera jamais, jusqu'aux moindres détails.

Friday, 28 November 2014

Marriage for everyone, but not everywhere by the same means

Living in a different country than that where I come from, I have the advantage to retain a little more "international" point of view than the average citizen. A recent society issue is particularly well suited for a small exercise in comparative political sociology: the issue of "marriage for all", or in other words the extension of the right to marry to homosexual couples.

Belgium was the second country in the world to grant the right to marry to same-sex, in 2003, on the basis of a wide consensus from both the public and the political class ; another law granting the right for homosexual couples to adopt followed in 2006. At the time, everything went very smoothly, in a climate that emphasized national pride rather than opposition. Since then the law has never been questioned.

In France, the bill on "marriage for all" passed in 2013, after months and months of bitter debate, riots, demonstrations, and mass protests, organized by the religious and right-wing political organizations. My little Belgian brain has really struggled to understand the reasons for all this verbal and physical violence, this rage that seemed to be based more on the principle "only heterosexuals should have the right to marry" than on any another justification more intelligible to me, like the well-being of the adopted children. A year later, I am even more surprised how peace returned as brutally as the fight had begun.

And in Finland... it's even more surprising: in the last Nordic country not having yet granted marriage to same-sex couples, a serious discussion on the subject was launched in 2010 and a bill to this effect was presented to Parliament in 2012. The bill was striken down, narrowly, by the Legal Affairs Committee. Never mind, because since 2012 Finnish citizens have the opportunity to propose a legislative amendment as a citizens' initiative, which if it collects 50,000 signatures, is automatically considered by the Parliament. The initiative on same-sex marriage launched in 2013 has achieved in a single day to get 90,000 signatures, reaching 166,000 signatures later, while surveys noted a clear majority of citizens in favor of gay marriage. The bill was then referred to the Legal Affairs Committee, which again voted against it June, but this time it was not enough to strike it down. The bill had to be referred to the plenary session of parliament this fall, and parliamentarans had to examine this week if they would follow the negative opinion of the Committee on Legal Affairs and definitively reject the bill...

Discussions on the subject were quite surprising to me: a majority of citizens supported gay marriage, embracing the key words "Tahdon 2013" (the traditional "I do" in Finnish marriage ceremonies), while their representatives at the Parliament seemed to be much more divided on the subject; the Lutheran Church repeatedly pronounced itself in favor of gay marriage (yes they did! the Church!),  facing a Christian Democratic Party fiercely against it; and in the end such a mishmash within each party that parliamentarians were, for once, complete free to vote according to their conscience. I even had the surprise to attend discussions on the subject between Finns who normally never talk about politics! Yet the debate remained, as far as I can judge, remarkably courteous and reasonable, centered largely on the right to adoption. It even included a touch of humor when an openly gay parliamentarian asked the president of the far-right party, openly opposed to gay marriage, for the permission to get a kiss if the law passed...

Result: a lot of suspense and, this afternoon, a relatively close vote of 105 against 92 (and one absent) in favor of supporting the bill. I'm not entirely sure that the law is already final, but it is in any case a great step forward. It is also a great step forward for democracy, as since 2012 it has been the first citizens' initiative to succeed. And, from my point of view, it is certainly further proof that democracy works very differently in different countries....

Sunday, 23 March 2014

Ukraine, Finlande, même combat ? / Ukraine, Finland, same problems?

Ce n'est pas facile d'avoir un voisin puissant quand on est un (relativement) petit pays coincé entre deux mastodontes politiques. Demandez à l'Ukraine, qui à force de vaciller entre la Russie et l'Europe vient de perdre un bon bout de territoire. Et ça, ça rappelle de mauvais souvenir à la Finlande. 

En novembre 1939, la Russie se dit que se serait bien d'avoir un peu plus de territoire autour de Leningrad (actuelle Saint Petersbourg), qui est située très près de la frontière, en cas d'attaque de l'Allemagne. Staline ne fait ni une ni deux et envahit la petite Finlande, persuadé que sa belle armée entrera comme dans du beurre dans ce petit territoire quasiment sans armée. Pas du tout : les paysans finlandais se battent comme des lions et profitent à la fois de l'hiver particulièrement rude et de leur connaissance du terrain pour défendre leur pays avec une efficacité surprenante. Après 104 jours d'enfer pour les deux parties, un traité est signé : la Finlande perd 10% de son territoire, 20% de son potentiel industriel et la deuxième ville du pays, mais garde sa souveraineté. 

Il n'empêche que pour les cinquante ans suivant, les Finlandais se retrouvent dans une position difficile : en pleine guerre froide, comment garder son indépendance tout en étant à la merci de l'armée puissante du voisin ? La seule chose à faire c'est de se faire tout petit et surtout, surtout ne pas fâcher les Russes, une politique qu'on appellera (péjorativement) la "finlandisation". Et ses effets se font encore sentir ; par exemple, la Finlande n'a jamais fait partie de l'OTAN, à l'origine parce que l'URSS le lui a interdit.

Alors évidemment, les événements récents en Ukraine rappellent de mauvais souvenirs par ici. Plusieurs représentants de l'armée se sont même exprimés publiquement pour rassurer leurs concitoyens : non, la Russie n'osera (plus) jamais attaquer la Finlande, nous ne sommes pas comme ces pays de l'est qui se sont déjà fait envahir.  Mais le débat est relancé : faut-il ou ne faut-il pas joindre l'OTAN ? Ou à défaut, faudrait-il se lancer dans une alliance militaire avec l'autre voisin, la Suède ? D'après les derniers sondages, les Finlandais n'ont pas vraiment peur d'être attaqués par la Russie. Il n'empêche, quand on se met à interpréter les discours de Poutine pour deviner s'il s'y glisse une menace voilée destinée à la Finlande, c'est qu'il y a quand même un peu de nervosité.

Et puis, à nouveau, la Finlande se retrouve prise entre deux feux : d'un côté, elle n'approuve évidemment pas l'intervention de la Russie en Crimée, mais de l'autre, les sanctions financières imposées à la Russie affectent aussi le pays. Exemple concret : deux oligarches directement visés par les sanctions américaines sont depuis peu propriétaires du premier club de hockey d'Helsinki et d'un de ses principaux stades, ce qui n'est pas rassurant pour l'avenir de ces "joyaux sportifs" nationaux...


It's not easy to have a powerful neighbor when you are a (relatively) small country wedged between two political giants. Ask the Ukraine, which after vacillating between Russia and Europe has lost a good bit of territory. And that brings back bad memories to Finland.

