Saturday, 28 November 2009

[Mes lectures] Sous le cèdre, de Catherine Thomas-Anterion

Toujours dans mon objectif de varier les styles de lectures, je viens d'en tester un radicalement différent et qui manquait encore à mon palmarès: la poésie. J'ai lu "Sous le cèdre" grâce à un partenariat entre Livraddict et Les Editions Baudelaire. Une découverte pour le moins intéressante, puisque ça fait bien longtemps que je n'avais pas abordé ce genre littéraire.


Résumé:

"Sous le cèdre invite à s'abriter sous l'arbre majestueux, pour chercher l'ombre, se protéger de la pluie, ou regarder la lumière à travers les branches horizontales. (...) L'écriture tantôt travaillée comme la laque déposée en plusieurs couches pour augmenter la brillance, tantôt simplifiée à l'extrême, invite le lecteur à comprendre de quel bois il est fait. Le voyage poétique solitaire révèle l'expérience fabuleuse d'être en symbiose avec l'autre, si proche et si dissemblable, au point d'être une espèce différente, et ce pour un bénéfice mutuel: Sous le Cèdre, je profite de la fraîcheur, regarde couler la sève dans mes artères (...) et permets aux branches de s'élever en massant les racines."


Mon avis:


D'habitude, lorsque je commente un livre sur ce blog, je m'amuse à vous proposer un résumé personnel; je prends plaisir à présenter l'histoire telle que je l'ai ressentie, en quelques mots bien choisis, un petit exercice intéressant qui me permet de rassembler mes impressions de lecture. Pourtant, cette fois-ci, c'est la quatrième de couverture que je vous soumets. Tout simplement parce que je serais incapable de vous résumer un livre dans lequel je me suis perdue.

Au début, je n'ai pas mesuré le danger. Je savais qu'il s'agissait de poésie, un genre que je connais peu, mais que j'ai toujours abordé très simplement: en commençant par le début et en attendant de me laisser bercer. Ma recette pour toutes les lectures, en fait. Et ça a très bien fonctionné pour ce qui a constitué mon expérience très limitée dans le monde de la poésie: Baudelaire, Rimbaud, Prévert... De grands classiques très scolaires que je parcours encore pour le plaisir, tout en sachant très bien qu'ils ont depuis lors été remplacés par une poésie plus libre.

En ouvrant ce recueil-ci, j'ai découvert une oeuvre divisée en textes d'une page en moyenne, eux-mêmes composés de paragraphes d'une à trois phrases à peu près. Des titres mais pas de rimes ni de rythme. Et au bout de trois ou quatre textes, j'ai constaté que c'est tout ce que j'en retenais: la forme, parce que le contenu ne m'atteignait pas.

J'ai donc recommencé, plus lentement, plus attentivement. J'ai fait l'effort de m'arrêter après chaque paragraphe, de le relire sans trop me forcer mais en prenant le temps de visualiser chaque phrase. J'ai persévéré pendant une quinzaine de textes, un tiers du recueil environ, puis j'ai renoncé encore une fois: visiblement, ma technique n'était pas la bonne. J'arrivais à situer le sens d'un mot, parfois le sens d'une phrase, très rarement le sens d'un paragraphe et jamais celui d'un texte. Plus l'ensemble grandissait, plus il me paraissait flou; pas le flou agréable, celui où l'on nage dans l'ignorance cotoneuse tout en sentant le sol ferme de la compréhension sous ses pieds, mais le flou total, le grand vide du trou noir. Au niveau de l'ensemble le plus grand, le recueil, j'étais dans l'obscurité totale.

J'ai donc à nouveau raffiné ma technique et j'ai repris depuis le début. Cette fois-ci, j'ai analysé. J'ai lu chaque texte, souligné, pris des notes, mis en rapport les champs sémantiques avec le titre, comparé la longueur des paragraphes, leurs enchaînements. D'un texte à l'autre, j'ai recherché les différences, les contours, les raisons qui faisaient que telle phrase avait sa place ici, telle autre sa place là-bas. J'ai adopté une optique scolaire. Et j'ai découvert certaines choses, certaines phrases qui avaient du sens, une certaine logique dans certains textes. Le texte "l'air traversé" parle de la nature à chaque paragraphe, celui intitulé "les jours heureux" rassemble de nombreux mots exprimant des sentiments agréables, et "le chant des oiseaux" alterne des passages sur les oiseaux, la musique ou les bruits. J'ai aussi noté une certaine symétrie entre le début et la fin du recueil: un premier paragraphe "sous un grand pin foudroyé", qui mentionne l'hiver et les larmes; un dernier paragraphe "sous le Cèdre", décrit un moment qui rappelle le printemps.

Pourtant, au terme de l'analyse, force me fut de constater que ce ne devait pas être la bonne méthode non plus, puisqu'elle ne marchait que par intermittence. Le texte "les merveilleux nuages" ne mentionne pas le moindre nuage, celui qui s'intitule "Cyrius" ne m'a pas donné le moindre renseignement sur le sens de ce mot, et quand parfois je sens un contexte s'esquisser au fil des phrases, c'est pour qu'il soit totalement hors-propos au paragraphe suivant.

Alors j'ai repris à nouveau ma lecture, non plus du début à la fin, mais en toute liberté. J'ai ouvert une page au hasard, je l'ai lue à haute voix, j'ai cueilli une phrase un peu plus loin, je l'ai suivie sur quelques paragraphes, je l'ai abandonnée quand je n'y ai plus trouvé mon compte, j'ai dérivé de pages en pages. C'est finalement la méthode qui m'a parue la plus satisfaisante. J'ai pêché de très jolie phrases qui, prises individuellement, m'ont beaucoup satisfaite, et je les ai sorties de leur contexte que je ne comprenais pas. Quelques exemples:
Enfermée, j'ai gardé au chaud des pépins de vie. J'ai maintenant tant à semer.

Sur le mur, une fine couche de neige. Dans mon coeur, le crépitement du feu.

Le doute est un poison que le goût amer révèle à temps.

Je suis folle à délier.

Tes mots ne me quittent plus, je les porte en écharpe et ils sont plus doux que des bas de soie.

Pourtant, ce ne sont là que des bribes; je ne peux citer un seul texte que j'aurais envie de relire en entier. Je me sens un peu moins coupable quand je lis de l'auteure que "son écriture est à la fois profonde (hermétique et secrète) et très concrète comme la parole simple." Je ne peux qu'approuver: des mots simples, oui, mais un sens global hermétique. Secret aussi, car j'ai eu souvent l'impression que tout ceci n'a été écrit que pour une seule personne, un lecteur privilégié qui sait de quel cèdre il s'agit, à qui le mot Cyrius rappellera quelque chose. Moi, au-delà d'une phrase ou deux, je me suis sentie laissée à l'écart.

Au total, je peux affirmer que ces textes-là m'ont laissée dans la marge. Ce que j'ignore encore, c'est si le recueil en est la cause, ou si je suis tout simplement trop cartésienne pour ressentir toute la qualité d'une poésie libre. J'ai un peu perdu pieds pour ce premier plongeon, mais peut-être faut-il encore que j'apprenne à nager ?

Friday, 27 November 2009

[Mes lectures] Les 1001 vies de Billy Milligan, de Daniel Keyes

Je continue ma petite exploration des genres littéraires les plus variés avec, cette fois-ci, ce qu'on pourrait appeler un "docu-fiction". Ce livre décrivant une histoire vraie m'avait été recommandé récemment par des membres de Livraddict; aussi quand le Livre de Poche nous en a offert une dizaine d'exemplaires au mois d'octobre, j'ai sauté sur l'occasion !


Résumé:

Ohio, 1977. William Stanley Milligan est arrêté pour le viol de trois jeunes femmes. Des preuves irréfutables l'accusent, mais lui dit ne se souvenir de rien. Devant son comportement étrange, ses avocats demandent une expertise psychiatrique. Les médecins se rendent alors compte qu'ils n'ont pas affaire à un seul homme, mais à de multiples personnalités qui se partagent le même corps. Devant leurs yeux, Billy se transforme en Arthur, l'Anglais autain et raffiné; Ragen, le Yougoslave violent à la force physique impressionnante; Adalana, la lesbienne en manque d'affection; David, le petit garçon qui prend sur lui toute la douleur des autres... En tout, 24 personnalités différentes qui cohabitent sans toutes se connaître, qui prennent à tour de rôle le contrôle de Billy sans savoir ce que les autres lui ont fait faire et qui dirigent sa vie chaotique depuis de longues années.



Mon avis:

Cette histoire carrément époustouflante est difficile à lâcher quand on a commencé, et personnellement j'ai été hypnotizée du début à la fin.

Le livre est divisé en trois partie. Dans la première, l'auteur décrit les faits qui ont mené à l'arrestation de Billy, puis la découverte de ses personnalités multiples, son procès et une partie des soins psychiatriques dont il a fait l'objet, jusqu'au moment où apparaît une personnalité qui connaît l'entièreté de l'histoire de Billy et qui peut donc la raconter. Dans la deuxième partie, on reprend donc son histoire depuis sa jeunesse, on assiste à l'apparition des différentes personnalités et à la vie tumultueuse de Billy qui le mène aux viols. Enfin, une troisième partie, plus courte, reprend l'histoire à partir de là où on l'avait laissée à la fin de la première: la suite de ses soins psychiatriques, l'emballement médiatique autour de son cas et son enfermement en centre pénitentiaire.

