Friday, 24 April 2009

The sound of music

Un tout petit message pour vous montrer une très chouette vidéo découverte via des amis. L'histoire commence un jour comme les autres, dans la superbe gare centrale d'Anvers, où les voyageurs se pressent dans le petit matin gris de ce 23 mars. Soudain, les annonces habituelles sont remplacées par la chanson "The Sound of Music", de la comédie musicale "La mélodie du bonheur". Un homme se met à danser au milieu du hall central, rejoint par une petite fille, puis deux adolescentes à sac à dos, puis d'autres encore... Et c'est toute la gare qui prend vie ! Un truc à vous mettre de bonne humeur pour toute la journée, et une superbe vidéo qui réchauffe le coeur...





A little message to share with you a very cute video clip that friends passed on to me. The story begins on a day like every other day, in Antwerp's central station (Belgium), where commuters hurry in the grey morning of this March 23. Suddenly, announcements are replace with the song "The Sound of Music". A man starts dancing in the middle of the main hall. Soon he's joined by a little girl, then two backpacking teenagers, then others... And the whole station comes to life ! Something to bring a good mood for the day, and a very touching video you shouldn't miss...

Tuesday, 21 April 2009

Livres et musique: deux autres parcelles de moi

Je passe en coup de vent pour vous présenter deux sites qui valent la peine d'être connus et que j'ai découvert il y a peu de temps.

Le premier, c'est le blog "Mes livres et moi" de Jess. Il est relativement neuf, et je l'ai suivi depuis le début: d'abord parce que je connais Jessica de mes années d'université, et que je m'intéresse toujours à ce que deviennent les gens que j'ai apprécié; ensuite, parce que je me suis rendue compte qu'elle et moi avons pas mal de points communs quand il s'agit de lecture de divertissement. Depuis que je suis loin de Belgique, j'ai un peu perdu contact avec les dernières sorties en librairie, et j'étais contente de lire sur son blog son avis (et ceux d'autres contributeurs) sur les romans qu'elle a appréciés. Je préfère me fier aux critiques de lecteurs moyens plutôt qu'à celles, souvent orientées ou trop "intellos", que je trouve dans les journaux.

La bonne nouvelle, c'est que Jess m'a récemment proposé un accès à son blog pour que je puisse y laisser moi aussi quelques critiques de romans qui m'ont plu. C'est très sympa, et en plus ça me convient très bien: j'aime partager mes passions, mais je ne lis pas assez en ce moment pour alimenter régulièrement un blog dans ce but. Ces pages-ci et celles de FinnCuisine me prennent déjà pas mal de temps ! Bref, j'ai accepté l'offre et je viens de publier ma première critique, celle de "La Princesse des glaces", de Camilla Läckberg. N'hésitez pas à aller y jeter un oeil, puisque j'ai laissé "une parcelle de moi" par là-bas aussi...

Le deuxième site que je viens de découvrir et que je vous recommande, c'est la radio en ligne "GoomRadio". Il s'agit d'une initiative française pas mal faite. En réalité, ce site arrive pile poil dans ma vie au moment où je suis confrontée à un dilemme cruel: face à la surcharge de mon disque dur, que transférer sur un disque dur externe, ma collection musicale ou ma bibliothèque de photos ? J'utilise régulièrement mon ordinateur comme juke-box pour ambiance musicale, et avoir à brancher chaque fois un disque dur me fatigue d'avance; mais d'un autre côté, je tiens à garder toutes mes photos à portée de main et ordonnées dans ma bibliothèque iPhoto, de façon à pouvoir retrouver celle que je souhaite au moment où je le souhaite. Il fallait pourtant faire un choix.