In November 1939, Russia thought that would be nice to have a little more territory around Leningrad (now Saint Petersburg), which is located frighteningly close to the border in case of attack by Germany. So Stalin didn't think about it too long and invaded Finland, convinced that his fine army would easily get the best of the small defenseless neighbour. He didn't expect Finnish farmers to fight like lions; with the benefit of both a particularly harsh winter and their knowledge of the field, they were able to defend their country with surprising efficiency. After 104 days of hell for both parties, a treaty was signed: Finland lost 10 % of its territory, 20% of its industrial potential and the country's second city, but retained its sovereignty.


Nevertheless, for the following fifty years, the Finns were in a difficult position: in the midst of the Cold War, how to keep its independence while being at the mercy of the neighbor's powerful army? The only thing to do is to remain as non-threatening as possible and never, never upset the Russians, a policy that would be be called (pejoratively) "Finlandization". And its effects are still being felt today; for example, Finland has never been part of NATO, primarily because the USSR would prohibit it.


So obviously, the recent events in Ukraine recall bad memories here. Several representatives of the military have even expressed themselves publicly to reassure their fellow citizens that Russia would never (again) dare attack Finland, that we are not like those eastern countries that have already been invaded. But the debate is reignited: should we or should we not join NATO ? Or failing that, should the country get into a military alliance with another neighbor, Sweden? According to the latest polls, Finns do not really fear being attacked by Russia. Nevertheless, when one begins to interpret Putin's speeches to try and guess whether they contain veiled threats directed at Finland, it means that there is still a bit of nervousness.


And then, Finland is once again caught between a rock and a hard place: on one side, the country obviously does not approve the intervention of Russia in the Crimea, but on the other, financial sanctions also affect Finland. Case in point: two oligarchs directly affected by the U.S. sanctions have recently acquired the first hockey club in Helsinki and one of its main stadiums, which is not reassuring for the future of these national "sporting jewels"..

Friday, 13 September 2013

Un point bleu pâle / Pale blue dot

Hier, il est arrivé quelque chose de tout à fait exceptionnel et d'entièrement universel ; un événement que l'imagination humaine peut à peine saisir. La Nasa vient d'annoncer qu'après 36 ans de périple, la sonde Voyager 1 a dépassé les confins du système solaire. Pour la première fois, un objet humain et un message de l'humanité sont entrés dans le grand vide de l'univers. Notre petite planète a envoyé un petit mot en bouteille dans la mer de l'infini.

A cette occasion, j'ai découvert qu'en 1990, la même sonde Voyager a pris une photo extrêmement touchante. Elle nous montre la terre depuis une distance de 6,4 milliards de kilomètres, sous la forme d'un petit point bleu pâle perdu dans le noir. Le scientifique Carl Sagan, à la demande de qui cette photo a été prise, en a dit ceci :

« Regardez encore ce petit point. C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d'idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d'amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d'espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l'histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.
La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique. Songez aux fleuves de sang déversés par tous ces généraux et ces empereurs afin que nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d'une fraction d'un point. Songez aux cruautés sans fin imposées par les habitants d'un recoin de ce pixel sur d'indistincts habitants d'un autre recoin. Comme ils peinent à s'entendre, comme ils sont prompts à s'entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre propre importance imaginée, l'illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l'univers, sont mis en question par ce point de lumière pâle. Notre planète est une infime tache solitaire enveloppée par la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité - dans toute cette immensité - il n'y a aucun signe qu'une aide viendra d'ailleurs nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu'à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n'y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S'installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment c'est sur Terre que nous prenons position.
On a dit que l'astronomie incite à l'humilité et fortifie le caractère. Il n'y a peut être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »


PaleBlueDot
By NASA (NASA) [Public domain], via Wikimedia Commons

Yesterday, something truly amazing and truly universal; an event hardly conceivable by a human mind. The Nasa just announced that after a voyage of 36 years, the Voyage 1 space probe has left the solar system. For the very first time, a human made object and a message from humanity have entered the great emptiness of outer space. Our little planet has sent a note in a bottle in the great depth of the universe.

At this occasion, I found out that in 1990, that same Voyager 1 has taken a very touching photograph. It shows us, from a distance of 6,4 billions of kilometers, our mother Earth as a tiny pale blue dot lost in neverending darkness. The scientist Carl Sagan, who had asked for this picture to be taken, summed up its meaning in these words:
From this distant vantage point, the Earth might not seem of any particular interest. But for us, it's different. Consider again that dot. That's here. That's home. That's us. On it everyone you love, everyone you know, everyone you ever heard of, every human being who ever was, lived out their lives. The aggregate of our joy and suffering, thousands of confident religions, ideologies, and economic doctrines, every hunter and forager, every hero and coward, every creator and destroyer of civilization, every king and peasant, every young couple in love, every mother and father, hopeful child, inventor and explorer, every teacher of morals, every corrupt politician, every "superstar," every "supreme leader," every saint and sinner in the history of our species lived there – on a mote of dust suspended in a sunbeam.

The Earth is a very small stage in a vast cosmic arena. Think of the rivers of blood spilled by all those generals and emperors so that in glory and triumph they could become the momentary masters of a fraction of a dot. Think of the endless cruelties visited by the inhabitants of one corner of this pixel on the scarcely distinguishable inhabitants of some other corner. How frequent their misunderstandings, how eager they are to kill one another, how fervent their hatreds. Our posturings, our imagined self-importance, the delusion that we have some privileged position in the universe, are challenged by this point of pale light. Our planet is a lonely speck in the great enveloping cosmic dark. In our obscurity – in all this vastness – there is no hint that help will come from elsewhere to save us from ourselves.


The Earth is the only world known, so far, to harbor life. There is nowhere else, at least in the near future, to which our species could migrate. Visit, yes. Settle, not yet. Like it or not, for the moment, the Earth is where we make our stand. It has been said that astronomy is a humbling and character-building experience. There is perhaps no better demonstration of the folly of human conceits than this distant image of our tiny world. To me, it underscores our responsibility to deal more kindly with one another and to preserve and cherish the pale blue dot, the only home we've ever known.

Tuesday, 3 April 2012

Batman et les enfants malades / Batman and the sick kids

Il y a longtemps, j'ai crée une rubrique "actualités" que je n'alimente pas suffisamment. Il faut dire que l'actualité, en général, c'est beaucoup de choses moches : des bus ou des avions qui se crashent, des coups d'états qui viennent ébranler des pays déjà pauvres, des politiciens qui racontent beaucoup de bêtises, des révolutions qui tournent au bain de sang...  Je suis trop sensible pour parler de tout ça.

Mais parfois, il y a de la bonne info, celle qui fait sourire, et ça je n'hésite pas à partager. Par exemple, saviez-vous que Batman existe vraiment ? Depuis que Gotham City a cassé son projecteur, on ne le voit plus faire la une des cinémas, mais qu'importe : il est toujours aussi actif, dans l'ombre.  On le sait parce que la semaine passée, il s'est fait arrêter par la police à cause de ses plaques non-réglementaires (forcément, il y avait le sigle de Batman dessus).  Tout a été filmé et la vidéo a fait le buzz aux Etats-Unis ce week-end. Les policiers médusés l'ont vu sortir ses vraies plaques de sa voiture, ont vérifié son identité, on posé pour la photo puis l'ont laissé repartir après un bout de conversation. 