L'ensemble est raconté sur le ton des livres de Pierre Bellemare, le côté sensationnel en moins: l'auteur décrit les faits en romançant légèrement les réactions des personnages, mais surtout en nommant scrupuleusement tous les intervenants et en détaillant les enchaînements d'actions et d'événements. On lit presque un compte-rendu journalistique, à la fois froid et captivant. Très vite, la surprenante maladie de Billy est dévoilée, et on se demande un peu comment l'auteur va réussir à tirer plus de six cent pages quand les personalités multiples s'expliquent dès les premiers chapitres et que son procès est bouclé avant la deux-centième page.

Mais tout le talent de Daniel Keyes est là: sur la base de ses nombreux entretiens avec Billy, il a su reconstituer toute sa vie, ou plutôt toutes ses vies. Et on est carrément bluffé. On suit toute son histoire comme on lirait un roman de science-fiction, un peu comme dans la vieille série américaine "Code Quantum", où une expérience scientifique malheureuse envoie le héro prendre la place d'individus variés dont il doit changer le destin. Très vite, on oublie que Billy n'est qu'une seule et unique personne, on voit à travers ses yeux et on comprend très bien le désordre de sa vie.

Là où Daniel Keyes fait également preuve de génie, c'est quand il nous permet de suivre toutes ses aventures sans trop se perdre au milieu des nombreux intervenants. Il y a bien quelques noms qui nous échappent, mais les principaux sont vite identifiés et repérés sans effort. C'est particulièrement impressionnant quand on se rend compte du mic-mac des différentes personnalités de Billy: il y a celles qui dominent, celles qui se cachent, celles qui sont bannies, celles qui connaissent certaines autres mais pas toutes... Un vrai système logique et compliqué, mais que l'on découvre progressivement sans jamais s'y perdre. Notez quand même qu'il y a un glossaire des personnalités de Billy à la fin du livre, mais forcément, je ne l'ai vu que quand j'ai terminé ma lecture...

Bref, une histoire vraie difficile à croire et absolument passionnante, bien écrite et extrêmement bien documentée. On en sort bouche bée avec l'envie de la raconter à tout le monde.

Je n'ai que deux critiques à émettre sur ce livre: la première, c'est le parti-pris résolument en faveur de Billy qui est affiché par l'auteur, surtout dans la troisième partie. Non seulement il ne remet jamais en cause l'existence des personnalités multiples (ce qui semble normal si elle est attestée par pas moins de cinq spécialistes et s'il est persuadé de les rencontrer lui-même), mais il a tendance à subtilement présenter sous un jour négatif ceux qui prennent Billy pour un manipulateur et la populace qui réclame justice pour les viols ou craint pour sa sécurité. Dans une description aux apparences objectives, un petit mot peut faire beaucoup pour aliéner le lecteur à un personnage, et plusieurs de ces petits mots parsèment les compte-rendus des passages devant la cour dans la troisième partie du livre.

Une autre petite critique que je ferais est un manque de soin dans l'édition: j'ai repéré une bonne dizaine d'exemples où il manquait un espace, un point, ou deux mots étaient collés ensemble, et c'est un peu dommage même si ça n'handicape pas la lecture.

Bref, je vous recommande la lecture de ce livre, non pas si vous cherchez un beau morceau de littérature, mais si vous vous souhaitez découvrir ce destin qui sort vraiment du commun.

Pour finir, un passage où l'on discerne bien l'ensemble des personnalités réagissant de façons différentes alors que Billy est seul:

On le jette dans une cellule, nue en dehors d'un matelas recouvert d'une alèse de matière plastique, et l'on referme la porte sur lui. En l'entendant claquer, Ragen bondit. Il va l'enfoncer ! Mais Arthur arrête son geste. Samuel s'empare du projecteur et tombe en prière: "Oy Veh ! Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?" Philip se rue contre la porte en jurant et c'est David qui prend sur lui la douleur. Christine sanglote, à plat ventre sur la paillasse et Adalana sent les larmes qui ruissellent sur ses joues. Christopher s'assied sur son séant et tripote le bout de ses souliers. Tommy entreprend d'examiner la serrure de la porte mais Arthur le tire à l'écart du projecteur. Allen demande à parler à son avocat. April, qu'anime un désir de vengeance, rêve qu'elle met le feu à l'hôpital. Kevin pousse des jurons. Steve l'imite. Lee rit aux éclats. Bobby imagine qu'il s'envole par la fenêtre. Jason pique une violente colère. Mark, Walter, Martin et Timothy arpentent la pièce en divaguant. Shawn émet un bourdonnement. Arthur ne dirige plus les indésirables.

Merci au Livre de Poche pour cette lecture qui m'a beaucoup plu, et à Livraddict pour avoir organisé ce partenariat !

Thursday, 26 November 2009

Small victories

I've recently realised that French is taking over English around these pages. I can't argue anymore that it's my only chance to use my mother language: most of my friends in Helsinki are French speakers (weird, I know) and online I spend a lot of time writing and reading French, so I don't really miss it anymore. The thing is, I started writing my personal notes about books I've read, and since I have connected with French-speaking litterature bloggers, those notes need to be in French. I also created a new habit of presenting every Wednesday an interesting blog I like to follow, and I also made it in French. These two categories have produced most of my posts these last two months, so although I kept writing in English when I had a chance, the language is receeding around here.

Nevermind, I promise I'll still keep you posted with the latest developments of my life in Shakespeare's language. And I'll prove it now: here is a small list of my recent daily victories.

Last Saturday, I spent an afternoon playing boardgames with friends, and later I met them for a dinner in a typical Finnish restaurant and a tour of surrounding bars. We were celebrating a birthday. My victory was to avoid spending an insane amount of money (as can easily happen when you go out in Helsinki) and to maintain a tolerable level of alcohol consumption.

Sunday, I cleaned up the appartment, which really needed it. It's now completely spotless (victory n°1). I also managed to avoid going to Mummy and Daddy Bear's house, although Mr Bear was very insistent. I kept my ground and I'm proud of it (victory n°2, good job for a Sunday). I don't think Daddy and Mummy Bear are upset, they had me delivered two pieces of pie - they have noticed by now that I eat twice as much as they do.

Monday, my victory was: surviving to the movie 2012. I was expecting a totally uninteresting display of the worst kind of high budget US cinema, but Mr Bear really wanted to go. I was right: it was a totally uninteresting display of the worst kind of high budget US cinema, something along the lines of Armaggedon and The day the Earth stood still. Special effects were good, though. The only part that I found a little original was a short moment when two Tibetan characters - a mother and her son - are having a conversation. The mother is about to chop off the head of a chicken. Thoughout their whole conversation, you can't take your eyes away from the axe she's holding high, wondering when she'll let it down, which adds some funny suspense. Especially for me who didn't catch a word of what they were saying in Tibetan with subtitles in Finnish and Swedish.

Tuesday, I managed to write a small text in Finnish within about 30 minutes. It's a victory because I usually take about 2 hours. But you're under pressure when you leave it for the last moment and you end up waking up two hours late because your alarm unexpectedly switched off.

As for Wednesday (yesterday), my victory consisted in remembering just on time an important paper to fill in and send. I thought I still could do it until the end of the month, but the deadline was actually this afternoon. For once, I realised it a few hours early, and not a few hours late as usual.

Now I don't know if that was interesting at all for any reader, but never mind; if you just want to know how I feel, the fact that I'm counting daily victories might tell you something.

Wednesday, 25 November 2009

[Le blog du mercredi] L'actu en patates

Ce mercredi-ci, j'ai choisi de vous présenter un blog dans la catégorie "bandes dessinées", pour varier un peu. Je suis pas mal de blogs de ce type, que ce soient des dessins humoristiques, des planches complètes, des dessins individuels, des billets d'humeur... Je n'ai donc que l'embarras du choix, et je compte en mettre un en valeur de temps en temps !

Le premier, ce sera donc "L'actu en patates" du dessinateur Martin Vidberg. Vidberg croque l'actualité politique (française, principalement) en représentant les personnages sous forme de "patates humanoïdes": un petit corps allongé, deux jambes et deux bras noirs, quelques petits accessoires, et le tour est joué. Pourtant, ce n'est ni simpliste ni anonyme: ses dessins sont très agréables, et bizarrement on reconnaît facilement les personnages politiques les plus importants.

J'aime donc beaucoup ses dessins, mais aussi son humour sarcastique: Martin Vidberg ne rate pas la moindre incongruité dans l'actualité, et en quelques traits et deux ou trois bulles nous fait sentir l'ironie de certaines situations. Il n'est pas nécessaire d'être tous les jours derrière son journal (français) pour comprendre son humour, car il accompagne toujours ses dessins d'un petit texte explicatif.

Bref, un très joli "cartoon" que je vous conseille, d'autant plus qu'une nouvelle image est en ligne chaque jour ! Et si ça vous plaît, Vidberg a aussi mis en ligne de nombreuses planches d'un album, "Everland", basé sur une vision humoristique de la vie de naufragés sur une île déserte. A déguster en dessert...

Deux exemples de dessins sur "L'actu en patates" de ces derniers jours:



3 fois rien pour la police, 3 fois plus pour les syndicats








Faut-il autoriser l'arbitrage vidéo ?

Friday, 20 November 2009

[Mes lectures] Perdre est une question de méthode, de S. Gamboa.

Je pense que dans cette rubrique "mes lectures", je ne vous ai pas encore présenté un vrai roman policier, si ? Il y a bien eu "Coule la Seine", mais c'était un recueil de nouvelles. Il y a eu aussi "Mercy Thompson", mais l'intérêt réside plutôt dans le côté "bit-lit" que le côté "thriller". Alors ça y est, voici enfin un vrai roman noir, un policier un peu bizarre, d'un auteur colombien en plus de ça. Encore une découverte due au pur hasard des partenariats proposés par Livraddict, cette fois-ci en collaboration avec son partenaire les Editions Points.