Et c'est là que Goom Radio tombe à point. Non seulement le site offre un large choix de "stations" sympas et parfaite pour mettre l'ambiance ("just hit", "rock your life", "in the club", "musique fraîche" avec des artistes peu connus,...), mais elle permet aussi de créer ses propre chaines: il suffit de s'inscrire gratuitement, de choisir un style de musique et un artiste représentatif, et une playlist est automatiquement créée. On peut la modifier pour y inclure ou en exclure certains morceaux, mais mes deux premières créations ("romantique" et "électro") m'ont assez satifaite. Le catalogue de la radio est assez fourni et ne manque pas de nouveautés. Quelques pubs et émissions entrecoupent l'ensemble, mais rien de trop dérangeant. Et, ce qui ne gâche rien, tout ceci est gratuit et parfaitement légal.

Bref, c'est exactement ce qu'il me fallait: une radio personalisable sur mon ordi. Je n'aurai à brancher mon disque dur externe avec ma collection de morceaux que quand je souhaiterai écouter quelque chose de particulier, ou pour recharger mon iPod. Et je garde toutes mes photos à portée de main. Pas mal, non ?

Friday, 17 April 2009

Qu'est-ce que Twitter ?

Je suis sur twitter depuis plusieurs mois, d'abord pour essayer ce nouveau phénomène du web, ensuite parce que j'ai accroché, mais je constate une chose un peu triste: malgré le boom de développement annoncé dans tous les médias, quasiment aucun de mes amis "en vrai" n'est sur ce réseau. C'est dommage, et c'est peut-être principalement à cause d'une méconnaissance de ce nouveau joujou. Alors je me dis qu'il est temps d'y consacrer quelques mots. Twitter, c'est quoi exactement ?

La première chose à savoir, c'est qu'il est difficile d'expliquer ce que c'est. Comme dit l'un de ses fondateurs, au début on se demande à quoi ça sert, ensuite on essaie et on ne sait plus s'en passer. Concrètement, il s'agit d'un système de micro-blogging, à cheval entre le blog, le sms, le réseau social et les messageries genre skype ou msn. Une fois inscrit sur le site, chaque utilisateur obtient une page web sur laquelle s'inscrivent ses mises à jour, que l'on appelle "tweets". Un tweet ("gazouillis") a le format d'un sms: court (140 caractères) et efficace. Ma page publique, sur laquelle s'affichent mes tweets, est par défaut visible par tous (on peut la rendre privée, mais ça dénature d'après moi tout l'intérêt de twitter).

Ensuite, à partir de cette page, l'utilisateur a la possibilité de s'abonner aux tweets d'autres utilisateurs, de les "suivre" (follow). Cela signifie que chaque fois qu'une des personnes que je suis écrit un message, son tweet s'affiche sur une page qui m'est réservée (en quelque sorte une page "boîte de réception"); chaque fois que moi-même j'écris un message, mon tweet s'affiche sur la page de chacun de mes followers. Bref, en gros, il s'agit d'écrire des sms ouverts au public. Je peux aussi répondre en public aux tweets que je lis et que je trouve intéressants, les "retweeter" (forwarder) pour les diffuser auprès de mes propres followers, ou envoyer des messages privés. Toujours avec une limite de 140 caractères, ce qui encourage l'immédiateté; on hésite à écrire un mail complet, ou un long billet sur un blog, mais pas un petit message aussi court.

Il y a sur le web toute une série de programmes gratuits que l'on appelle des "clients twitter", et qui permettent d'envoyer et de recevoir des tweets sans chaque fois devoir aller sur la page web; beaucoup d'entre eux sont aussi faits pour les téléphones portables avec accès à internet, les iPhones et autres. Ce qui fait que la plupart des utilisateurs de twitter sont mobiles: ils peuvent envoyer vite fait un message dès qu'ils sont le témoin d'un évenement intéressant ou ont envie de partager une info. Il y aussi moyen d'envoyer des tweets par sms (c'était la première utilisation du site), mais je ne sais pas combien le sms me coûterait depuis la Finlande, alors je m'abstiens...