Mais où allait-il ?  A l'hôpital. Car Batman n'est pas malade, mais il y a des enfants qui le sont. Batman (de son vrai nom Lenny B. Robinson, un businessman qui a vendu son entreprise) vient les aider à combattre de vilaines maladies comme le cancer.  Dans un costume fait sur mesure et sa Lamborghini customisée, il leur rend visite, signe des autographes et distribue toutes sortes de jouets à son image. Il leur dit que ça va les aider à combattre la maladie. Il dépense une petite fortune pour ça, mais dans son costume de justicier il se sent utile, et les médecins sont d'accord : pour ces enfants enfermés pendant des semaines ou des mois à l'hôpital, un moment de rêve est si précieux. 

Batman fait ce boulot depuis longtemps et en-dehors des policiers qui l'ont aidé lorsqu'il a eu un pneu crevé ou qui l'ont verbalisé quand il avait le batpied trop lourd, personne n'avait entendu parler de lui.  Il ne se vante pas. Mais cette fois-ci, la vidéo a fait le buzz et un journaliste a raconté son histoire. 

Une belle histoire à mon avis. Une histoire de quelqu'un qui a les moyens et les utilise pour devenir un héros de l'ombre, un vrai. Une histoire qui m'a faite sourire ce matin et qui je l'espère vous fera sourire vous aussi.



Some time ago, I created a "World News" tag that I rarely use anymore. This is because the world news are honestly too dark to make me wish to share them. But sometimes, a news item makes me smile and deserves to be spread. This was the case of the Batman story that started with the super-hero being recorded when meeting the police for an illegal license plate. The video is up here, and the story is much better told by Mike Rosenwald at the Washington Post than by me. Enjoy - if you haven't heard of it already!


Tuesday, 13 December 2011

Aurores boréales finlandaises / Northern lights in Finnish Lapland

Il y a quelques temps, l'agence finlandaise de promotion du tourisme a publié sur YouTube une magnifique vidéo d'aurores boréales filmées en Laponie finlandaise. Cette vidéo a eu tellement de succès qu'elle a créé un mini-incident diplomatique : la Norvège s'est plainte du fait que les aurores boréales sont plus nombreuses chez eux et que ce genre de vidéos promotionnelles donnait la fausse idée qu'il faut aller en Finlande pour voir ces belles images. Réponses des Finlandais : oui, les aurores sont plus fréquentes en Norvège, mais elles y sont aussi plus souvent cachées par des nuages du fait de la proximité de la mer... Aux dernières nouvelles, la Norvège envisageait d'enregistrer la marque "Aurores Boréales" à son compte. Hum...


Some time ago, the Finnish tourism promotion agency published on YouTube a wonderful video showing Norther Lights and recorded in Finnish Lapland. This video was so successful that it created a mini-diplomatic incident: Norway complained that, although Northern Lights are more frequent in that country, the Finnish video gave the false impression that tourists had to go to Finland in order to enjoy the phenomenon. The Finns answered that “While the likelihood of spotting Northern Lights is greater on Norway’s northern coast than in central Lapland, it’s often cloudier and rainier on the coast,” (says geophysicist Tero Raita of Oulu University). Last time I heard of this matter, Norway had attempted registering the Northern Lights phenomenon as a national brand. Hum...

Wednesday, 7 December 2011

Madame Angry Birds / Ms. Angry Birds

Hier, six décembre, était le jour de l'Indépendance finlandaise.  Je vous ai déjà parlé sur ce blog de la tradition qui accompagne ce jour-là : la Présidente invite tout ce qui compte dans le pays pour un grand bal et prend le temps de serrer la main à chacun des plusieurs milliers d'invités. Les télévisions retransmettent l'événement en direct et chaque année, les journaux élisent les robes les plus remarquables.  

Cette année, la palme revient sans conteste à Teija Vesterbacka, l'épouse de Peter, créateur de Rovio et donc papa des Angry Birds. La dame a profité de l'occasion pour faire un joli buzz publicitaire en portant une tenue à l'image des oiseaux colériques qui font la fortune de son mari.  Et ca marche, puisqu'on en parle jusqu'aux USA. Voilà une épouse qui va loin pour soutenir le business de son mari !




Yesterday, December 6, was Finland's Independance Day. I already wrote on this blog about the tradition for that occasion: the President invites everyone that matters in the country for a big ball and shakes hands with every single one of her thousands of guests. TV channels broadcast the event live and every year, newspapers highlight the most remarquable dresses.

This year, the prize is certainly awarded to Teija Vesterbacka, wife of Peter, who's the creator of Rovio and therefore father to a successfull flock of Angry Birds. The lady took the President's invitation as an occasion to advertising and wore a gown representing the upset pets of her husband. The (angry) buzz made it all the way to the USA. Here comes a wife ready to go to some length to support her husband's business!

Tuesday, 17 May 2011

Champions du monde ! World champions !

Impossible de ne pas en parler sur ce blog, même si tous mes lecteurs habitant en Finlande (ou en Suède) en auront déjà trop entendu sur le sujet : dimanche soir, la Finlande a battu la Suède en finale de la Coupe du Monde de hockey sur glace. Pour bien mesurer la portée d'un tel événement, il faut savoir que le hockey sur glace est une véritable passion par ici, avant le football ou tout autre sport ; beaucoup de petits garçons apprennent à patiner et manipuler une crosse avant de savoir marcher, sur le terrain de foot du voisinage arrosé d'eau et transformé en patinoire gratuite tout l'hiver. Il faut savoir aussi que la Finlande, parmi les nations au top de ce sport, attendait depuis 16 ans qu'une seconde médaille d'or vienne s'accrocher à son mur. Et enfin, quoi de plus belle victoire que celle obtenue face à leurs "meilleurs ennemis" et rivaux de toujours, les Suédois ? Un Finlandais sur deux était devant la télé pour voir cette finale tant attendue.

Pour couronner le tout, le match fut particulièrement impressionnant. Après un début très disputé et une première période qui se termine sur un 0-0, les Suédois ouvrent le score avant que la Finlande n'égalise à la toute fin de la deuxième période. Pendant la troisième période, les Lions (le surnom de l'équipe de hockey finlandaise) ont repris l'avantage avec deux goals en trois minutes, suivis par trois autres goals coup sur coup dans les toutes dernières minutes de jeu. Une victoire de 6-1 absolument sans appel.

