Thursday, 18 November 2010

Premières neiges / First snow

Aujourd'hui sont tombées les premières neiges de la saison. Enfin pas tout à fait les premières, puisqu'on a déjà vu de gros flocons se précipiter lentement vers le sol au début du mois, mais ils fondaient avant même d'y arriver, les pauvres. C'est en tous cas la première fois qu'un tapis de neige recouvre le sol, et ça fait du bien un peu de blancheur au moment où le soleil est déjà couché à 16h (cliquer sur les photos pour en découvrir d'autres).

Today the habitants of South Finland could enjoy their first snow. Not really the first, actually: some flakes showed up at the beginning of this month but they never made it to the floor. This time, a white carpet finally enlightens the very long night (right now the sunset is around 15.30) (clic on the pics to see more).


J'en ai donc profité pour emporter mon appareil photo au cours de finnois. Justement, les ouvriers communaux montaient le sapin de Noël sur la place du Sénat (celle avec la grande cathédrale blanche) juste devant nos fenêtres, ce qui a donné à notre prof l'occasion de nous régaler avec quelques phrases appropriées : "Senaatintorilla pystytetään joulukuusta" (on dresse le sapin de Noël sur la place du Sénat), "Tänään on loskakeli" (aujourd'hui il y a de la neige fondue sur les routes), et "kolari" (accident de voiture) comme conséquence prévisible.

So I took my camera with me to the Finnish course in order to get a few snowy pics. Precisely during our class, city workers were mounting the huge Christmas tree on Senate Square right behind our windows, which gave our teacher a chance to present us a few circumstancial sentences: "Senaatintorilla pystytetään joulukuusta" (they are mounting the Christmas Tree on Senate Square), "Tänään on loskakeli" (today there is melted snow on the roads), and "kolari" (car accident) as a foreseable consequence.




Le côté amusant de la chose c'est qu'au passage, j'ai retrouvé sur la carte mémoire de l'appareil photo (que j'utilise rarement) des clichés de février dernier, quand nous étions allés avec quelques amis faire de la luge à Kaivopuisto. Je me souviens très bien de ce jour, il faisait -16° et il ventait (le parc est en bord de mer), j'ai d'ailleurs eu mal aux doigts pendant trois jours après avoir retiré mes gants pendant quelques secondes pour prendre ces photos et cette vidéo. A apprécier d'autant mieux...

The funny part in all this is, I found on the memory card of that camera (which I rarely use) some pics that I took last February, when I went to Kaivopuisto for some sledge fun. It was -16°C that day, with a strong wind blowing (Kaivopuisto is on the seaside), and my fingers hurt for three days after I took my gloves out for a few second in order to take pictures and videos. I hope you'll appreciate them even better now.


Sunday, 14 November 2010

Fête des pères, 4ème édition

Décidément, la fête des pères, c'est un vrai souci pour moi. La fête des pères finlandaise, s'entend, celle où je suis invitée de force à fêter par ma présence silencieuse un père qui n'est pas le mien. Ca a été une véritable horreur la première fois, fort désagréable la seconde et supportable la troisième. Je peux donc espérer que les choses ne soient pas complètement insupportables cette fois-ci, vu qu'il semble y avoir une tendance vers l'amélioration, mais je continue à bloquer. 

J'ai un véritable problème avec la définition des relations avec les beaux-parents.  J'ai du mal à comprendre comment on peut considérer que les parents de mon petit ami font partie de ma famille. Je ne les ai pas choisis, il ne m'ont pas choisie, et pour moi la seule chose que l'on ait en commun est leur fils. Ca nous oblige les uns et les autres à être polis pour que Mr Ours n'ait pas à se retrouver dans des situations délicates entre nous, mais le reste est une question d'affinités : on peut devenir amis s'il s'avérait qu'on a des choses en commun, sans que ce soit nécessaire ou automatique.  Je les vois comme des voisins : le fait qu'on partage un pallier peut éventuellement faciliter des relations amicales mais on peut aussi se contenter de se dire bonjour quand on se croise.