Résumé:

Victor Silanpa, la quarantaine désabusée, est journaliste criminel à Bogota. Grâce à sa collaboration avec le commissaire Moya, il arrive en même temps que la police sur les lieux d'un crime particulièrement crapuleux: au bord du lac du Sisga, un homme a été empalé et crucifié. Tandis que la police peine à identifier la victime, Silanpa mène de son côté une enquête difficile. Sa vie privée déjà chaotique devient réellement compliquée, et tandis qu'il perd peu à peu la femme qu'il aime, il s'enfonce rapidement dans une histoire dangereuse mêlant de riches entrepreneurs immobiliers sans scrupules, un club de naturisme et une mafia de politiciens et hommes d'affaires véreux.


Mon avis:

Comme d'habitude, je me suis lancée dans cette lecture sans du tout savoir à quoi m'attendre, et comme souvent, il y a du pour et du contre. Dans ce cas-ci, deux gros points positifs, plusieurs petits points négatifs, et quelques points sur lesquels je m'interroge encore.

Pour commencer par le positif, je dois dire que j'ai adoré ce qui fait une des grandes spécificités de ce livre: la plongée dans le monde colombien. Cette histoire se passe entièrement à Bogota et dans ses alentours, elle est écrite par un auteur colombien qui décrit le monde qu'il connaît sans essayer de nous le présenter sous son meilleur jour, sans non plus tomber dans les clichés, et avec lui on se perd dans les petites rues sombres comme si on y habitait. La découverte est parfois lugubre, parfois comique, toujours envoûtante. J'ai adoré plonger dans l'atmosphère d'un pays et d'une ville à l'opposé de ceux que je connais: anarchiques, corrompus, spontanés, violents et accueillants à la fois. Les règles ne sont pas les mêmes, les maffieux se pavanent dans les meilleurs hôtels, les prostituées côtoient le luxe, tout s'achète et tout se négocie, la loi du plus fort est la règle mais les inconnus deviennent amis pour un rien. Ce livre ne donne peut-être pas envie de passer ses vacances à Bogota, mais il en laisse certainement une image précise à l'esprit.

Une autre chose que j'ai beaucoup aimé, ce sont les personnages, surtout ceux qui se rangent du côté du héro. Ils ne tombent pas dans les archétypes du roman policier, sont crédibles et attachants chacun à leur façon. Il y a d'abord Silanpa lui-même: ses hémorroïdes, sa poupée qui lui tient compagnie, sa fidélité pour son ami Guzman, son sale boulot qui lui fait honte, ses tendances alcooliques et surtout ses sentiments si profonds pour Monica en font un héro auquel on peut facilement s'attacher, un mec bien mais bien réel, un sensible dans un monde de brutes. La jeune Quica est touchante de naïveté, elle fait penser à une enfant qui se débrouille comme elle peut dans une vie où elle est née sans atouts. Estupiñan est comique, plein d'entrain, efficace et presque toujours joyeux, un petit souffle frais dans les moments les plus sordides. Ce sont des personnages hors-normes, décrits uniquement par leurs actes et leurs paroles, mais dont on se fait une image assez précise sans cette impression de déjà-vu que je déteste. Une belle réussite. Les méchants sont bien méchants aussi, mais sans exagération, pour la plupart ce sont surtout des arrivistes sans scrupules ou coincés de tous côtés et qui croient que pour l'argent tout est permis, pas de vrais sadiques. Encore une fois, des nuances que j'apprécie dans un roman surtout basé sur l'action.

Parmi les points négatifs, celui qui m'a posé le plus de problèmes c'est la difficulté que j'ai rencontré à distinguer les personnages dans la première moitié du livre, et à discerner leurs rôles. Les noms espagnols m'étant très peu familiers, j'avais tendance à les confondre, surtout quand le même personnage était désigné par son nom ou par son prénom suivant les interlocuteurs. Il a plusieurs fois fallu que je retourne en arrière pour resituer un intervenant. En plus de ça, parmi les méchants, ça a longtemps été le chaos: impossible de savoir qui faisait quoi, qui était en relation avec qui. Leurs conversations étaient sybillines, et toujours présentée sans préciser le nom de l'interlocuteur à qui correspondait telle réplique, ce qui fait que dans les dialogues un peu longs j'étais perdue à tous les coups. On sent le ton aggressif ou supérieur, mais sans savoir qui exactement l'emploie, frustrant ! On sait très vite qu'une histoire de terrains est en cause et que quatre ou cinq personnes sont impliquées, mais on ne comprend rien de plus avant la moitié du livre, malgré de nombreux passages où l'on sent que l'on pourrait glaner des informations.

Au point de vue de l'intrigue, elle est plutôt lente pour un roman policier. Le héro est longtemps perdu, et si nous en savons un peu plus (mais à peine), on se demande pendant la moitié du livre où tout ceci va nous mener. D'autant plus que la victime principale est vite oubliée: de fil en aiguille, on se retrouve au milieu d'un mic-mac immobilier, et ce n'est que tout à la fin qu'on apprend enfin qui a été tué et pourquoi. D'ailleurs les péripéties de cet assassinat rocambolesque sont dévoilées en une fois, brusquement, grâce à des documents retrouvés un peu par hasard. Alors qu'au début du livre on s'attend à un parcours sanglant à la recherche d'un meurtrier sadique, après avoir tourné la dernière page on se rend compte que l'empalé du début n'était qu'un déclencheur pour une intrigue beaucoup plus terre-à-terre. Ca ne m'a pas particulièrement dérangée, mais j'ai quand même été un peu déçue du dénouement.

A partir du chapitre 3, un chapitre de temps en temps est narré par le commissaire Aristophane Moya, qui raconte sa vie en relation avec la gastronomie dans le but d'entrer dans un club qui va l'aider à maigrir grâce à la religion. Mes impressions sur ces chapitres ont varié en cours de lecture. Au début je me suis dit: "mais qu'est-ce que ça vient faire là ?". Ensuite j'ai plutôt apprécié ces petits intermèdes bien racontés, assez humoristiques, qui offraient un peu de fraîcheur dans une histoire autrement assez sordide. Mais au fur et à mesure que j'avançais vers la fin, j'en suis venue à me demander à nouveau quelle était l'utilité de toute cette histoire. La toute dernière partie m'a offert la solution tout en me décevant: le lien qui relie l'intrigue principale avec cette narration secondaire est finalement très ténu, j'aurais préféré que l'auteur trouve un "prétexte" un peu plus solide pour nous raconter la vie et les repas d'Aristophane Moya.

Au niveau du style, j'ai apprécié le côté très vivant, même si ça complique un peu la lecture: les enchaînements sont parfois sous-entendus, les interlocuteurs sont de temps en temps difficiles à discerner. J'ai repéré quelques traductions un peu bizarres, comme "Garde du corps" pour le film "Bodyguard" (présenté sous ce nom en français), ou "les bois" pour parler des montants du goal de football. D'autre part, l'explication du titre du livre est terriblement légère, c'est une citation qui n'a pas grand-chose à voir avec l'histoire, même si on essaie de l'appliquer au personnage principal. Et puis, petit détail, une fois le livre terminé on se rend compte que la quatrième de couverture est bourrée d'erreurs: Silanpa est journaliste avant d'être détective (alors qu'il est écrit l'inverse), on y dit qu'il est aidé de Quica dont il est "sous le charme" alors qu'en réalité c'est Estupiñan qui l'aide dans son enquête et il est sous le charme de Monica... Ca fait beaucoup d'erreurs sur trois phrases.

Au total, je donne peut-être l'impression d'avoir vécu une lecture pénible, mais c'est loin d'être le cas: j'ai passé un assez bon moment. Je n'ai pas vécu ma meilleure expérience de lecture, mais j'ai beaucoup aimé découvrir une plume et une atmosphère vraiment originales, et c'est quelque chose que j'apprécie d'autant plus que j'ai souvent été déçue des romans policiers qui reproduisent sans cesse les mêmes recettes. Au final, je pense que si je croise un autre roman du même auteur, je ne le laisserai pas filer avant de l'avoir lu. C'est bon signe, non ?

Pour finir, un petit passage, peut-être pas vraiment représentatif de l'humeur générale mais qui m'a vraiment fait sourire, coincé entre un viol manqué et une course-poursuite:
Dans la rue, c'était le déluge. Elle arrêta un taxi et lui donna son adresse puis eut un regret et demanda au chauffeur:
- Vous faites des courses en dehors de Bogota ?
- Oui, à condition qu'on me paye le double de ce que marque le compteur plus un forfait parce que je franchis le périmètre urbain, une taxe parce que je m'éloigne des êtres qui me sont chers, et un viatique pour les repas. A quoi il faut ajouter une petite somme pour l'assurance maladie et accident, plus une taxe de risque si c'est une zone de guerrilla ou de paramilitaires.
- C'est près du Sisga.
- Un instant, je regarde. Je crois qu'il y a une épidémie de dengue par là et... il n'y a pas aussi un front des FARC ?

- Je paie ce qu'il faut, mais on y va.
- Je dois vous dire, Madame, que vous aurez à payer la taxe d'éloignement. Le Sisga n'est pas loin mais il faut que je vous prévienne que je suis très famille.

- Je vous ai dit que je paierai ce qu'il faut.

Thursday, 19 November 2009

Mes challenges lecture

Toute nouvelle dans le monde de la blogosphère littéraire, je découvre ses rites et ses habitudes. Je constate notamment que tout y est prétexte pour découvrir de nouvelles lectures. L'un des rituels les plus courants est celui des challenges. En fin d'année, ces défis littéraires fleurissent sur la toile, et il faut juste faire attention à ne pas se laisser prendre trop souvent.