Dès la fin du jeu, les fans ivres de joie (et d'autre chose) se précipitaient dans les rues, mais la vraie fiesta eut lieu lundi soir, au retour des héros (la finale avait lieu à Bratislava). Pour mesurer l'importance de l'événement, il suffit de dire que deux avions de l'armée finlandaise ont escorté dans les airs celui qui ramenait les champions. A leur arrivée, ils ont eut droit à une réception dans le hall VIP de l'aéroport qui accueille normalement les chefs d'états, puis ont rejoint le centre ville en autocar sous les acclamations de la foule en délire. Environ cent mille personnes (sur une population totale de 5 millions pour tout le pays) ainsi que la présidente les attendaient près du port ou un podium avait été dressé. Feux d'artifices, retransmission télé en direct, chants et joie - je vous laisse deviner la suite...

Les Finlandais étant ce qu'ils sont, on a aussi eu droit au spectacle de joueurs et d'accompagnants bien éméchés, y-compris un coach adjoint qui s'est lamentablement effondré sur le tarmac de l'aéroport... Mais malgré tout, rien de tel qu'une belle victoire pour rendre ivre de joie un peuple normalement pas trop démonstratif ! Hyvä Suomi !
 



Those of you living in Finland (or in Sweden) will have heard too much of it already but I just can't let pass this exceptional event without even mentioning it here: Finland is now World Champion of ice hockey. This sport is certainly the most popular around here, even before soccer, and lots of little boys learn how to skate before they can walk. Moreover, Finland has been waiting this victory for 16 long years, and getting it from the hands of their arch-ennemies, the Swedes, makes it even more tasteful... Around one Finn out of two was in front of TV on Sunday to see the eventful match which is described here.

Of course, such an event had to be celebrated properly. As soon as the wistle blowed the end of the match, fans rushed into the streets, but the real part was on Monday night when the team of Lions (that's their surnames) came back home. They were welcomed like kings, with army planes escorting theirs on the way back home and a private banquet being held for them in the VIP area of the airport. Then they joined the city centre where 100 000 people and the President were waiting for them.

Of course, Finns being what they are, some players and members of their staff were not only drunk with joy. We could enjoy the show, among others, of an assistant coach collapsing right after leaving the plane, which induced the Minister for Sports to adress the issue of the hockey stars' drinking. But well, whatever the side effects, I'd say such a victory is always an amazing joy for a country ! Hyvä Suomi !

Tuesday, 11 January 2011

Le remède contre la procrastination

Il y a deux jours, j'ai découvert un article fort intéressant sur la procrastination. Vous savez, c'est ce mal très répandu qui nous incite à repousser les tâches désagréables jusqu'au dernier moment... L'article, paru sur le site web du journal Le monde et intitulé "Pourquoi remettons-nous souvent les choses au lendemain ?", relate les résultats de la recherche du journaliste David McRaney sur la question.

Et ce qu'il nous apprend est à la fois intéressant et déculpabilisant : en fait, le procrastinateur n'est pas un paresseux ordinaire, ni un désorganisé qui n'arrive pas à gérer son temps, mais plutôt quelqu'un qui a du mal à gérer ses pulsions. Ce petit souci est clairement illustré dans l'expérience célèbre où l'on met un bonbon devant un enfant sur une table, en lui disant qu'on va le laisser seul quelques minutes et si au retour du chercheur il n'a pas mangé le bonbon, il en aura deux.  Les enfants savent tous que le deal est particulièrement intéressant et qu'ils feraient mieux de ne pas manger le bonbon, mais certains n'arrivent pas à résister.  Ce sont ceux qui trouvent des stratégies pour éviter de penser au bonbon sur la table devant eux qui tiendront le coup.

De la même façon, le procrastinateur se voit confronté à un choix entre un plaisir immédiat ou différé, et comme il n'arrive pas à résister au plaisir immédiat, il repousse la tâche désagréable à plus tard.  La solution n'est donc pas de planifier encore plus ou de se culpabiliser, mais de faire face à sa faiblesse et de mettre sur pieds des stratégies pour la contourner.

Personnellement, cet article va changer ma vie.  Parce que je suis une spécialiste de la procrastination, et je n'ai plus honte à me l'avouer.  Mais au lieu de culpabiliser sur ma fainéantise, je fais face, et tous les moyens sont bons.

Par exemple, le bon vieux coup du "si tu le fais maintenant tu seras tranquille", "commence par le plus pénible et ce sera fait" et autres maximes du même genre, ça ne fonctionne pas pour moi.  Tout simplement parce que je suis un bon gros moteur diesel : difficile à mettre en route, mais une fois en vitesse de croisière je continue sagement sur ma lancée.  Me mettre la tâche la plus pénible en première ligne, c'est comme me forcer à un démarrage en côte !

Du coup, après avoir lu l'article, j'ai tenté sans remord la stratégie inverse : j'ai fait une liste des tâches à faire, j'ai sélectionné la plus "agréable" (en l'occurence, le ménage, qui l'eut cru) et j'ai commencé par celle-là.  Une fois qu'elle a été réalisée, j'étais sur ma lancée, j'ai continué avec une autre un peu moins sympa, et ainsi de suite. Au final, j'avais presque tout fait, et celles qui restaient n'étaient pas les plus importantes. Personne ne viendra plus me faire culpabiliser de laisser le pire pour la fin ! 

Et vous, êtes-vous atteints de procrastination ?  Quelle est votre stratégie pour combattre ce mal ?

Friday, 26 March 2010

Earth Hour, le retour / Earth Hour again

Je vous en parle juste à temps: l'Earth Hour, c'est déjà demain !

Je vous en avais déjà parlé l'année passée, je remets le couvert cette fois-ci. Participez avec nous à cet événement ! Pendant une heure, samedi soir 27 mars de 20h30 à 21h30, éteignez vos lumières pour montrer que vous soutenez les mesures d'économie d'énergie et trouvez important de lutter contre le réchauffement climatique. Une heure à la bougie, pour notre bonne vieille Terre ! C'est peut-être bien le moment d'aller coucher tôt d'ailleurs, vu qu'on perd une heure cette nuit-là...

Et auparavant, n'oubliez pas de vous inscrire sur les sites régionaux de cette initiative, afin d'ajouter un petit point aux statistiques qui, nous l'espérons, tiendrons compte de la volonté populaire. Vous y trouverez aussi la liste des activités organisées près de chez vous !

Allez, un petit vote pour la Terre :D

Le site belge





I'm mentioning it just on time: the Earth Hour, it's tomorrow !

I had already talked about it last year, I'm advertising it again now. Take part in that event along with another billion concerned humans ! For one hour, on Saturday 27 March from 20.30 to 21.30, switch off your lights to show your interest in energy savings and global warming. One hour in candle lights, for our dear Earth ! And Europeans might want to take that chance to go to bed early since we're losing one hour that night...

