Friday, 26 June 2009

La vie de couple

Il y a des jours où, quand même, on se dit qu'il y a des avantages à vivre tout seul. Ces jours où le meilleur des amoureux vient taper sur les nerfs avec un gros marteau bien dur.

Moi, c'était hier. Mr Ours m'annonce qu'il va boire un verre avec ses collègues après le boulot. Il me prend quelques piécettes pour le train et me laisse la voiture, sympa. Au moment de partir, il m'apprend qu'il compte sur moi pour venir le chercher quand il a fini. Je me dis qu'il faudra lui apprendre un jour que les bus et les trains voyagent dans les deux sens, mais j'attends gentiment son coup de fil en me disant que son "verre avec les collègues" ne durera pas trop longtemps.

Naïve, que je suis ! C'est à 2h du matin qu'il m'appelle. Heureusement le suspense sur la mort de Michael Jackson m'a tenue éveillée et m'a évité la fin de sommeil brutale au son de la sonnerie de téléphone (encore une raison pour laquelle je déteste les GSM...). Enfin j'ai un peu l'habitude, je me dis "un petit aller-retour, dans moins d'une heure je suis au lit" et je me dépêche de partir. Jusque là ça va encore assez bien.

Sauf que... arrivée à l'adresse qu'il m'avait donné, il me fait changer de direction et faire deux fois le tour du pâté de maisons pour finallement atterrir devant un MacDo. Il a promis à deux de ses collègues de les ramener chez eux (l'un d'eux est en fait son supérieur) et les deux en question sont toujours en train de manger. Un quart d'heure plus tard, on part les déposer, et je tente de me diriger dans la ville grâce aux indications conflictuelles de trois personnes complètement bourrées qui ne savent même plus trop où elles habitent, confondent la gauche et la droite et ignorent royalement les panneaux et le code de la route. Heureusement qu'à cette heure-là, il n'y a plus que les taxis et les flics derrière le volant...

On dépose le premier, on se tape la papote sur le bord de la route, on va chez la deuxième (bien plus loin), qui demande d'attendre avant de partir qu'elle ait le temps de fumer une cigarette en notre compagnie de non-fumeurs, et puis on retourne enfin à l'appart. A ce moment-là, il est plus de 3h30 du matin, le soleil s'est déjà levé, et je me console en m'octroyant en pensée une ou deux heures de sommeil supplémentaires le matin.

Mais non, ça ne se passera pas comme ça: Mr Ours me dit d'une voix pâteuse qu'il faudra que je le conduise au boulot, vu qu'il aura sûrement encore trop d'alcool dans le sang pour conduire... Là je me dis qu'il se fout de moi, je lui rappelle qu'il y a des trains et le métro qui se chargeront très bien de lui et de sa gueule de bois, mais en réalité il doit d'abord aller chercher un DVD d'informations confidentielles dans une autre banque pas très loin de chez nous, ce qui nécessite une voiture. Et il doit y être à 8h du matin. Argh.

Je me résigne donc à enterrer ma mauvaise humeur sous la couette et à profiter des trois heures de sommeil qu'il me reste. C'est sans compter sur mes propres insomnies habituelles (1h pour m'endormir, quel que soit l'état de fatigue), sur le soleil déjà bien levé, et sur la présence d'un ours alcoolisé à côté de moi. Sur les deux heures restantes, il me réveille cinq fois à force de parler, de se retourner, de me piquer la couette et de me pousser en bas du lit. Au total, j'ai dû dormir sérieusement pendant une demi-heure. Par tranches de cinq minutes.

Alors oui, je pourrais me consoler en imaginant avec cruauté sa dure journée au boulot après une courte nuit et avec une belle gueule de bois. Mais je ne peux même pas avoir cette pensée méchante pour me réconforter: il avait l'air en pleine forme, ce matin, et était tellement gentil que je ne pouvais même pas lui en vouloir. Et puis lui au moins il est allé au resto et a passé une bonne soirée tandis que je mangeais des pâtes devant la télé en attendant qu'il m'appelle...