Le principe est simple: l'organisateur/trices propose un thème et une série de livres correspondant, et ceux qui s'inscrivent s'engagent à lire un certain nombre de ces livres, généralement dans un délai d'une année. Le participant mentionne le challenge sur son blog et l'organisateur/trice répertorie les résultats des participants. C'est une façon de se mettre au défi en groupe et d'ordonner ses découvertes autour d'un thème commun.

J'ai été raisonnable (pour le moment) et j'ai choisi de suivre deux challenges différents et complémentaires.

Le premier est celui proposé par Boubou, le challenge "100 ans de littérature américaine" consacré à la littérature US du XXème siècle. J'ai immédiatement craqué dessus parce qu'il me convient particulièrement. D'un côté, un très bon ami canadien étudiant en littérature anglo-saxonne ne cesse de me présenter des oeuvres classiques à découvrir, et grâce à lui je sais que de toutes façons je lirai de la grande littérature américaine, alors pourquoi ne pas en faire un challenge ? D'un autre côté, pratique celui-là, en ces temps de vaches maigres je peux commander facilement les classiques anglo-saxons sur internet et en éditions bon marché, ce qui est un avantage non négligeable. J'y ai quand même été prudemment et je me suis engagée pour six livres sur un an. Ce n'est pas énorme, mais je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, et avec tous les partenariats et les livres recommandés sur livraddict, il y aura sûrement de la concurrence...



Le second challenge auquel je participe, c'est celui organisé par Livraddict pour 2010. Là, le principe est de choisir les livres à lire dans la liste des 100 livres les mieux classés sur la bibliothèque virtuelle Bibliomania. La liste a été déterminée dimanche passé, et il y a beaucoup de titres que j'ai déjà lu, certains qui ne m'intéressent pas réellement et quelques-uns que je voulais lire de toutes façons. Du coup là aussi je vais la jouer prudente et m'engager pour six livres, titres à déterminer au fur et à mesure en fonction de mes envies. Je vais essayer de privilégier la littérature francophone comme ça j'aurai un challenge en anglais et un challenge en français. Quand je vous dis que ces deux-là sont complémentaires...




Voilà, affaire à suivre, et rendez-vous dans un an pour le bilan !

Wednesday, 18 November 2009

[Le blog du mercredi] Le myspace de Florian Etienne

Seulement mon troisième "blog du mercredi", et je déroge déjà à mes propres règles en présentant non pas un blog en tant que tel, mais une page myspace. A ma décharge, il faut avouer que cette page est régulièrement mise à jour, ce qui peut l'apparenter à un blog. Et puis j'ai une raison particulière pour en parler aujourd'hui.

Cette page, donc, c'est celle de Florian Etienne, que ceux qui me connaissent, connaissent probablement aussi. Ce beau mâle est un ami à moi, cher bien que distant, et je le connais depuis maintenant dix ans. Il a un tempérament passionné, un talent pour la composition de paroles et une très belle voix, ce qui l'a poussé tout naturellement à devenir chanteur. Dans ce milieu très hostile, il a eu la chance il y a deux ans d'être sélectionné pour le rôle de Marc-Antoine dans la comédie musicale de Kamel Ouali, Cléopâtre. Ce rôle lui a permis de percer dans le milieu, mais ce serait mal le juger que de l'identifier aux chansons qu'il interprète avec cette troupe. Florian est en train de se créer son propre style, romantico-rock, le but avoué étant de sortir son propre album dans un avenir plus ou moins proche. En attendant, il se produit sur des petites scènes parisiennes.

Et justement, le voilà qui exceptionnellement débarque à Bruxelles... justement le jour même où je reviens en Belgique pour les vacances de Noël ! C'est le 23 décembre, il sera à partir de 20h15 à la salle "Au B'Izou" à Anderlecht. Il y interprétera son propre répertoire dans une ambiance intimiste. En ce qui me concerne, je ne manquerai pas cette chance de l'entendre et puis de le voir... Et j'y retrouverai aussi une ancienne collègue qui justement vend les tickets ce soir-là, encore un signe que je ne pouvais pas manquer cette occasion.

Mais bien sûr, plus on est de fous, plus on rit ! Amis bruxellois, qui veut venir assister à son spectacle en ma compagnie ? Les tickets sont à 12 euros, je peux faire la réservation pour vous, il suffit de me laisser un message dans les commentaires où de m'écrire un mail si vous connaissez mon adresse. Si vous voulez savoir à quoi vous attendre au point de vue musical, n'hésitez pas à aller jeter un oeil à la page myspace de Florian; vous y trouverez des photos, des vidéos, et plusieurs de ses chansons disponibles en streaming. Et comme ça, en plus, je reviens mine de rien sur le sujet principal: un blog à vous faire découvrir ce mercredi ! :)



Monday, 16 November 2009

Mon premier tag: 7/7

Deux ans de blog, plus ou moins privé, et je suis parvenue jusqu'à maintenant à passer entre les tags. Il fallait bien qu'un jour ou l'autre l'un d'entre eux me tombe dessus, et en une semaine, me voilà taguée deux fois ! Je prends ça comme un honneur et je m'en vais de ce coup de clavier relever le défi (un à la fois quand même...).

Pour les personnes non-initiées aux subtilités lexicales de la blogosphère, un "tag" est un questionnaire auquel on répond sur son blog, après quoi on a le droit de renvoyer la patate chaude en "taguant" quelqu'un d'autre. J'ai été taguée par Pauline, qui me met au défi de répondre à la question: quelles sont les 7 nouveautés qui vont faire vibrer mon automne ? Passons sur le fait que l'automne est fini depuis longtemps par ici, et profitons de l'occasion pour donner quelques nouvelles sur ma petite vie.

Sept nouveautés, donc:
  1. J'ai un nouveau vélo ! Ca a vraiment fait vibrer mon automne, même si je l'ai acheté tard dans la saison. Le vélo me manquait et j'ai découvert de très beaux coins que je compte explorer plus en profondeur l'été prochain.

  2. Je me suis mise au babysitting. Ceux qui me connaissent risquent d'être un peu étonnés, vu que je n'ai pas l'habitude de trop approcher les enfants... Mais là je suis tombée sur une famille de Bruxellois très sympathiques, à la recherche d'une babysitter francophone pour leurs petits monstres de 4 et 6 ans. Je m'entends très bien avec les enfants et c'est un vrai plaisir de les voir, j'espère qu'ils auront encore longtemps besoin de mes services. Au passage, c'est la première fois que je décroche un petit boulot via twitter, je ne savais pas que c'était possible.

  3. Je ne sais pas si on peut appeler ça "faire vibrer mon automne", mais j'ai enfin compris qu'à ce stade, je ne trouverai pas de boulot dans le milieu des cabinets juridiques finlandais. J'ai tout essayé, les stages, les emplois de toutes sortes, les "open applications", rien n'y fait; je pense qu'ils n'ont pas confiance en mon éducation étrangère. Du coup, je me réoriente vers la recherche, là au moins j'ai ma chance.

  4. Le pluriel finnois a vraiment fait vibrer mon automne, et il continue. Bien qu'on ait vu toute la théorie en cours, je ne maîtrise pas encore dans la pratique, je dois bien avouer. Mais ça viendra.

  5. Mon maître de thèse me prend enfin au sérieux ! Ca, ça change tout. Depuis deux ans il répond rarement à mes mails et n'est jamais là quand je veux le voir, mais j'ai accidentellement trouvé le truc: après avoir manqué de décrocher une bourse pour laquelle j'avais beaucoup d'espoir, dans un moment de déprime j'ai laissé entendre que je laisserais tomber ma thèse par manque de financement. Apparemment ça l'a secoué, et depuis lors il m'invite à des réunions, m'oriente dans mon travail et me cherche activement des sous. J'ai enfin l'impression d'avancer, et j'ai bien compris l'astuce: je ne le lâche plus !

  6. Ces temps-ci, mon automne (hiver) est parsemé d'activités les plus diverses: cinéma, sorties, anniversaires, "pikkujoulut" (petits noëls)... Mon agenda est plein pour les week-ends à venir, et ça risque de continuer encore un petit temps. Sortir est la meilleure façon d'occuper les longues nuits d'hiver, si vous voulez mon avis.

  7. Enfin, une dernière chose qui a vraiment fait vibrer mon automne: livraddict ! Je vous en ai déjà parlé, depuis un peu plus de deux mois je fais partie de l'équipe de ce super site consacré à la lecture. Du coup je passe pas mal de temps à modérer le forum, à organiser des clubs de lecture, à discuter de nouvelles idées avec une super "team" extra-dynamique, à recevoir et critiquer des livres... et j'adore ça ! C'est une communauté très conviviale et une équipe vraiment extraordinaire, je m'amuse beaucoup en leur compagnie et je me sens utile. Ca a vraiment transformé mon temps et mon état d'esprit.

Voilà, sept nouveautés qui ont fait mon quotidien ces dernières semaines. Je ne tague personne en retour, reprenez le flambeau si ça vous dit :)

Sunday, 15 November 2009

[Mes lectures] Une vie de Pintades à Paris, de L. Demay et L. Watrin

L'intérêt principal des livres reçus en partenariat avec des maisons d'éditions, c'est qu'on en vient à découvrir des livres qui normalement n'auraient jamais atterri dans notre bibliothèque. C'est comme ça que moi qui évite généralement la "chick-lit" (littérature destinée aux femmes), qui ne suis pas fan du rose, qui n'ai jamais habité Paris et qui suis incapable de caqueter, je me suis retrouvée à lire une histoire de Pintades à Paris.