Beforehand, don't forget to go and register yourself on the website for Earth Hour in your country or region, so you'll add a little more weight to the figures of people who care. You'll also find there the list of activities taking place close to you on that occasion.

Go and vote for the Earth !

Earth Hour international website

Friday, 5 June 2009

Home

C'est le jour, c'est le moment, c'est l'instant ! Après des mois de marketing relativement intense, voici que le film "Home" de Yann Arthus-Bertrand est enfin sorti depuis quelques minutes. Il est dévoilé simultanément dans 70 pays, où il sera joué dans les cinémas et à la télévision, visible sur Youtube, vendu sur DVD au prix coûtant, diffusé dans les écoles et fera l'objet de séances spéciales en plein air sur le Champs de Mars à Paris et sur Central Park à New-York. On parle d'événement planétaire, on nous promet des images superbes sur une musique magnifique. Le thème: la beauté de notre planète et l'urgence du péril écologique qui la guette.

C'est là que ça me pose un tout petit peu problème. L'écologie, c'est un plat à la mode, souvent servi avec sa sauce d'auto-flagellation. Encore un film qui vient nous taper sur les doigts pour nous faire culpabiliser à chaque fois qu'on allume la lumière, qu'on prend la voiture, qu'on utilise un sac en plastique ou qu'on achète un ananas ? Qui va nous reprocher d'être parmi la minorité d'humains qui concentrent la richesse mondiale, qui nous tient responsables chacun individuellement du trou dans la couche d'ozone, de l'industrialisation des décénies passées, du capitalisme et du réchauffement climatique ?

Je n'ai pas encore vu le film. J'espère quelque chose de beau, qui va nous donner envie de trier nos déchets et d'accepter de payer un peu plus cher pour des produits recyclables ou pour financer la recherche sur des sources d'énergies nouvelles. Pas qu'on vienne me dire, encore, à quel point toute mon espèce est dépravée et égoïste. Un lecteur du Soir résume bien ma pensée en commentant sur la diffusion du film dans les écoles:
J'estime ce genre d'initiative. Mais il ne faut surtout pas que les enfants ressentent un sentiment de culpabilité d'appartenir à une espèce destructrice, mais au contraire prennent conscience du gigantesque, grandiose, riche,... patrimoine naturel que nous avons en prêt. Et surtout que nous avons droit de l'utiliser, mais que nous devons le faire raisonnablement avec une vision globale à long terme. Je suis profondément convaincu qu'il est possible de vivre de façon "moderne" tout en restant dans une certaine harmonie avec notre environnement. C'est même un défi extraordinaire que l'homme doit relever pour mériter le rôle important que nous tenons sur cette planète.





It's today, it's right now ! After months of heavy marketing, here comes the movie "Home" by Yann Arthus-Bertrand. It is disclosed today in 70 countries simultaneously, where it will be in cinemas and on TVs, displayed on Youtube, sold on DVD at production's costs, shown in schools, and will get special outdoor screenings in Champ de Mars (Paris, under the Eiffel Tower) and Central Park (New-York). It is said to be a worldwide event, they promised wonderful pictures on amazing music. The storyline: the beauty of our planet and the emergency to save it from ecological disaster.

That's where I have a little problem with it. Ecology, a fashionable dish often strongly spiced with blame. Is this another movie to let us know how bad people we are every time we switch lights on, we take a car, we use plastic bags or we buy ananas ? Another movie to make us feel guilty of being among the minority of human beings in whose hands is concentrated the majority of world's wealth ? Another movie that declares each one of us responsible for the hole in the ozone layer, for industrialization in the past century, for capitalism and global warming?

I haven't seen the movie yet. I hope for something beautiful, that will have us feel like sorting our garbage and accept to pay a little more expensive for recyclable products or to finance research on alternative sources of power. I don't want them to come and tell me, once again, how depraved and egoist mankind is. A reader of a Belgian online newspaper put it nicely, when commenting about the movie being shown in schools (personal translation):
I value this kind of initiative. But they shouldn't make children feel guilty of belonging to a destructive kind, on the contrary, they should realize how huge, amazing, wealthy is the natural heritage we received as a loan. In particular, they should understand that we have the right to use it, but that we should do so in a reasonable way, with a global long term view. I am deeply convinced that it is possible for us to live in the "modern" way while keeping some sort of harmony with our environment. It actually is a wonderful challenge that mankind has to face in order to deserve the important role we are playing on this planet.

Saturday, 28 March 2009

Earth Hour

Depuis quelques jours, je n'arrête pas d'entendre parler d'un truc appelé "Earth Hour". La prof de finnois nous en a dit quelques mots (auxquels je n'ai pas suffisament prêté attention), j'ai vu passer quelques titres dans les journaux, on m'a invité à un groupe de ce nom sur facebook... J'ai même reçu un sms de mon fournisseur de réseau GSM m'invitant à y participer ! Alors en fin de compte, j'ai fini par me renseigner, juste à temps, et je me suis dit que ça valait la peine de faire passer le message.

L'"Earth Hour", donc, c'est l'heure de la terre. Sydney a entamé l'action en 2007 en décidant d'éteindre toutes ses lumières pendant une heure pour faire connaître au monde son engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique. L'année suivante, de nombreuses villes ont suivi le mouvement sous l'égide du WWF, et cette année, c'est plus de 2000 villes dans 82 pays qui comptent participer. De 20h30 à 21h30 heure locale, ce samedi 28 mars, 1 milliard d'habitants de cette planète vont, on l'espère, éteindre tous leurs appareils électriques non-indispensables.

Pourquoi participer ? Au fond, ça ne va pas changer grand-chose quant à la consommation énergétique de notre planète sur le long terme. Mais voilà, quels que soient nos efforts individuels pour trier nos déchets, limiter nos trajets en voiture ou débrancher consciencieusement nos télés la nuit, chacun de nous n'est qu'une minuscule fourmi dans une énorme fourmilière. Ce n'est qu'ensemble qu'on peut marquer notre volonté de préserver cette planète. Comme les organisateurs de cet événement l'annoncent, chaque fenêtre non éclairée pendant cette heure-là constitue un vote pour la terre. Et un milliard de votes, ça représente enfin quelque chose de concret que nous pouvons faire.

Alors n'hésitez pas, c'est pour ce soir !





For a few days, I couldn't help hearing about a thing called "Earth Hour". The Finnish teacher said some words about it, I read a couple of newspapers headlines on the subject, I was invited to Facebook group with that name... I even got a short message from my mobile phone provider inviting me to take part in it ! So I eventually searched for information, just on time, and I thought it would be worth to spread the word.

The "Earth Hour" is, as you can guess, an hour for the Earth. Sydney started it all in 2007 by deciding to switch all its lights for an hour, in order to have the world know about its dedication to fighting against global warming. The next year, many cities took part in this action being supported by the WWF, and this year, it's more than 2000 cities in 82 countries that promised to participate. From 20.30 to 21.30 local time, this Saturday 28 March, a billion of people on this planet will, hopefully, switch off all their non-necessary electric appliances.