Or là, il n'y a visiblement aucune affinité entre les parents Ours et moi. Le problème de la langue est toujours là, j'ai beau apprendre de plus en plus de grammaire et de vocabulaire, j'ai l'impression de les comprendre toujours aussi peu. Mais même sans cela, je n'ai vraiment rien en commun avec eux, et eux ne savent absolument rien de moi. Le père ne me parle pas, en trois ans il ne m'a jamais adressé la parole en-dehors d'un "bonjour" ou "au revoir" quand il ne pouvait pas faire autrement. La mère tente parfois de me parler mais c'est avant tout parce qu'il s'agit, de son propre aveu, d'une bavarde hyper-accueillante, au point d'en devenir vraiment pénible par moments. En-dehors de ça et autant que je puisse en juger, nous n'avons vraiment rien en commun, ni dans les goûts, ni dans le mode de vie, ni dans les idées.

Le bon côté des choses, c'est qu'ils ne sont pas enclins à nous envahir, je dois leur reconnaître ça.  Ils ne mettent pas les pieds chez nous, ne nous offrent des cadeaux que pour Noël, ne téléphonent pas tous les jours, ne demandent pas à connaître mes propres parents.  Ca me rassure quand je constate dans d'autres couples des relations assez fusionnelles entre les deux familles, je ne pourrais pas le supporter. Et puis ils sont gentils, ils aiment leur fils, je n'ai rien à leur reprocher.  Mais je n'ai pas franchement envie de les voir, et quand j'y suis obligée, je m'ennuie comme un rat mort.

C'est pourquoi je ne comprends toujours pas cette obligation de la fête des pères, et malgré de nombreuses discussions à propos de ça avec Mr Ours, je n'ai toujours aucune idée de la raison pour laquelle il m'oblige à aller passer quelques heures chez ses parents à cette occasion. C'est pas comme si on ne se voyait jamais : cette année, j'ai passé un grand nombre de week-ends à construire leur mökki.  C'est pas comme s'ils prenaient plaisir à me voir : quand j'y vais, je reste assise dans un coin à attendre que ça soit fini et personne ne me parle.  C'est pas comme si c'était une obligation sentimentale : ce n'est pas mon père, et la soeur de Mr Ours elle-même ne prend pas la peine de se déplacer ce jour-là. 

Mais Mr Ours pense, lui, que ce serait vraiment mal vu si je ne l'accompagnais pas, que ce serait très impoli, et même, que ses parents seraient tristes si je n'y allais pas. Ca me dépasse totalement. Je ne crois pas que ses parents puissent m'apprécier alors qu'ils ne savent vraiment rien de moi.  Je ne pense pas non plus qu'ils trouveraient ça vexant que je ne vienne pas quand ils ne se vexent pas de l'absence de leur propre fille.  La seule explication que je voie c'est qu'ils s'agit, pour eux et pour leur fils, d'une obligation sociale, d'une norme, qu'il faut que je sois présente lors des réunions familiales parce que je suis la petite amie de leur fils, et ce même si ça ne procure aucun plaisir à quiconque. Et ça, ça me met en colère.  Je n'aime pas les normes gratuites qui n'ont aucun intérêt sinon d'emmerder les gens.

Je ne veux pas faire partie de leur famille, je sais que c'est dur mais c'est une réalité que je ne peux pas nier.  Je ne les apprécie pas plus que des étrangers, ils n'ont jamais rien fait pour moi ni moi pour eux, et on ne se doit rien. J'ai une famille à moi avec qui les liens sont beaucoup plus forts que juste des liens de sang.  Je n'ai aucun besoin d'une autre famille dans laquelle je me sens de toutes façons pas du tout à ma place. Et ils n'ont absolument pas besoin de moi non plus. 

Tout ça pour dire que je m'en vais de ce pas rendre visite aux parents Ours pour la fête des pères, les pieds de plomb et un bon bouquin dans la main, pour la bonne raison que je ne veux pas mettre Mr Ours en colère, lui qui ne me demande pas grand-chose d'habitude. Et puis, aussi, parce qu'il s'agit d'une occasion récurrente pour mesurer l'évolution de ma relation avec eux, un espèce de baromètre annuel de ma non-intégration belle-familiale.  D'une année à l'autre, je laisse ainsi sur ce blog une trace de mes sentiments vis-à-vis de la famille Ours.  Peut-être que dans dix ans, je m'extasierai devant l'évolution de la situation...  Ou mieux, que je me féliciterai d'avoir enfin pu y échapper et d'avoir redéfini mes "obligations sociales" selon mes propres termes.  On peut rêver, bien sûr.