Résumé:

Dans le monde de la pintade, ces femmes d'aujourd'hui "sérieuse et frivole à la fois", la Parisienne est une espèce à part. Râleuse, frondeuse, coquette, débrouillarde, adorable et insupportable, la pintade parisienne mérite largement qu'on lui consacre un ouvrage. Comment survit-elle dans la jungle d'une ville surpeuplée ? Comment s'habille-t-elle, comment se déplace-t-elle, comment éduque-t-elle ses enfants ? Où va-t-elle boire un verre, manger un bout, nager quelques longueurs, se faire masser ? Qu'est-ce qui l'amuse, qu'est-ce qui l'énerve et qu'est-ce qui la fait bouger ? Au fil de ce livre, vous apprendrez tout des moeurs et habitudes de la belle Pintade à Paris.


Mon avis:

En recevant ce livre, je ne sais pas trop ce que j'attendais. Quelque chose comme un long article de Cosmopolitan, peut-être, même si je ne lis jamais Cosmo parce que je ne comprends pas la moitié de ce qu'ils racontent. Pauvre de moi, je ne suis pas "trendy", je ne connais aucun "designer" et j'ai dû vérifier sur internet ce qu'était un "sac Birkin"; pire, je ne suis jamais sortie en boîte à Paris, j'ignore le prix d'un café sur les Champs Elysées, et si je croisais un "people" dans la rue, je ne le/la reconnaîtrais pas... Bref, je m'attendais à être complètement larguée trois page après la couverture rose.

Grave erreur ! Il y a bien une petite odeur de Cosmo là-dedans, dans le choix de certains sujets surtout (les ventes privées, la mode, les salons de massage ou de coiffure,...). Mais c'est avant tout une étude de moeurs pleine d'humour. En réalité, ça m'a surtout fait penser aux intros des Guides du Routard, vous savez, ces premiers chapitres où ils vous briefent sur la vie du pays que vous allez visiter sur un ton à la fois didactique et moqueur. Même style, même principe: les deux auteures des "pintades" nous emmènent dans les boudoirs féminins de la capitale française pour rire un peu avec/de leurs propriétaires. Sans compter que chaque chapitre se termine sur un petit carnet de bonnes adresses, comme tout guide qui se respecte.

Mais on y trouve aussi des petits portraits amusants ou touchants de femmes en tous genres, plutôt du style "petite tranche de vie" qui vous laissent un sourire attendri, et quelques expériences bien féminines et très peu scientifiques (tel que: débarquer chez le coiffeur des stars sans être une habituée), qui vous dévoilent un peu les injustices d'une vie de Pintade. A la fois étude sociologique, magazine féminin et long billet humoristique, ce petit livre rose ne s'adresse pas uniquement à celles qui s'y reconnaîtront puisqu'il m'a amusée moi aussi.

Alors, c'est écrit pour qui ? Peut-être pas pour les hommes - ou alors, uniquement pour les compagnons des pintades si bien décrites, mais ce serait un peu cruel. En-dehors des principales destinataires, les Parisiennes elles-mêmes, je verrais bien "Une vie de Pintades à Paris" glissée dans le sac de la touriste francophone, à la fois curieuse de la faune locale et à la recherche de bons plans. J'imagine que c'est la lecture parfaite pour occuper le trajet en TGV à l'aller, et à ressortir une fois sur place pour y dénicher les bons plans que le "Lonely Planet" du conjoint n'aura même pas remarqué.

Une dernière chose appréciable: la présentation. Couverture glacée, pages bien blanches qui sentent le neuf, polices variées et soignées, illustrations à chaque chapitre. Pour une fois, un livre de poche qui sent un peu le luxe, ça fait toujours plaisir. Bref, une petite lecture sympa, rien de transcendant, un truc de filles, quoi !

Pour terminer, une petite bouchée du gâteau:
Parce que, évidemment, dans le métro, le principal problème des Parisiens, en-dehors des grèves, c'est les Parisiens. Sous terre (et à l'air libre d'ailleurs), la Parisian attitude n'est pas exactement synonyme de civisme et de discipline. Il y a des gestes qui coûtent: laisser les autres sortir avant d'entrer dans la rame, se diriger vers le fond ("Arrêtez de pousser !") ou se lever de son strapontin quand il y a du monde. La pintade enceinte expérimente la charité mal ordonnée de ses congénères qui, alors qu'elle ne distingue plus ses pieds tant son ventre est rond, ne la "voient" pas quand elle monte. Ce qui l'oblige (enfin, celle qui ose) à se planter devant des grands gars costauds (au hasard) pour leur demander gentiment si cela ne les dérangerait pas trop de se lever. Regards dans le vide ou yeux rivés au sol... Son audace lui vaut parfois des réponses de gentleman: "Et pourquoi moi ?" Heureusement, la solidarité féminine n'est pas un mythe: les femmes sont celles qui se lèvent le plus spontanément.
Entendu dans le RER A (quatre cent malaises par an en moyenne), une fin d'après-midi caniculaire sans air conditionné sous terre: "Oh lala, je sens que je vais tomber dans les pommes", dit une jeune femme écrasée de chaleur et de monde. Réponse d'un de ses voisins: "Vous inquiétez pas, vu le monde qu'on est, vous ne risquez pas de tomber !"

Je l'ai dit ? Non ? Bon, ben: merci aux éditions du Livre de Poche et à Livraddict pour la découverte :)

Saturday, 14 November 2009

Fête des pères, 3ème édition

Quand j'étais petite, chaque été, nous étions invités à passer une journée en famille chez des cousins de mon papa. Mon frère, ma soeur et moi, nous étions les seuls enfants, et ce n'était pas franchement une partie de plaisir pour nous. Il fallait mettre de beaux vêtements et de nouvelles chaussures à ne pas salir, être sages, ne pas parler, sourire, supporter les moqueries d'un oncle un peu taquin dont on ne savait jamais s'il blaguait ou non... Je me souviens que je m'emmerdais prodigieusement. Je détestais ces jours-là, d'autant plus que j'avais nettement l'impression d'être totalement inutile. Personne ne voulait me voir, moi, c'était une affaire de grands, c'étaient mes parents qui étaient invités, et pourtant je devais venir moi aussi, pourquoi ? Je ne me privais pas de faire une scène avant de partir. Je me souviens qu'après m'avoir longuement expliqué les impératifs de la vie en société, en désespoir de cause, ma maman me répondait: "Quand tu seras adulte, tu verras qui tu voudras. Maintenant tu es une enfant, tu obéis et tu viens." Au final, la seule chose qui me rendait ces journées tolérables, c'était de me dire qu'un jour, je n'aurais plus à les subir.

Pourtant, à y regarder de près, je me retrouve chaque année dans la même situation à l'occasion de la fête des pères dans la famille Ours. J'y vais, sans en avoir envie, sans comprendre pourquoi il faut que j'y aille alors que c'est pas mon papa et que je ne fais pas partie de la famille; je m'ennuie prodigieusement, là aussi; je souris, je ne parle pas, j'écoute à peine, et quand j'entends qu'on parle de moi, je ne suis jamais sûre que ce soit en bien ou en mal; et surtout, je n'ai pas plus le choix que quand j'étais petite, parce que si je refuse de venir, je suis sûre de me mettre l'Ours à dos pour un temps illimité (et un ours, c'est lourd, au propre comme au figuré).

Pourtant cette fois-ci ce fut loin d'être aussi traumatisant que la première fois, et plus court que la seconde, puisqu'il y avait un match de hockey qui nous attendait juste après. N'empêche que c'est toujours pas marrant. Mr Ours devient particulièrement goujat dès qu'il se retrouve en territoire familial, allez comprendre pourquoi; soit il m'oublie dans un coin, soit il m'appelle sans arrêt pour l'aider à gauche et à droite. Son père était particulièrement de bonne humeur, ce que j'ai pu mesurer non pas à la taille de son sourire (son sourire est invisible, il ne se signale que par quelques rides supplémentaires près des yeux, c'est très bizarre comme phénomène) mais par le fait qu'il m'ait dit bonjour et au revoir (et rien au milieu). On lui a offert des pantoufles immondes, motif écossais, une marque finlandaise qui est paraît-il sa préférée alors que si on m'offrait la même chose à moi je me dirais que c'est une mauvaise blague, mais ça a eu l'air de lui plaire.

Après on est passés au café; j'ai eu le malheur d'accepter une tasse de café chez eux un jour, et depuis lors on ne me demande plus mon avis, on me sert d'office la tasse pleine de ce jus de chaussette amer assorti de sucres qui ne fondent pas, histoire de ne servir à rien. Moi j'ai souri, carressé les chats, souri, mangé du gâteau, souri... C'est important de se rappeler de sourire, parce qu'à force de se sentir invisible, on a tendance à oublier et à trop laisser voir à quel point on s'emmerde.

Un jour, je parlerai finnois et je me sentirai à l'aise avec eux (on peut toujours rêver). Ce jour-là je téléphonerai moi-même pour leur présenter une excuse très plausible le jour où j'ai pas envie de les voir, vu que leur fils se refuse obstinément à leur raconter la moindre carabistouille sans importance. Ce jour-là je les ferai peut-être un peu rire et ils se diront avec étonnement: "mais elle a de la personnalité cette poupée-là !". Ce jour-là, j'aurai enfin l'impression d'exister un peu à leurs yeux, et peut-être même que je ne devrai plus me forcer pour sourire.

Et ce jour-là, je leur apprendrai à faire le café.