Maintenant, passons au problème épineux de l'utilité d'un tel outil. Personnellement, j'ai commencé par l'utiliser comme interface entre différents lieux sur internet où je souhaitais poster des informations à propos de moi-même. Je n'ai pas d'accès internet sur mon téléphone, mais j'ai un petit client twitter très efficace (twitterrific) qui est installé dans la barre menus de mon mac; je clique dessus, j'écris un message, je l'envoie, et, grâce à différents widgets, il s'affiche à la fois sur mon blog ("et maintenant, Nathalie..."), sur mon statut Adium (msn pour les macs; je pourrais aussi le faire apparaître comme statut skype ou iChat), sur ma page netvibes, et comme statut sur facebook. Et bien sûr, chez tous mes followers et sur ma page twitter. Ca, c'est pour me permettre de satisfaire mon petit côté narcissique qui voudrait qu'un maximum de gens (principalement des gens qui s'intéressent à moi, mes contacts de toutes sortes) sachent en temps réel ce que je pense, dis, les liens que je découvre, etc. J'y fais la promo des nouveaux billets sur mes blogs, ou j'envoie automatiquement les liens vers mes critiques sur Blippr, par exemple. C'est un peu le principe des statuts sur facebook, en plus large: je peux aussi partager des infos qui n'ont rien à voir avec moi-même.

Mais le vrai intérêt de tout ceci, c'est les informations que l'on reçoit. Twitter a commencé à se faire connaître sérieusement lors des attentats de Bombay; des témoins sur place ont twitté en temps réel les évenements auxquels ils assistaient. Pendant l'inauguration du président Obama, certains sénateurs ont fait scandale en "twittant" leurs impressions au moment même où Obama faisait son discours. Lorsqu'un avion a amerri sur l'Hudson, la première photo disponible a été celle prise par le passager de l'un des bateaux qui venaient porter secours aux victimes, envoyée sur twitter via son téléphone portable. Grâce au jeu des "followers" et des "retweets", les informations se diffusent sur ce réseau à la vitesse de l'éclair, bien plus rapidement que dans les médias traditionnels. Il existe maintenant des agences de presse sur twitter, qui cherchent les infos et les diffusent avec une rapidité inégalée, et les agences de presse traditionnelles ont leur compte twitter qui envoie directement à leurs followers les infos brutes qu'elles reçoivent.

Il s'agit aussi de créer un nouveau type de réseau, pas un réseau d'amis, ni même de connaissances, mais un réseau de diffusion d'infos et d'idées. Je "suis" plusieurs personnes que je ne connais pas, juste parce que je trouve ce qu'elles écrivent particulièrement intéressant; il y a des twitters spécialisés dans la diffusion de liens dans tel ou tel domaine, par exemple, ce qui me permet d'avoir accès à des articles intéressants sur lesquels je ne serais jamais tombée par moi-même. De même, quand j'ai un problème informatique, je le "tweete" et j'obtiens souvent l'aide de l'un ou l'autre de mes followers. Lors de l'inauguration d'Obama (encore), j'ai ainsi suivi les tweets écris sur le vif par des américains que je ne connaissais pas (ils étaient facile à trouver parce qu'ils comportaient tous le tag #INAUG09, permettant de les repérer rapidement via un moteur de recherche). Et j'ai été étonnée de la ferveur avec laquelle le nouveau président était accueulli.

Il y a une chose que tous les "outils sociaux" de l'internet (messageries, forums, facebook, myspace, twitter...) ont en commun: ils peuvent être utilisés de façons très différentes. Certains passent des heures chaque jour à chatter, ou à faire des tests et des jeux sur facebook, ou à suivre des milliers de personnes sur twitter (comment font-ils ?). D'autres ne chattent que quelques minutes par mois, visitent facebook une fois par jour pour jeter un oeil aux dernières nouvelles, ne postent quasiment jamais d'informations. Certains étalent leur vie privée, leurs photos les plus personnelles (par exemple, une jeune femme a décidé de twitter toutes les étapes de son accouchement en temps réel !), tandis que d'autres se cachent derrière un pseudo et ne dévoilent rien. Chacun ses goûts, son utilisation et ses besoins.