Why do that ? It won't really change much in the global energy consumption of our planet in the long run. But the thing is, whatever our individual efforts to sort our garbage, limit our car trips or unplug our TVs at night, each one of us is just a small ant in an enormous ant hill. It's only together that we can show our will to preserve our planet. Like those organizing this event announced, every dark window during that particular hour will be a vote for the Earth. And a billion of votes, that really represents something practical we can do.

So don't hesitate, and it's tonight !

Tuesday, 20 January 2009

Obama's inauguration on Twitter

I've been for some months a twitter user. Today, I was watching Obama's inauguration, and at the same time following twitter users' live comments about it. Some of them were either funny, interesting or touching. Here is a sample of my favourites.
  • dweinberger: 3 joys: 1. We elected a black man. 2. We love that we did. 3. That man is Barack Obama.
  • Lee LeFever: I think this Obama guy might just make something of himself one day.
  • Joe Schmitt: I'm so jealous. Maybe someday this country will elect a white, heterosexual president & I can go to the inauguration.
  • D. Mahaffey: hasn't gotten any work-related emails in like 2 hours. Obama's already a drain on American productivity.
  • Joe Schmitt: Sarah Palin smugly turns to her husband & says, "I can't believe that guy. He can't even pronounce NU-CU-LAR. Idiot."
  • Angie (AWLN): Text from my mom: We're free of Darth Vader and his boy!
  • dweinberger: O's in office over 1 hour and we're still in Iraq, Gitmo's open, economic sux. And now we find out he's a lefty. I feel so cheated!
  • plagal: Dear Mr Obama: be a good Emperor & we'll tolerate u. Otherwise don't worry, we know the drill.
  • sanford: My lipread of Bush to Michelle "If you have any problems, just call."
  • jakejakob: Cheney's wheelchair prop says "I'm a frail old man. Don't even think about prosecuting me."
  • brazendan: Sat next to a man with tears in his eyes during #inaug09, he bought me a shot for his son Mark Maida who died in Iraq. He deserves change.
  • greggbanse: Dear Mr. President. I believe. And for what it's worth, count me in.
  • wadesmom: I'm guessing that George Bush is the second happiest man in the US today. He's going home.
  • lunarobverse: I do, in fact, think that Chief Justice Roberts needs to study up on that Constitution thing a bit. Maybe remedial school?
  • lexfortis: When do we get to the part where Pres. Bush hands Pres. Obama the White House keys?
  • eethann: so happy obama is president, but favorite quote of the day may be first mention of "former president george w bush" on cnn.
  • Ms_Krista: Look at these fools on the ice in the reflecting pool. Go on break a bone and see how long it takes to get your butt 2 a hospital
  • smenzer: "They were selling Obama condoms after the Lincoln Memorial event last night." http://is.gd/gAYh (expand) thank you BBC
  • annabutler: so i did swell up with tears... at least i wasnt the only one.
  • scottking: I'll admit it. I'll miss BUSH. Was never a fan of the over the top Bush-Bashing, but he was always entertaining to have around.
  • boldavenue: so after the parade where do all those millions of people go?
    platshaw: "How does Barack Obama come to Washington? Does he come in a sleigh or something?" - my 3 year old son, while watching #inaug09 together
  • victoriapk (Victoria Potts Keale): Obama makes me feel like the small things I can do for my neighbors will actually make a difference. Thanks, Mr. Pres.
  • jerimrl:So just which president was the formidable bulletproof glass barrier there for?
  • Lee LeFever: George Bush's helicopter isn't powered by gas, but relief.
...and as an extra, you might have a look at "Lame Bush" last tweets; whatever your political views, they are hilarious.

Tuesday, 23 September 2008

Une nouvelle tuerie scolaire / Another school killing...

Et voilà que ça recommence...

En novembre 2007, un étudiant finlandais de 18 ans arrivait un matin à l'école avec un revolver et se mettait à tirer sur ses condisciples, sur l'infirmière de l'école penchée sur les blessés, et sur la proviseur de son collège qui le suppliait d'arrêter le massacre. Huit personnes sont mortes, en plus du jeune homme qui a retourné l'arme contre lui. La veille, il avait posté sur youtube une vidéo le montrant en train de tirer sur une cible et dont le titre annonçait la tuerie. La seule explication qu'il ait fournie pour son geste est son portrait sur youtube où il se décrit comme l'agent d'une sélection naturelle pour la race humaine corrompue. La Finlande, jusqu'alors à l'abris de ce genre de drames et convaincue de sa sécurité, est sous le choc...

Et voilà que moins d'un an plus tard, l'histoire se répète. Un élève de 22 ans poste le même type de vidéo sur youtube. La police l'interroge lundi, mais ne le considère pas comme un danger et le relâche. Et ce matin, mardi, il arrive à l'école avec un revolver et tue dix personnes avant de tenter de se suicider...

Je ne comprends pas et je suis choquée. D'autres informations arriveront sans doutes dans les heures qui viennent, mais j'espère que le meurtrier survivra. Pas pour une revanche, par pour des années de prison, mais pour qu'il nous donne des explications. Qu'est-ce qui peut pousser deux jeunes gens à commettre un tel geste ? Comment les éviter à l'avenir ? Une fois, c'est un déséquilibré, un accident, un pétage de plomb exceptionnel. Deux fois, c'est un signe...




And again...

In November 2007, a 18 years old Finnish student brings a gun at school one morning and starts shooting people around, the school nurse bending over injured, and the school headmistress begging for him to stop. Eight people died, and the killer commited suicide. The previous day, he had posted on youtube a video showing him target shooting with a title referring to his killing plans. The only explanation he gave for his decision was his youtube personal information where he describes himself as a "natural selector" in a corrupted humain race. Finland, which was previously spared by this kind of drama and convinced of its internal security, is under shock...

And now, less than one year later, it happens again. A 22 years old student posts the same kind of video on youtube. He's interviewed by the police on Monday but they do not find anything suspicious in his behaviour and release him. And this morning, on Tuesday, he comes to school with a gun and kills ten people before attempting to commit suicide...

I don't understand and I'm shocked. More information will problably come, but I hope the killer will survive. Not for revenge, not for years in prison, but for him to provide us with explanations. What can make two young guys do that kind of things ? How to avoid it ? If it happens once, it's a deranged killer, an accident, an exceptionnal crazy move. Twice, it's a sign...