Saturday, 6 November 2010

5 things I've been lied about

I don't know why but recently, I had a sudden flash about my childhool and a few things I used to believe at that time. Things I had been told, I have been taught to expect, things I was looking forward to.  Whatever they tell you, childhood is not the perfect time you tend to remember when you grow older; it's got its frustrations too, and parents, in order to ease them, will make promises that life won't always be able to keep.  Now here is just a little list of those kind of half-lies that I was told and, at almost thirty, I realize will never become true. No hard feelings here, I am rather smiling when writing this, because if it triggered a kind of disappointment as an adult, the hope certainly made my life as a child easier - and then, I was so naive, too...

1.  Now, the obvious one will be this Santa Claus (or Saint Nicolas) story. But that's definitely the kind of lie I am glad I was told, and I don't remember being sad at learning (I don't remember how) that this was all a tale. Christmas evenings and Saint Nicolas days have been my best memories, and I soon discovered that the best part in having younger siblings is, even when you're too grown up to pretend believing in them, you keep on receiving presents. And when you're an adult, you can start making presents, which is great too. The one who invented these traditions definitely had a bright idea.

2.  When I was a child, I truly resented having to work in the evenings, after school, doing homeworks and studying lessons.  I remember one evening working hard on trying to force into my head a stupid lesson about the flower's reproduction system, with crazy scientific names (about five of them) and impossible processes.  That evening, I complained to my parents: why do I need to work still after I come back home, and you don't ? Their answer was very practical : wait when you'll grow up, you won't have to do any homeworks anymore. So I waited. I grew up. I moved on my own, got a job... and realized that this was all a lie: after leaving work, you still have a collection of household tasks to do, the kind of things that, as a child, I thought were made automatically (food grew in the fridge, clothes cleaned themselves in the closets, this kind of things). And now, without even having children to take care of, I find myself with even fewer free time during the week than I had as a child, which is a bitter disappointment. Although, let's be totally honest, after a full day's work, going grocery shopping, cooking and even cleaning do feel like a bliss.

3.  Another problem I faced as a child - and as a teenager - was waking up in the morning. I'm not lazy, I'm just not a morning person. I never missed a morning but I always had a hard time opening my eyes. Once again I complained: why do we need to wake up so early when it's so hard ?  The answer I got was either accusative or full of hope: it's hard because you should go to bed earlier, but anyway, when you'll grow older and work, you'll get used to getting up early and it will be easy.  Now I'm grown up, I've been waking up around the same time every week day for the last ten years, and honestly, it's not any easier. I have tried going to bed earlier too, but it doesn't help. I have learned to drink coffee, I have found a very efficient alarm clock, but in any case, if you let me lie down for a few minutes any time during the morning, I'll fall back asleep within seconds. The way it looks, if I ever get used to waking up early, it won't be before many years - and by that time I'll almost be retired and allowed to sleep.  Life is unfair.

4. "After school, you'll be able to choose the job you want to do." That I've heard plenty of times, and believed in it, too. Now I would like to make a poll and ask a thousand of people in every kind of situation: if you could chose any job in the world, would it be the one you're doing now ?  I'm guessing I'd get an overwhelming majority of "no". I'd find it fair to tell children instead: "you probably won't do the job you're dreaming of, but keep on trying, it might happen.  And if it doesn't, don't worry, you'll get used to the job you'll get and whatever it is, you'll be able to build yourself a nest of happiness." That's more what life is like, and I don't see why we should try and hide it to our kids.

5.  Speaking of kids, I had that long period as a teenager when I claimed loudly that I'd never have children. The usual answer would come with an incredulous/you-don't-know-what-you're-talking-about kind of look : "When you grow up, you'll want to have babies, you're just not mature enough now". Well, I'm thirty, a lot of people around me are having children, and I can see one thing: they're all complaining. They wanted the kids all right, but once they have them, their life becomes a daily misery. Check your facebook account, reader, have a close look at the status of those of your friends who have young children, and you'll see what I mean.  As for myself, I'm thinking I'll have some children some day, but mainly because the baby/child state is a necessary step before you get the fun of living with someone who resembles you a little, loves you a lot, and whom you can assist in building a personnality. That doesn't come before the age of 10, I think. So that really destroys the old idea that I'll want to have babies. Plus, I assume that if you're supposed to be "mature" before you wish for something, it means that that wish is not much fun.

What about you, readers ?  What kind of lies were you told as a child ?