En ce qui me concerne, je suis connectée sur twitter automatiquement dès que je suis sur mon ordinateur (et sur internet). Les tweets des gens et des liens que je suis s'affichent pendant quelques secondes en haut de l'écran puis disparaissent. Si j'y prête attention, en un regard je vois de quoi il s'agit, s'il y a une information intéressante, une chose à laquelle je pourrais répondre. Moi-même je n'écris qu'assez rarement; cinq ou six messages par jour, en moyenne, pour faire circuler une info intéressante ou juste parler de ma petite vie. Je ne ressens pas la contrainte d'une messagerie instantanée, où l'on est contacté personnellement par un ami à qui l'on se doit de répondre; ni le caractère "limité aux connaissances" de facebook, qui d'ailleurs contient beaucoup d'informations privées; et il me permet de laisser des messages qui ne méritent pas de faire l'objet d'un billet sur mon blog. C'est quelque chose de différent et de complémentaire.

Mais j'apprécie et je m'étonne de la vitesse à laquelle les infos circulent sur ce réseau. Il y a une heure, Oprah Winfrey a créé son compte sur twitter; elle a déjà presque 100 000 followers. Je ne m'étonne pas du nombre, vu sa notoriété c'est inévitable; mais je m'étonne qu'en si peu de temps, autant de gens ait pu être au courant de son arrivée. J'ai l'impression d'être connectée au monde en temps réel, d'élargir mon horizon, et je ne voudrais pas rater ça.

Voilà, maintenant si j'ai éveillé la curiosité de certains d'entre vous, voici quelques liens utiles:
- Quelques descriptions de twitter, malheureusement en anglais: Evan Williams, l'un des créateurs de Twitter, parle du service lors d'une interview; l'humoriste Jon Stewart fait de même, mais sur un ton beaucoup plus caustique; et une utilisatrice de twitter l'explique à une grand-mère, de façon très simple et sympa.
- Une liste de clients twitter pour windows, linux ou mac. Avec en plus ceux qui s'installent sur téléphone portable, il en existe plus de 2000 - y'a le choix !
- Des utilisateurs de twitter (twitterers) d'actualité: Breaking News ou WeirdNews (en anglais), Le Soir et RTL Info (pour les Belges);
- Des twitterers sur les nouvelles technologies, avec principalement des liens vers des articles intéressants sur des blogs: Jean-Luc Raymond, Netslider et Yann Leroux en français, TechnologyGeek et TechCrunch en anglais;
- Des célébrités sur twitter: Jamie Oliver, Lance Armstrong, Oprah Winfrey, Elio di Rupo, Axel Mercks, le dessinateur Martin Vidberg, et même Obama (un peu silencieux depuis son élection - il doit être occupé...).
- Des moteurs de recherche pour twitter: Twitter Search, Tweetag.

Et bien sûr, si je vous ai donné le goût de cette aventure, n'oubliez pas de venir m'ajouter !

Sunday, 12 April 2009

Iloista pääsiäistä !

Joyeuses Pâques ! Un souhait qui s'impose en ce jour de fête chrétienne. Tandis que beaucoup d'entre vous profitent de deux semaines de vacances, ici, tout du moins à l'université, le congé n'est que d'une petite semaine, le temps de la semaine sainte, "hiljainen viikko" ("semaine silencieuse"). Mais on en savoure chaque instant.