Monday, 31 March 2008

Mosquito

Je suis tombée par hasard aujourd'hui sur une coupure de presse, une dépèche sur le fil info du Soir qui annonçait une initiative d'un ministre de la Communauté française contre un appareil appelé "Mosquito". Keseksa ? Me suis-je demandée, et me voilà suivant les indications de mon ami Google sur les traces d'une machine "anti-adolescents nuisibles". Le site promotionnel que j'ai déniché est malheureusement en anglais, mais il vante les mérites d'un appareil produisant un son haute fréquence qui ne dérange que les adolescents. Après une vingtaine d'années, le phénomène de la "presbycusis" fait perdre à l'oreille humaine sa capacité à entendre de tels sons. Le "Mosquito" utilise donc cette particularité. Voici la traduction de début du site:
L'appareil de dissuasion ultrasonique pour adolescents Mosquito™ est la solution à l'éternel problème des rassemblements indésirables de jeunes et d'adolescents dans les centre commerciaux, autour des magasins et partout où ils créent des problèmes. La présence de ces adolescents décourage les acheteurs véritables et les clients d'entrer dans votre magasin, ce qui affecte votre chiffre d'affaires et votre profit. Les comportements anti-sociaux sont devenus la plus grande menace à la propriété privée des dernières décénies et il n'existait pas jusqu'à présent de méthode de dissuasion efficace.

Acclamée par les forces de police de nombreuses régions de Royaume-Uni, l'appareil de dissuasion ultrasonique pour adolescents Mosquito a été décrit comme "l'outil le plus efficace dans votre lutte contre les comportements anti-sociaux". Des propriétaires de magasins dans le monde entier ont acheter cet appareil pour déplacer les rassemblements indésirables d'adolescents et de jeunesse anti-sociale. Les compagnies de chemins de fer ont installé l'appareil pour décourage les jeunes de garnir de graffitis les trains et les murs des gares.

J'ai du mal à croire ce que je lis. Depuis quand considère-t-on les jeunes comme des animaux nuisibles ? Le titre du site parle de "teenage control", la même expression utilisée pour "pest control", la désinsectisation ! Remplacez dans le texte ci-dessus les mots "adolescents" et "jeunes" par "rats" ou "chiens errants", et vous aurez quelque chose de parfaitement cohérent, qui reflète bien l'utilisation de ce genre d'outil. Sommes-nous dans une société où à défaut de pouvoir les contrôler par d'autres moyens, on utilise des "produits anti-jeunes" ? A quand les hamburgers empoisonnés, les pièges apâtés aux jeux vidéos ? Que devient le respect de la personne humaine ?

PS: Au moment où j'envoie ce message, un article du Soir me renseigne un site qui conteste (entre autres) l'utilisation de ce système en Belgique et en Europe: le site Triangle Rouge. Avec tests auditifs, articles de presse, vidéos et pétition.



I came across a news headline today that announced actions from a Belgian (French Community's) minister against a machine called "Mosquito". What's that ?, I wondered, and following the path my friend Google indicated I found out it was a "teenage control product". The advertisement website I discovered underlined the advantages of a device producing a high frequency sound that disturbs teenagers and young people only. For people over 20, the medical phenomenon known as presbycusis or age related hearing loss makes it impossible to hear such a sound. That "Mosquito" takes advantage of such a particularity. Here are the first lines of the website:
The Mosquito™ ultrasonic teenage deterrent is the solution to the eternal problem of unwanted gatherings of youths and teenagers in shopping malls, around shops and anywhere else they are causing problems. The presence of these teenagers discourages genuine shoppers and customers’ from coming into your shop, affecting your turnover and profits. Anti social behavior has become the biggest threat to private property over the last decade and there has been no effective deterrent until now.

Acclaimed by the Police forces of many areas of the United Kingdom, the Mosquito ultrasonic teenage deterrent has been described as “the most effective tool in our fight against anti social behaviour”. Shop keepers around the world have purchased the device to move along unwanted gatherings of teenagers and anti social youths. Railway companies have placed the device to discourage youths from spraying graffiti on their trains and the walls of stations.

Amazing ! I can hardly believe what I'm reading. Since when have young people been openly considered as damaging animals ? The website mentions "teenage control", just like "pest control" ! If you replace in the text hereup the words "teenagers" or "youth" by "rats" or "wandering dogs", it makes perfect sense and reflects the intended use of such a tool. Are we living in a society where, since we can't control them by other means, we use "anti-youth products" ? Is the next step poisoned hamburgers, or traps using video games as baits ? Where in all this is the respect for human beings ?

PS: While I'm sending this post, I discover a website contesting (among others) the use of this system: "Triangle Rouge" (red triangle, in English too). With the possibility to experience the sound and a petition online.

Tuesday, 4 March 2008

Ski et destin / Ski and destiny

Aujourd'hui, une petite pensée pour Matthias Lanzinger, skieur autrichien de 27 ans, qui a fait une très mauvaise chute dimanche pendant une étape du championnat du monde en Norvège. La double fracture était tellement grave que les médecins ont dû l'amputer aujourd'hui en-dessous du genoux gauche pour sauver sa vie. Ce n'est qu'un fait divers parmi des milliers d'autres, mais je ne peux pas m'empêcher de ressentir une tristesse particulière pour lui: dimanche matin il se levait en espérant terminer la journée parmi les meilleurs skieurs mondiaux, et aujourd'hui il est handicapé à vie. La Roche Tarpéienne est proche du Capitole...



Today, a special thought for Matthias Lanzinger, 27 years old Austrian skier, who fell very badly on Sunday during a World Cup event in Norway. The double fracture he endured was so bad they had to have his lower left leg amputated today to save his life. This is only one of the thousands of sad events happening in the world, but I can't help feeling a particular sadness for him: on Sunday morning he woke up with the hope to be one of the best world skiers by the end of the day, and today he's handicapped for ever. As we say in French, the Tarpeian rock is close to the Capitol...

Monday, 25 February 2008

Coffre-fort de l'Apocalypse / Doomesday Vault

Je lis les nouvelles sur internet chaque jour, et il faut l'avouer: entre les faits divers sordides, les manoeuvres politiques mesquines, les innocents qui meurent dans des attentats, les pays où l'on va en prison pour avoir cherché à s'informer, ceux où les femmes sont réduites en esclavage, et tout le reste, il est difficile de trouver de quoi se rappeler que l'homme est un être intelligent et raisonnable. Mais ce matin, j'ai lu dans le Courrier International quelque chose qui m'a fait sourire pour une fois.

Norvège - Un congélateur qui pourrait sauver le monde

Le 26 février, un étrange entrepôt sera inauguré dans l'archipel norvégien du Svalbard, dans l'Arctique. Il s'agit d'y conserver des échantillons de graines et semences en tous genres – pour que l'humanité ait quelque chose à replanter en cas de cataclysme, explique The Independent.