Friday, 13 November 2009

[Mes lectures] Les accommodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois

Je vous présente aujourd'hui le tout premier livre que j'aie reçu grâce aux partenariats du site Livraddict. Il a été envoyé gratuitement par les éditions Points pour que je puisse le découvrir et le faire découvrir à mes lecteurs. Je n'en connaissais donc que le titre, l'auteur et la quatrième de couverture; c'est une totale nouveauté que je ne regrette absolument pas.


Résumé:

Paul Stern passe par une période difficile. Depuis la mort de son oncle riche et dévoyé, son vieux père semble avoir décidé de le remplacer et jette par dessus-bord tous les principes moraux qu'il a inculqués à son fils. Anna, l'épouse de Paul, se noie depuis des mois dans une mer de dépression où personne ne semble pouvoir l'atteindre. Ses enfants lui sont presque étrangers, et ce sont ses petits-fils qui lui paraissent les membres les plus mûrs de sa famille. Au point de vue professionnel non plus, ça ne va pas très fort: son boulot de "script doctor", chargé de réécrire des scénarios de films ou de séries, lui semble terriblement superficiel. C'est pourquoi, quand Paul reçoit une offre d'emploi de plusieurs mois à Hollywood, il saute sur cette occasion et prend consciemment la fuite. Mais dans la ville du cinéma, où les tentations sont nombreuses et les vies désordonnées, Paul doit sans cesse s'octroyer des "accommodements raisonnables" entre sa morale et ses besoins, sa conscience et ses envies, sans savoir jusqu'où ces compromis le mèneront.


Mon avis:

C'est le premier livre que je lis de Paul Dubois, un auteur dont je n'avais jamais entendu parler, et je l'ai lu sans avoir croisé la moindre critique, donc sans le moindre a-priori. Au cours de ma lecture, je me suis souvent demandé si j'aimais ou pas. Au final, la réponse est positive: c'est une histoire un peu lente, un peu lourde, un peu dérangeante, mais que j'ai appréciée.

Parmi les points positifs, j'accorde la première place au style de l'écriture. C'est joliment écrit, à la première personne, sur un ton très naturel et pourtant recherché. Le vocabulaire est varié, sans tomber dans le travers de certains auteurs qui donnent l'impression d'avoir remplacé tous les mots trop communs par des synonymes trouvés dans le dictionnaire et pas toujours bien compris.

Au niveau de l'intrigue, ceux qui recherchent de l'action vont être déçus. L'histoire avance pas à pas, mois après mois, mais les pages sont plutôt remplies d'une longue introspection. L'atmosphère est assez sombre puisqu'elle est vue au travers des yeux d'un homme désabusé ascendant cynique qui voit tous ses repères s'écrouler un à un. Le monde décrit est ancré dans un passé récent (celui de l'élection de Sarkozy, de la grève des scénaristes d'Hollywood) et parsemé de quelques noms connus (surtout des acteurs américains), ce qui rapproche le héro du lecteur, mais les extravagances des personnages aussi bien en France qu'aux Etats-Unis plongent tout ceci dans une brume d'irréalité qui donne à l'ensemble le goût d'un monde parallèle.

Ce qui m'a le plus dérangée dans tout ceci, c'est l'attitude du narrateur, Paul. C'est un grand passif qui se laisse écraser par le destin, par ses pulsions et par les autres. Il donne a lui tout seul le titre du roman en ne cessant d'agir à l'inverse de ce qu'il sait être bien ou juste: il se laisse mettre à l'écart par sa femme et son psy, tout en réalisant qu'ils l'empêchent de jouer le rôle du mari qu'on attend de lui; il s'enfuit dès qu'il en a la possibilité, laissant derrière lui ses devoirs et sa culpabilité; il abdique immédiatement face à ses pulsions dès qu'elles le poussent à faire ce qu'il sait être mal; il se laisse consciemment manipuler par les grands pontes du cinéma qui en font un traître à ses collègues; il va même jusqu'à se faire torturer le dos par un charlatan et boire le jus dégoûtant produit par un champignon, juste parce qu'on lui a dit qu'il en avait besoin. A chaque pas, il sait pertinemment qu'il s'enfonce un peu plus loin de ses principes et de sa dignité, mais il accepte, passivement, au nom des "accommodements raisonnables" qui lui permettent de vivre.

Du coup, j'espérais presque que justice soit faite et qu'il récolte les épines des roses qu'il cueillait. Je voulais aussi savoir jusqu'où il irait avant de se noyer. Et c'est là que ce livre fait réfléchir: jusqu'où peut-on aller sans perdre pied, avant de ne plus pouvoir se regarder dans un miroir ? L'auteur ne donne pas de réponse, puisqu'il termine son roman par une petite volte-face un peu décevante. Je me demande encore si son but était de persuader le lecteur que les accommodements que nous faisons avec notre conscience sont nécessaires et raisonnables, s'ils permettent de poursuivre sur un meilleur pied. Si c'est le cas, il n'a pas atteint son but avec moi: je reste persuadée que dans l'histoire de Paul, tout aurait pu - peut-être même, aurait dû - se finir très différemment. Mais ça ne m'empêche pas de le remercier pour un roman que j'ai parcouru de bout en bout avec plaisir, et pour un questionnement qui en vaut la peine.

Avant de terminer, un passage tiré des dernières pages mais qui résume bien l'état d'esprit de Paul tout au long du livre:
Il me fallut un certain temps pour comprendre que ma famille venait de vivre une année singulière, une période que nous n'avions jamais connue jusque-là et qui nous avait tous amenés à nous enfuir droit devant nous, pareils à des animaux qui détalent devant un incendie. Mon père avait basculé le premier, Anna ensuite, et moi enfin. Nous étions partis chacun dans des directions lointaines ou opposées, aveuglés par diverses formes de paniques, comme si quelque chose d'impérieux nous chassait de nos vies. L'origine de cette étrange épidémie rôdait quelque part en nous-mêmes. Les accommodements raisonnables que nous avions tacitement conclus nous mettaient pour un temps à l'abri d'un nouveau séisme, mais le mal était toujours là, tapi en chacun de nous, derrière chaque porte, prêt à resurgir.
Encore une fois, merci à Livraddict et aux Editions Points pour cette découverte !

Thursday, 12 November 2009

Hockey sur glace / Ice hockey

Dimanche passé, j'ai assisté à mon premier match de hockey - je devrais dire, mes deux premiers matchs. Des amis avaient eu l'idée géniale d'organiser un après-midi en groupe pour aller voir les matchs du tournoi Karjala, où s'affrontent la Finlande, la Suède, la République Tchèque et la Russie. Ce n'est pas un tournoi hyper important puisqu'il a lieu quatre fois par an, et les meilleurs joueurs sont absents parce qu'ils jouent au Canada en cette période, mais ce sont malgré tout quatre équipes nationales parmi les meilleures dans ce sport, ce qui promet du beau spectacle.

Et on en a eu. Notre ticket nous donnait droit à voir deux matchs dans l'après-midi. Le premier c'était République Tchèque contre Russie; le stade était à moitié vide de spectateurs, mais les joueurs ont été particulièrement violents pour compenser. Surtout les Tchèques; quels bagarreurs ! Et vas-y que je t'envoie valser contre la rembarde, et voilà que je te fiche un coup de coude bien placé... Les pénalties se sont succédés, sans blessés heureusement. A un certain moment, on a même eu droit à belle mêlée où les arbitres ont dû se mettre à quatre pour séparer les joueurs ! Je dois dire que ça m'a fait rire, surtout quand on compare au football où le moindre tirage de maillot entraîne une carte rouge. En fin de compte les deux équipes étaient de force plus ou moins égales, et la Russie a fini par gagner 4-3 aux prolongations.

Pour le deuxième match, le stade était bien rempli. Il faut dire que la Suède est le meilleur ennemi des Finlandais au niveau sportif, et leurs affrontements sont attendus avec impatience. Ici les joueurs ont été beaucoup plus fair-play, mais on a quand même eu du spectacle: non seulement la Finlande a gagné, mais elle s'est permise d'écraser la Suède d'un magnifique 7-0 ! Imaginez la foule en délire ! Du coup, l'ambiance était impressionnante, un vrai moment de plaisir.

Au total, je peux déjà vous dire que j'ai adoré cet après-midi. Regarder du hockey en live, c'est quand même beaucoup plus marrant qu'assister à un match de foot. D'abord, le jeu en lui-même est beaucoup plus actif. Les joueurs volent sur la glace, tournent sur place, se rentrent violemment dedans, tombent et se relèvent en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le palet se déplace si vite qu'on a à peine le temps de le voir, il y a tout le temps de l'action et on ne peut pas détacher ses yeux de la patinoire. Ensuite, tout est fait pour mettre l'ambiance dans l'arène: on a reçu à l'entrée un grand morceau de carton à plier en éventail pour taper sur les mains - ça fait beaucoup de bruit sans trop d'effort; les pom-poms girls sont de la partie à chaque arrêt de jeu (et il y en a beaucoup); on distribue des cadeaux, il y a une mascotte qui se ballade partout, et des petits jeux sur les écrans au-dessus de la patinoire encouragent les spectateurs à crier ou à faire la vague. On n'a pas le temps de s'ennuyer, et pas besoin d'être un grand fan de hockey pour passer un bon moment.

Bref, j'ai adoré cette expérience, et j'ai hâte de remettre ça à l'occasion ! J'ai réussi à filmer le 4e goal de la Finlande, je vous mets une petite vidéo pour une fois :)





Last Sunday, I attended my first ever ice hockey game - I should write, my two first ever ice hockey games. Some friends had had the bright idea to organize an afternoon to go and watch a game as a group. They chosed to see the Karjala tournament, in which Finland, Sweden, Czech Republic and Russia take part. It's not a very important tournament since it takes place four times per year, and the best players are at that time in Canada for the national league, but it's still four national teams playing, among the best in that sport, so you can expect a good show.