Sur ce, je m'en vais préparer mon troisième espresso et retourner à la recherche de ma tête bien plantée au fond de mon... hum.

Wednesday, 24 June 2009

L'été est là ! / Summer is here !

Après deux semaines de pluie, l'été a décidé d'arriver exactement le jour où il devait être là: à partir du 21 juin, il a commencé à faire beau. Et ça va encore continuer, paraît-il. Regardez-moi ça: ça donne pas envie ?


After two weeks of rain, summer decided to arrive exactly on the day it was supposed to be here: since June 21st, the weather has been beautiful. And they say it's going to last for a while. Look at the forecast up there: isn't it great ?

Tuesday, 16 June 2009

Anniversaire / Birthday

Mercredi passé, c'était mon anniversaire. J'ai reçu à cette occasion des tas et des tas de messages gentils et de souhaits de toutes sortes, par téléphone, sms, e-mail, facebook, etc. Tous m'ont fait énormément plaisir, et je remercie de tout coeur chacun de ceux qui ont pensé à moi, vous ne savez pas à quel point ça m'a touchée de me sentir aussi entourée !

J'ai aussi reçu un joli cadeau: un superbe bouquet de fleur de l'ours dont je partage la tannière. Ca n'a l'air de rien, mais un geste aussi ouvertement romantique lui a demandé un effort que j'estime à sa juste valeur ! En plus les fleurs sont superbes; j'ai pensé à les prendre en photo avant qu'elles ne commencent à se faner, les voici donc ci-dessous dans toute leur beauté...



Last Wednesday was my birthday. I received a lot of nice messages and wishes from all sorts of people, by phone, sms, e-mail, facebook, etc. They all pleased me very much, and I wanted to thank everyone who had a thought for me. You can't imagine how moved I was !

I also received a bunch of flowers as a present, and I was clever enough to take pictures when their beauty was at its best. Here they are; wonderful, aren't they ?

Tuesday, 9 June 2009

Blip.fm

Je n'ai toujours pas résolu mon problème de musique sur l'ordi. Je vous en ai parlé il y a quelques temps: par manque de place sur mon disque dur, j'ai dû choisir de déplacer mes fichiers musicaux sur un disque externe. Le problème, c'est que mon ordi me sert très souvent de boîte à musique, que je le ballade partout, et que j'ai la flemme de brancher à chaque fois le disque externe. Je pensais avoir trouvé une solution en écoutant GoomRadio, mais j'ai un peu déchanté: il m'arrive régulièrement de ne pas réussir à me connecter correctement au site, et en plus, j'aurais voulu avoir la possibilité d'écouter un morceau que j'aime au moment où ça me chante (c'est le cas de le dire :D).

Du coup, j'ai tenté une autre tactique et me suis inscrite sur le site blip.fm. C'est un des nombreux sites qui offrent de la musique en ligne et la possibilité de créer et partager des playlists, tout comme Deezer, Last.fm, etc. Pourquoi celui-là ? Je crois que je suis tombée dessus via twitter, avec lequel il est étroitement intégré... Quoi qu'il en soit j'essaierai d'autres concurrents plus tard, pour comparer, mais en attendant je vous offre un petit aperçu de ce site-là.


Les choses se présentent un peu comme sur une page twitter. Après l'enregistrement au service (gratuit bien entendu), vous vous retrouvez sur une page avec plusieurs onglets. Le premier est une "public timeline", où s'inscrivent par ordre chronologique les morceaux ajoutés (on dit "blippés") par l'ensemble des utilisateurs du site. Un autre onglet, "home", ne montre que vos propres blips et ceux des utilisateurs (DJ) que vous avez décidé de suivre, vos DJs préférés. Le troisième onglet, "profile", ne montre que vos blips à vous et sera consulté par d'autres utilisateurs qui souhaiteraient se faire une idée de vos goûts pour éventuellement vous ajouter à leurs DJs préférés. Sur cette page ils pourront cliquer sur un bouton qui leur permettra de vous suivre. Vous pouvez vous faire une idée en consultant mon profil.