Le dimanche précédent Pâques est appelé "palmusunnuntai" (dimanche des Rameaux), et le jeudi précédent le vendredi saint est appelé "kiirastorstai". Le Vendredi Saint c'est le "pitkäperjantai" ("long vendredi"), un jour férié où il était à l'origine interdit de cuisiner, ce qui a poussé les gens d'ici à inventer ce dessert repoussant qu'est le mämmi. Samedi, le pääsiäislauantai, c'est le jour de la "via cruxis", la procession rejouant le chemin de croix de Jésus entre Kaisaniemi et Senaatintori. Le dimanche de Pâques, c'est le jour où, comme dans beaucoup de pays chrétiens, on mange de l'agneau ou du poulet dans une maison décorée d'oeufs en verre et de rameaux de saule. Certains empruntent à leurs voisins russes la coutume du dessert de Pâques nommé "paska" - qu'ici on a renommé "pasha", car le nom originel veut dire "merde" en finnois... Le dimanche de Pâques et le lundi de Pâques qui suit, entièrement fériés, sont nommés "ensimmäinen ja toinen pääsiäispäivät" (premier et second jours de Pâques).

Pour Pâques, les enfants reçoivent aussi des oeufs en chocolat et des bonbons de toutes sortes, mais comme il fait encore trop froid pour les cacher dans le jardin (que beaucoup de Finlandais n'ont pas, d'ailleurs), certains les reçoivent directement sous leur oreiller ! En fait, ce n'est pas toujours le lapin ou les cloches de Pâques qui se chargent de la tâche: dans certaines familles, c'est le "pääsiäiskukko" (coq de Pâques) qui s'y colle...

En tous cas, je vous souhaite à tous de Joyeuses Pâques !


Happy Easter ! My best wishes to all of you celebrating this Christian celebration. While most of my fellow student citizenswill enjoy two weeks of holidays, here, they would get only one, during the Holy Week, "hiljainen viikko" ("silent week"). But people here enjoy every single day of it.

It starts on the Sunday before Easter, called "palmusunnuntai" (Palm Sunday). The next Thursday is called "kiirastorstai" ("maundy Thursday", says the dictionnary). Good Friday is called "pitkäperjantai" ("long Friday"), a free day when, originally, it was forbidden to cook, so people here invented the awful dessert called mämmi. On Saturday, "pääsiäislauantai", a "via cruxis", a procession recreating the stations of the cross, is taking place between Kaisaniemi and Senaatintori. Easter Sunday is the day when people eat lamb or chicken in a house decorated with glass eggs and willow branches, like in most of Christan countries. Some borrow to their Russian neighbours the custom of their Easter cake called "paska" - only Finns call it "pasha", because "paska" means shit in Finnish... Finally, the next Monday (free day) and Tuesday (working day) are called "ensimmäinen ja toinen pääsiäispäivät" (first and second Easter days).

During Easter time, Finnish kids also get chocolate eggs and all sorts of candies, but since it's too cold still to hide them outside (and a lot of Finns don't own a garden), some children find them directly under their pillow ! Actually, it's not always the usual rabbit that brings them: in some families, this is the "pääsiäiskukko" (Easter rooster)'s job...

Anyway, I wish you all a very happy Easter time, whether you're celebrating it or not !

Thursday, 9 April 2009

Lumikki & Mouto

Ce soir, nous renouons avec une vieille habitude longtemps délaissée: héberger les chats des parents Ours, les petites Misu et Lumikki. Et apparemment, Lumikki s'est fait un nouvel ami: Mouto, l'énorme peluche-coussin en forme de mouton hyper-super-magnifiquement doux offert par ma soeur pour mon dernier anniversaire. Blanc sur blanc, on dirait une pub pour poudre à lessiver...


This evening, we are renewing with an old and long-forgotten habit: housing Mr and Mrs Bear's cats, Misu and Lumikki. And obviously, Lumikki has met here a new friend: Mouto, my sheep-shaped and increadibly soft pillow-teddy bear offered by my sister for my last birthday. White on white, it looks like a laundry powder ad...