And it was ! Our ticket would allow us to attend two games in one afternoon. The first one was Czech Republic against Russia; the stadium was half-empty from spectators, but the players were particularly violent to compensate. Mainly the Czechs: what a band of fighters ! One player would hit another and send him crash in the fence, another would stick his knee in his rival's ribs... Penalties came one after another, without anyone being hurt, luckily. At one point, they even gathered for a real fight, four referees had to come to take them appart ! I must say I thought it was rather funny, especially if you compare with a soccer game, where just pulling some other player's t-shirt is enough to get you out of the game. Both teams were rather equal in strength, and Russia eventually won in the extra times, 4-3.

The stadium was pretty full during the second game. That's because Sweden is Finland's best ennemy when it comes to ice hockey, and their meetings are always very popular. This time both teams were not so violent, but we still had some good show: not only did Finland win, but they totally crushed Sweden by an unexpected 7-0 ! Imagine how crazy the crowd was ! Of course, this time the atmosphere in the stadium was incredible, I loved it.

Altogether, I can tell I loved that afternoon. Watching live ice hockey is much more exciting that attending a soccer game. First, the game itself is very active. Players fly on the ice, turn on the spot, hit each over at full speed, fall and get back up faster than I could tell, the puck goes so fast you can hardly follow it, there is non-stop action and you can't get your eyes away from the ice rink. Also, organizers do everything they can to keep the atmosphere up and loud: when getting in you get a big piece of cardboard you fold and use it to hit your hands, it's much more noisy and less painful than clapping; cheerleaders start dancing every time the game stops, and it happens often; gifts are offered to some spectators, there is a mascot walking around, little games on the big screens to encourage the crowd to scream or wave... You don't have a minute to get bored, and you don't need to be a big hockey fan to enjoy yourself.

To sum up, I really loved it, and I can't wait to attend another game ! I managed to record Finland's first goal, here is a little video for a change :)

Wednesday, 11 November 2009

[Le blog du mercredi] La taie d'oreiller

Pour cette deuxième édition de la série "les blogs du mercredi", je vous présente un blog qui n'a pas particulièrement besoin de publicité puisque ses commentaires se comptent par dizaines. Mais soyons honnête, c'est aussi l'un des rares blogs dont je lis tous les articles, sans en sauter un seul (et c'est beaucoup dire, avec 132 flux rss dans mon lecteur). C'est le blog d'Angel, "La taie d'oreiller" (sous-titre: un blog anti-rides préventif).

Angel a un mari, Mr Chéwi, et trois enfants. L'aînée c'est La Lutine, une gentille demoiselle qui souffle ses dix bougies. Le second c'est PitiGasson, six petites années d'existence, grand fan de la Wii. Et le petit dernier, c'est LaPatate, spécialiste des bêtises, mignon gamin qui commence enfin à parler. Sur son blog, Angel raconte la petite vie de sa tribu, qu'elle dirige avec énormément d'humour, une bonne dose de pédagogie hors-normes et un poil de débrouillardise.

Suivre ce blog, c'est d'abord s'assurer d'un sourire par jour - car elle écrit quotidiennement ! - et d'une bonne rigolade de temps en temps; elle raconte bien et donne une saveur particulière à chaque petite aventure de sa vie. C'est aussi pêcher des idées d'éducation originales. J'ai bien aimé quand elle a décidé d'"upgrader" sa fille en lui imposant un défi par jour pendant dix jours pour mériter ses dix ans, ou quand elle a réussi à rassurer son fils aîné angoissé à l'idée de rester seul à la maison pendant une demi-heure, en le gardant au téléphone tout ce temps-là. Si un jour j'ai des enfants, je lui piquerai quelques idées.

Bref, je partage avec vous la petite dose de rigolade qu'elle nous offre, et je vous conseille d'aller lire un ou deux de ses articles, vous comprendrez ce que je veux dire...




Friday, 6 November 2009

[Mes lectures] Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Il y a deux jours a eu lieu le tout premier Book Club sur Livraddict. Le Book Club, c'est une idée géniale de Jess qui nous a proposé de nous réunir pour lire ensemble un même livre et en discuter sur le forum, un certain jour à une certaine heure. De cette façon on peut entamer un réel débat d'opinions avec d'autres lecteurs. Depuis sa création, livraddict organise un Book Club par mois, portant sur un livre choisi par referendum deux mois à l'avance.

Cette fois-ci, donc, nous avions décidé de lire "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" (en anglais: The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society), de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Sous ce titre original se cache une petite histoire sympathique que j'avais envie de découvrir. Voici donc ma critique personnelle, enrichie des commentaires d'autres lecteurs.


Résumé:

Londres, quelques mois après la fin de la deuxième guerre mondiale. La jeune et pétillante Juliet Ashton est en pleine campagne de promotion pour son premier livre, un recueil de textes humoristiques qu'elle publiait dans les journaux pendant la guerre, lorsqu'elle reçoit une lettre d'un inconnu, Dawsey Adams. Celui-ci affirme être un habitant de l'île de Guernesey, posséder un livre qui lui a appartenu et souhaite quelques informations sur l'auteur. Au cours de leur correspondance, Juliet fait la connaissance d'une société littéraire au nom bizarre, créée sur l'île de Guernesey pour tromper l'occupant allemand après une réunion illégale. Sentant venir l'inspiration pour un nouveau livre, Juliet écrit et reçoit des lettres de plusieurs des membres de cette société, et découvre un petit microcosme de villageois attendrissants qui lui racontent leur vie pendant la guerre.


Mon avis:

Je dois dire que j'ai été séduite par cette lecture facile et agréable, touchante et amusante à la fois. Ce livre est écrit sous la forme épistolaire, un genre que j'aime assez pour le côté intime qu'il dégage, l'impression que chaque lettre nous est un peu destinée. Si l'histoire se construit autour d'une intrigue assez simple, elle sert surtout de support pour une série de flash-backs sur la vie de cette île anglaise occupée pendant toute la guerre. Les membres du cercle littéraire lui présentent chacun à sa façon, sur le mode naïf et touchant, une période de leur vie qui a été extrêmement dure. Pièce par pièce on reconstruit ainsi une île où les habitants ont faim, dont certains se cachent, où ils doivent subir les réquisitions et la vue d'un camp de concentration dressé sous leurs yeux où de jeunes étrangers meurent par milliers. On mesure la douleur d'avoir dû se séparer leurs enfants pour les protéger, la honte de ne plus pouvoir se laver par manque de savon. On revit avec eux tous ces petits détails qui rendent la vie si difficile en temps de guerre, mais présentés avec une touche de naïveté qui leur évite le ton effroyable des témoignages les plus durs.

Si j'ai été réellement séduite sur le moment, je ne peux que me ranger à certaines crittiques que d'autres lecteurs ont relevé au cours du Book Club. La plus pertinente est celle à propos du dénouement finale, une histoire d'amour prévisible depuis la moitié du livre et présentée sans surprise. On m'a aussi fait remarquer que le style d'écriture des différentes lettres est trop similaire pour être crédible, étant donné les différences d'éducation entre les protagonistes, et je ne peux qu'approuver: j'ai senti quelques nuances, mais elles restent légères. J'ai par contre beaucoup aimé les personnages hauts en couleurs et les liens qui les unissent, même si au début on se mélange un peu les pinceaux au milieu de tous ces noms.

Voilà, une oeuvre attendrissante que j'ai lue et que je relirai avec plaisir. Si vous souhaitez un résumé des débats du Book Club sous forme de critique commune, vous trouverez ça sur le blog de Livraddict. Au mois de décembre, nous discuterons ensemble de la nouvelle "Le drôle de Noël de Scrooge", de Charles Dickens. N'hésitez pas à venir vous inscrire pour participer à nos débats !

Thursday, 5 November 2009

Neige ! Snow ! Lunta !

Ca y est ! Ce coup-ci, il neige, et c'est de la bonne, celle qui tient et qui glisse à la fois. J'ai les chaussures qui ont déteint sur les chaussettes et le pantalon mouillé jusqu'au mollet, j'ai ressorti mon écharpe qui fait aussi bonnet en attendant d'acheter un "pipo" (bonnet de laine) digne de ce nom, et Mr Ours est parti faire monter des pneus neige sur la voiture. Il fait nuit à 16h30 et le lièvre du coin commence à devenir blanc. Il y a du glögi (boisson de Noël), des pipparkakkut (biscuits aux épices) et des pulkkat (traîneaux en plastique) plein les magasins. La prof de finnois nous a rappelé encore une fois qu'on disait "sataa lunta" et non "se sataa lunta" ("il neige"). Et je viens de recevoir un e-mail du Père Noël (par l'entremise de ma maman) qui me demandait ce que je voulais comme cadeau.

Bref, c'est l'hiver.




Here it is ! This time, its really snowing, and it's real snow, the kind that altogether sticks to the floor and slips under your feet. My socks got the color of my shoes, my trousers are wet up to my calves, I took out that scarf of mine that can also be used as a hat thinking I should soon will purchase a real "pipo" (woolen hat), and Mr Bear just left to have our car's tires changed. It's snow at 16.30 and our neighbour the hare is turning white. There is glögi (Christmas drink), pipparkakkut (spicy biscuits) and pulkat (plastic sleighs) in every supermarket. Our Finnish teacher repeated once again that you should not say "se sataa lunta" but "sataa lunta" ("it's snowing"). And I just received an e-mail from Santa Claus (forwarded by my mother) asking what kind of presents I wanted this year.

In short, winter has officially begun.