Rien que le nom évoque un vestige de la guerre froide ou un film de James Bond : on en parle comme du "coffre-fort de l'Apocalypse", et il repose au cœur d'un glacial bunker de béton et d'acier, à plus d'une centaine de mètres dans le permafrost montagneux d'un archipel de l'Arctique. Pourtant, la réserve mondiale de semences du Svalbard constitue la dernière tentative de l'humanité pour se doter d'une Arche de Noé des temps modernes, sorte de police d'assurance planétaire dans l'éventualité d'une catastrophe, comme de violents bouleversements climatiques provoqués par le réchauffement.

Après des dizaines d'années consacrées à la planification et aux travaux de construction, la réserve sera officiellement opérationnelle à partir du 26 février. Premier entrepôt mondial de stockage de graines, il a la capacité d'abriter jusqu'à 4,5 millions de types de semences provenant de toutes les variétés connues des principales cultures vivrières de la planète. Sa construction a coûté 6 millions d'euros. Il peut résister à des tirs de missiles nucléaires et même à une montée cataclysmique du niveau de la mer, qui pourrait résulter de la fonte simultanée de la banquise du Groenland et de l'Antarctique.

Il a pour but de permettre de réimplanter des cultures et des végétaux s'ils venaient à disparaître de leur environnement naturel ou étaient détruits lors de grandes catastrophes. Pour Cary Fowler, membre du Global Crop Diversity Trust, à l'origine du projet avec la Banque génétique nordique de Norvège, le dépôt est "l'endroit idéal" pour stocker des semences. Il se compose de trois grandes chambres froides étanches logées dans un long tunnel en forme de trident, creusé à travers le permafrost dans le flanc d'une montagne de calcaire et de grès.

L'archipel norvégien du Svalbard est situé à environ 1 000 kilomètres du pôle Nord, à l'intérieur du cercle arctique. Aucun arbre n'y pousse, mais on y dénombre quelque 2 300 habitants. Ces îles ont été choisies du fait de leur climat hostile et de leur inaccessibilité. En hiver, il y règne une température moyenne de - 14 °C. Le dépôt est protégé par de hautes murailles de béton renforcé, des portes d'acier blindées, et une garde d'ours polaires en maraude. "L'installation est conçue pour abriter deux fois plus de variétés de semences que celles dont nous connaissons l'existence, explique Fowler. Il ne sera pas rempli de mon vivant, ni du vivant de mes petits-enfants, mais, à de telles températures, les graines de végétaux essentiels comme le blé, l'orge et les pois peuvent survivre pendant mille ans", ajoute-t-il.

Grâce au permafrost et à la roche qui entourent les tunnels, les échantillons resteront congelés, même en cas de panne du système de réfrigération ou d'augmentation de la température extérieure due au réchauffement planétaire. "Pour la planète, c'est une police d'assurance", déclare Fowler.

Le 26 février, quand José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et l'environnementaliste Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la paix [en 2004], arriveront au Svalbard pour l'inauguration, le dépôt contiendra déjà quelque 250 000 échantillons. Les scientifiques impliqués dans le projet ont fait remarquer qu'une partie de la biodiversité mondiale avait déjà été mise à mal par les guerres et les catastrophes naturelles. Des réserves génétiques ont disparu en Irak et en Afghanistan à la suite de l'invasion américaine, et des banques de semences ont succombé à des catastrophes naturelles aux Philippines et au Honduras. Le dépôt du Svalbard semble d'ores et déjà avoir survécu à sa première épreuve écologique. Le 21 février, ce que l'on a présenté comme "le plus grand tremblement de terre de l'histoire de la Norvège", une secousse d'une magnitude de 6,2, a été enregistré près de l'archipel.

Tony Peterson
The Independant


I read the news on the internet every day, and every day I think: between ugly criminal cases, narrow-minded political moves, innocents dying in bombings, countries where people go to prison because they looked for information, those where women are treated as slaves, and everything else, it's hard to find something to remind us how mankind should be distinguished by its intelligence and sensibility. But this morning, I read in The Independant something that made me smile, for a change.

Norway's "Doomesday Vault" holds seeds of survival
By Tony Peterson in Berlin

The name alone makes it sound like a relict from the Cold War or something out of a Bond film: it is referred to as the "Doomsday Vault" and housed in an icy steel and concrete bunker, more than one hundred metres deep inside the mountain permafrost of an Arctic archipelago. Yet the Svalbard Global Seed Vault is man's latest attempt to create a latter-day Noah's Ark, or insurance policy, for the planet in the event of a catastrophe such as devastating climate change induced by global warming.

After decades of planning and construction work, the vault will officially start operating tomorrow. As the world's first global seed bank, it has the capacity to hold up to 4.5 million batches of seeds from all the known varieties of the planet's main food crops.

The vault cost €6m to construct and has been built to withstand nuclear missile attacks and even dramatic rises in sea levels that would result from both the Greenland and Antarctic ice shelves melting simultaneously.

The vault aims to make it possible to re-establish crops and plants should they disappear from their natural environment or be wiped out by major disasters. Cary Fowler, of the Global Crop Diversity Trust which set up the project together with Norway's Nordic Gene Bank yesterday described the vault as the "perfect place" for seed storage.

The vault is made up of three large, airtight, refrigerated cold-storage chambers which are housed in a long trident-shaped tunnel bored through a layer of permafrost in to a mountain of sandstone and limestone on the archipelago.

Norway's Svalbard's islands lie some 620 miles south of the North Pole deep inside the Arctic circle. No trees grow on the archipelago, which is home to some 2,300 people. It was selected because of its inhospitable climate and remoteness. The average winter temperature on Svalbard is around minus 14C. The vault is protected by high walls of fortified concrete, doors armoured with steel plate and a home guard of free-roaming polar bears.

"The facility is designed to hold twice as many varieties of agricultural crops as we think exist," said Mr Fowler, "It will not be filled up in my lifetime nor in my grandchildren's lifetime, but at these temperatures, seeds for important crops like wheat, barley and peas can last for 1,000 years," he added.

The permafrost and rocks surrounding the tunnels are meant to ensure the seed samples remain frozen, even if the plant's refrigeration system fails and global warming raises the outside temperature. "It is an insurance policy for the planet," Mr Carey said.

Tomorrow, when Jose Manuel Barroso, president of the European Commission, and the Nobel Peace Prize-winning environmentalist Wangari Maathai arrive in Svalbard for the project's inauguration, the vault will contain some 250,000 seed samples.

Scientists involved in the project pointed out yesterday that some of the world's biodiversity had already been lost as a result of war or natural disaster. Gene vaults have disappeared in Iraq and Afghanistan following the US invasion and seed banks in the Philippines and Honduras fell to natural disasters.

The Svalbard vault already appears to have survived its first environmental test. Last Thursday what was described as "the biggest earthquake in Norway's history" – a tremor with a magnitude of 6.2 – was registered near the archipelago.