Saturday, 4 April 2009

Hullut päivät

Aujourd'hui se terminent les "hullut päivät", ou "jours fous", chez Stockmann. Stockmann, c'est une véritable institution ici en Finlande. Il s'agit d'un "department store", un grand magasin divisé en départements vendent différents produits ou différentes marques, un peu comme l'Innovation, mais en plus grand. Chez Stockmann, on trouve tout: vêtements, cosmétiques, vaisselle, décoration, plantes, livres, cadeaux, matériel de cuisine, électroménager, épicerie fine, maroquinerie, papeterie, agence de voyages... Pour la plupart des Finlandais, Stockmann reste LA référence du choix le plus large et de la qualité. Leur magasin principal, planté en plein coeur d'Helsinki, a été fondé en 1862. C'est dire s'il a eu le temps de devenir une véritable institution dans un pays dont les maisons de plus de cinquante ans d'âge sont classées...

Mais le gros problème avec Stockmann, c'est le prix: la qualité (supposée) se paie, et la rareté de certains produits qu'on ne trouve pas ailleurs leur permet de les offrir à un prix largement supérieur au prix que l'on paierait dans un autre pays. C'est pourquoi les soldes bi-annuelles, les fameux "hullut päivät", connaissent un succès jamais démenti. Pendant quatre jours, du mercredi au samedi, Stockmann casse les prix sur une série de produits, dont certains sont mis en vente uniquement à cette occasion. Et d'un jour à l'autre, ces produits ne sont pas les mêmes: quelques semaines auparavant, un petit magazine qui détaille les promotions de chaque jour est diffusé. Beaucoup reviennent donc plusieurs jours de suite pour profiter du jambon de Parme à moitié prix le mercredi, des chemises en solde du vendredi et des orchydées bon marché du samedi...

La mascotte des "hullut päivät", c'est le petit fantôme jaune qui orne les affiches, les ballons, les publicités et les sacs en plastique. Absolument inratable. Pendant quatre jours, le jaune devient la couleur des courses !


Today was the last day of the "hullut päivät", or "crazy days", at Stockmann. Stockmann, it's a real institution in Finland. It's a department store, and a huge one. You'll find everything and anything at Stockmann: clothes, cosmetics, crockery, decorating items, plants, books, gifts, cooking items, household appliances, food, luggage, stationery, travel agencies... For most of Finns, Stockmann remains THE reference for the largest choice and best quality. Their main shopping mall, right in the centre of Helsinki, was founded in 1862. Fifty years older than the country itself !

But the big problem with Stockmann is the price: customers pay for the (supposed) quality, and selling items you can't find anywhere else make it possible to ask for almost any price... That's why their semi-annual sales, those famous "hullut päivät", are always successfull. During four days, from Wednesday to Saturday, Stockman offers a serie of products for a low price, some of them actually being for sale only during that period. From one day to the next, the products on sales are different: a few weeks earlier, a leaflet was made available for customers, with details on the offers for every day. Many come several times, to get some half-price Parma ham on Wednesday, buy a couple of cheap shirts on Friday and make a deal when buying orchids on Saturday...

The "hullut päivät" mascot is a little yellow ghost ornating displays, balloons, ads and bags. During four days, yellow becomes the color of shopping !


Friday, 3 April 2009

Je suis un mot en -e

J'aime bien le finnois. Si si, après des mois d'apprentissage et d'énormes frustrations quotidiennes, j'aime toujours bien le finnois. C'est, entre autres, parce que je n'arrête pas de lui trouver des côtés comiques. L'autre jour je me suis acharnée sur la prononciation de "miehiä", par exemple. Essayez: mi-é-h (bien aspiré)-i-è (en tirant la langue). On garde la bouche ouverte tout le long, on a l'impression de cracher un "yéyé" plein de dégoût, c'est mignon comme tout. Et pour ceux que ça intéresse, c'est une des formes de "mies" au pluriel, qui veut dire "homme".