Wednesday, 4 November 2009

[Le blog du mercredi] Fée bourbonnaise

J'entame un nouveau sujet sur ce blog: je vais vous faire découvrir chaque semaine un blog que j'aime. Pour ne rien vous cacher, j'ai piqué l'idée à une copine, qui fait ça le lundi... Il s'agit de Fée Bourbonnaise. Pour sa bonne idée (et parce que j'aime bien son blog, aussi), je vais commencer par elle !

Alors, que trouve-t-on chez "Tout à Fée... Bourbonnaise" ? En gros, tout ce que j'aime:
  • Beaucoup de lecture, avec des critiques de livres, des interviews de lecteurs, des challenges, listes, etc. Fée est une grande fan de Jane Austen, et elle a une page spéciale pour cette auteur à propos de laquelle j'ai encore beaucoup de choses à découvrir !
  • Des articles sur l'art, le cinéma ou la musique, tous très accessibles et agréables à lire.
  • Des recettes de cuisine (je sens que je vais tester ses muffins rapidement), et des articles sur la couture (là je n'y connais rien, je me contente d'admirer ses réalisations).
  • Tout un tas d'autres choses, dont des articles touristiques pleins de belles photos, et bien sûr la découverte d'un bloggeur par semaine.
J'aime aussi le design de son blog, tout en noir et blanc, simplicité et clarté, c'est très agréable à lire. Si l'un de ces sujets vous intéresse, n'hésitez pas à faire la connaissance de Fée !



Tuesday, 3 November 2009

DigiExpo

Le week-end passé se déroulait à Helsinki la DigiExpo, une exposition commerciale consacrée aux produits vidéo-électroniques (je ne sais pas si un tel mot existe, mais c'est la meilleure description que je puisse faire...). J'étais toute fière de pouvoir en parler à Mr Ours après en avoir entendu parler à la radio, en finnois, et avoir presque tout compris ! Mon enthousiasme est un peu retombé quand j'ai compris que l'entrée coûtait 13 euros, et j'ai été assez déçue de la visite: jeux vidéos, appareils photo, télés et produits informatiques, mais à part quelques petits trucs sympas comme des cadres photos rétroéclairés et des écrans tactiles HP, peu de nouveautés en réalité. Voici quand même quelques petites photos prises sur place...

Last week-end the DigiExpo was taking place in Helsinki. It's a commercial exhibition for video-electronic products (I don't know if that word even exists, but it's the best definition I can imagine). I was pretty proud when I mentioned it to Mr Bear, after having heard about it on the radio... in Finnish ! Then I wasn't so enthusiastic anymore when I found out the entrance fee was 13 euros. I was also a bit disappointed when visiting it: there were video games, cameras, TVs and IT products, but besides a few nice stuff like picture frames lighted from the back or HP touch screens, there weren't many novelties. Yet, here are some pics I took there...


Mr Ours essaie les télé-objectifs, et photographie des trucs que je ne voyais pas avec mes petits yeux.
Mr Bear trying on camera zooms, and taking pictures of things I couldn't even see with my poor eyes.


La télé que je voudrais avoir un jour; j'aime son design superbe, elle est belle même éteinte !
The TV set I'd like to buy some day; the design is wonderful, it looks good even when it's off !


De jolis cadres rétro-éclairés; pourquoi personne n'a pensé à ça avant ?
Nice frames lighted from the back; why no one thought of it before ?


Le plus grand écran que j'aie jamais vu...
The biggest screen I ever saw...


Une vraie Audi R8, et les imbéciles à-côté qui se contentent de la conduire sur des consoles...
A real Audi R8, and those stupid people next to it settling for driving it only in a video game...


Une mini-salle de cinéma avec deux excellents projecteurs à l'intérieur
A mini movie theater room with, inside, two great beamers to compare


Essayer le jeu ne me tentait pas, mais j'aurais bien fait un test-drive des coussins !
I wouldn't try the game, but I wished I could have a test-drive of the cushions !


On a besoin de tout ça pour jouer à ce jeu à la maison ?
Need all this to play that game at home ?


Quand j'avais l'âge de ces petits loups, on jouait à pacman et nos télés faisaient la moitié de la taille de celle-là...
When I was the age of those little munchkins, people were playing pacman and TVs were half that size...

Monday, 2 November 2009

[Mes lectures] Papa-Longues-Jambes, de Jean Webster.

Personne ne pourra me dire que je ne varie pas mes styles de lecture. Après un passage par la bit-lit, je fais un détour vers le roman épistolaire classé "jeunesse". J'avais croisé Papa-Longues-Jambes il y a de longues années, à l'époque où je recevais encore des Folios Junior pour mon anniversaire, et il m'avait laissé un souvenir lointain mais agréable. Je l'ai maintenant relu en anglais, de façon à pouvoir opérer une double comparaison: langue originale vs. traduction et lecture d'adolescente vs. lecture d'adulte.


Résumé:

Judy Abbott a passé les 17 ans de sa vie dans un orphelinat, et il est maintenant temps de lui trouver une situation. Après avoir lu une de ses dissertations, un généreux bienfaiteur qui souhaite rester anonyme lui propose un marché: il lui offre quatre ans d'études à l'université pour qu'elle devienne écrivain, en échange de quoi elle doit lui écrire chaque mois une lettre décrivant sa nouvelle vie. Judy se confie donc à cet homme dont elle ne connaît que la silhouette allongée entrevue à l'orphelinat, et qu'elle surnomme affectueusement Papa-Longues-Jambes. Au travers de ses lettres, on découvre la vie d'une jeune étudiante joyeuse, spontanée et en quête d'affection.


Mon avis:

Si les lettres de Judy sont datées en jour et en mois pour donner une idée de la chronologie, l'année n'est pas précisée. Mais ce roman ayant été publié en 1912, ça laisse deviner l'époque qu'il décrit.

Miss Jerusha Abbott est donc une gentille orpheline élevée dans un home. Ce n'est pas le Lowood de Jane Eyre, elle semble y avoir été bien traitée, mais malgré tout on lui a fait comprendre qu'elle est élevée par charité: elle hérite des vêtements offerts aux pauvres, elle est destinée à devenir bonne-à-tout-faire ou quelque chose comme ça, et si elle n'a pas déjà quitté l'école à 14 ans, c'est uniquement parce qu'elle est une élève brillante et qu'elle travaille à l'orphelinat pour payer son entretien. Dans le monde du début du siècle, on n'est rien si l'on n'a pas une famille respectable. Alors bien entendu, l'offre du généreux bienfaiteur est une véritable aubaine: la voilà envoyée au collège où l'on éduque les jeunes filles de bonne famille pour qu'elles se rendent utiles avant de se marier. C'est un peu un autre monde dans lequel elle arrive...

Là où l'histoire devient originale, c'est d'abord la condition du bienfaiteur: il ne veut pas avoir à faire le moindre effort pour elle à part lui payer ses études, mais il lui demande de lui écrire des lettres auxquelles il ne répondra pas. Et puis, deuxième surprise: le caractère et la façon d'écrire de Judy. N'importe qui d'autre, à son époque et dans sa situation, aurait produit des missives respectueuses, organisées, limitées aux cours et aux remerciements pour cette énorme faveur qu'elle reçoit. Mais Judy considère d'emblée ce monsieur inconnu comme un ami, pire, comme sa famille toute entière, et elle se confie. Elle écrit très spontanément, elle décrit sa vie avec beaucoup d'humour et de chaleur, et on ne peut s'empêcher de l'aimer dès la première lettre: elle est tout simplement adorable.

L'adolescente que j'étais à la première lecture avait beaucoup aimé Judy, la parfaite grande soeur. J'avais aussi aimé me plonger dans la vie du début du siècle, dans cet internat pour jeunes filles, les bals, les activités sociales et la vie de tous les jours, différente et à la fois semblable à la mienne. Et puis le mystère de Papa-Longues-Jambes et la petite histoire d'amour avaient ajouté une légère touche romantique qui m'avait bien plu.

L'adulte que je suis a aimé le livre un peu différement. J'ai à nouveau été séduite par Judy, cette fois-ci comme une petite soeur trop mignonne, touchante dans sa timidité, ses découvertes, sa naïveté et son enthousiasme. Mais pour des lecteurs pas trop naïfs, le petit mystère est très vite éclairci. Et puis cette fois-ci, son monde me paraît réellement différent du mien: la hiérarchie sociale terriblement pressante transparaît au travers des paroles de Judy, qui n'ignore pas qu'elle n'a aucun droit sans parents ou sans argent, quelles que soient ses qualités personnelles. Et tout à coup, elle est plongée dans le monde des enfants heureux, et elle y est obligée de mentir sur ses origines pour faire bonne impression. De plus, j'ai cette fois-ci ressenti l'arrière-goût légèrement amer de cette histoire: le besoin d'affection si pressant de ces enfants sans famille. En plus d'un journal amusant et d'une petite histoire d'amour, mes yeux d'adultes y ont lu un côté touchant et attendrissant que je n'avais pas repéré à la première lecture. Une raison en plus pour aimer ce livre.

Bref, une lecture facile, courte, très mignonne et touchante; un roman aussi rafraîchissant que son héroïne. En ce qui concerne la langue, je suppose que la traduction a bien reflété le style de l'original parce que j'ai vraiment eu l'impression de retrouver un vieil ami. Je vous le conseille, aux jeunes comme aux vieux !

NB: Pour info, je viens d'apprendre qu'il y a une suite, "Dear Enemy", qui raconte les aventures de l'amie de Judy, Sally, en directrice d'orphelinat. J'ignore le titre en français, mais si vous lisez l'anglais, Dear Enemy est disponible en ligne, notamment sur le site du Projet Gutenberg.