Le truc qui me fait beaucoup rire, aussi, c'est d'entendre mon propre nom tourner finnois. Parce que le finnois, ce qui fait sa beauté et son piquant, c'est sa grammaire pour génies et les 15 cas qu'elle contient. Ce qui fait trente formes différentes par mot, si tu comptes le singulier et le pluriel. Dont 12 cas (24 formes pour ceux qui ne suivent pas) sont utilisés régulièrement dans la conversation, on n'y coupe pas. Et pas moyen de passer à côté: ce sont des formes qui remplacent nos petits mots à nous, nos "à", "de", "en", etc. Parce que si on dit "je suis le magasin", ça n'a pas beaucoup de sens, il faut dire "je suis au magasin"; de même, "je viens magasin" est difficile à comprendre, est-ce qu'on vient "du" ou "au" magasin ? Ben les Finlandais, leurs petits mots, ils les collent à la fin des grands mots: kauppa (magasin) devient kauppaan (vers le magasin), kaupassa (au magasin), kaupasta (du magasin).

Bref, tout ça pour dire que tous les mots, à quelques minuscules exceptions près, se déclinent en suivant des règles tordues qu'il te faut des années de pratique intense pour assimiler. Y-compris les noms de personnes. C'est pas trop un problème avec leurs noms à eux - ils sont faits pour. Mais les nôtres...

Moi j'arrive avec mon gentil prénom: Nathalie. Déjà on me regarde de travers parce qu'il fait plus de deux syllabes, un fait rarissime par ici. Ensuite, on me le prononce à la finnoise, en égrénant chaque lettre: na-t-h (bien aspiré)-a-li-é. Pendant un moment j'ai cru qu'on parlait de quelqu'un d'autre. Quand j'ai saisi l'astuce, je me suis rebellée et j'ai passé beaucoup de temps à tenter d'expliquer les règles de prononciation du français dans ce cas précis: laissez tomber le "h" et le "e", par pitié ! Ca, j'y suis assez bien arrivée. Par contre, quand j'ai tenté de passer à la deuxième étape: allonger le "i" à la fin du mot (c'est à ça qu'il sert, ce pauvre e muet, non ?), là ça a coincé. Du coup on m'appelle systématiquement "Natali". Et j'ai dû me contenter de ça, mais ça va, je peux vivre avec.

Le comique dans l'histoire, c'est le retour en force du e, pourtant devenu totalement et irrémédiablement cousu de la bouche, au travers des déclinaisons. Moi je le croyais oublié, perdu en cours de route de traduction, mais mes nouveaux compatriotes, ils savent bien qu'il est là, alors ils l'utilisent. C'est ainsi que "je vais chez Nathalie" devient "menen Natalielle" (mé-né-ne natali-é-llé). Ils auraient pu laisser le i tout seul: menen Natalille, mais non non non ! Le e est là.

Je n'ai pas encore vu mon nom décliné à l'écrit (la version ci-dessus est la claviérisation de ce que j'ai déjà entendu), du coup je ne sais pas si le "h" ressusciterait lui aussi, mais déjà à l'oral, c'est une sensation assez bizarre d'entendre son propre nom tordu dans tous les sens. Quelques exemples auxquels je pense là-maintenant:
- Je viens de chez Nathalie: Tulen Natalielta (tou-laine natali-é-lta).
- Je suis chez Nathalie: Olen Nataliella (o-laine natali-él-la)
- Je parle de Nathalie: Puhun Nataliesta (pou-h bien aspiré-oune natalié-sta)
- De l'avis de Nathalie: Natalien mielestä (natali-énne miélés-t-è en tirant la langue)
- Ma Nathalie: Natalieni (natalié-ni)
- et mon préféré, j'aime Nathalie: rakastan Natalietta (r roulé-acastanne nataliette-ta).

Avouez qu'il y a de quoi devenir multi-schizophrène, non ?