A partir de chacun de ces onglets, vous avez donc la possibilité d'ajouter des "blips", c'est à dire de mettre en valeur un morceau que vous aimez en lui adjoignant éventuellement un petit message. C'est exactement comme écrire un tweet auquel serait associé un morceau musical. Pour faire ça, il suffit de taper des mots clés (nom du chanteur, du groupe ou du morceau) dans une boîte de recherche qui se trouve sur chacune des trois pages. La recherche se fait non pas sur une base de données privée, mais sur l'entièrement du web, y-compris youtube (la vidéo s'affiche alors sur le côté). Il suffit de choisir l'un des résultats, d'y ajouter éventuellement un petit message annexe de 150 caractères maximum, et voilà le travail: le nouveau "blip" s'ajoute sur la timeline public, sur la page "home" et sur la page "profile".

Chaque blip peut faire l'objet de plusieurs actions en cliquant sur de petites icônes qui les accompagnent. La première permet de "reblipper", c'est à dire de réutiliser le blip de quelqu'un d'autre en indiquant l'utilisateur précédent (sous forme @quelqu'un, comme sur twitter). La deuxième permet d'ajouter le morceau à sa propre playlist qui s'inscrit sur une page à part. La troisième offre de partager le morceau sur un choix impressionnant de sites et réseaux sociaux: facebook, netvibes, blogger, friendfeed, etc. La dernière icône permet de donner un "prop" à la personne qui a blippé ce morceau, c'est à dire un espèce de point signifiant "bravo ! bien joué !". Chaque utilisateur a droit à 10 props à distribuer quand il commence, et il en reçoit un nouveau à chaque fois que quelqu'un lui envoie un prop à lui, ou quand il a blippé 10 morceaux.

Sur les trois pages s'affichent aussi, à droite, vos références personnelles: le nombre de "props" que vous avez reçu, le nombre de DJ qui vous suivent et que vous suivez, le nombre de props qu'il vous reste à distribuer (ça vous êtes le seul à pouvoir le voir), le nombre de blips que vous avez envoyés, et le nombre de morceaux sur votre playlist. En cliquant d'ailleurs sur "playlist", vous arrivez à une page différente où s'affichent non pas tous vos blips mais ceux que vous avez choisi d'ajouter à votre playlist. Vous pouvez modifier l'ordre de ces morceaux et les jouer à la file, c'est d'ailleurs ce que je cherchais (n'hésitez pas à aller jeter un oeil à ma playlist). Il est aussi possible de jouer à la file les blips sur chacune des trois pages, mais sans pouvoir les déplacer ou les supprimer.

Comme d'habitude, ça a l'air un peu compliqué comme ça, mais on s'y fait vite: une fois assimilés les concepts de "blip" et de "prop", on devient vite un utilisateur acharné. Au pire, une FAQ pas mal faite est disponible en onglet sur le haut de la page.

Quels sont, d'après moi, les avantages et les inconvénients de ce système ?

Avantages:
  • Le fait de pouvoir sélectionner des chansons pour une playlist à partir de l'ensemble des morceaux et vidéos disponibles sur le web. Combien de fois n'ai-je pas passé une heure ou deux à surfer sur youtube à la recherche de vidéos musicales de mes morceaux préférés; maintenant je peux les enregistrer pour les réécouter plus tard dans l'ordre que je préfère, super !
  • Le caractère légal, en tous cas dans la mesure où les morceaux sont placés légalement sur leurs sites d'origine. En tous cas, c'est beaucoup mieux que de les télécharger illégalement...
  • Le côté social de ce réseau: en recevant et distribuant des "props", en suivant d'autres DJ, on crée une interaction avec d'autres utilisateurs et c'est assez sympa.
  • Surtout, la possibilité de découvrir de nouveaux morceaux, groupes et chanteurs, ou bien des morceaux que l'on apprécie sans en connaître le nom. Ca, j'aime beaucoup. Ca peut se faire de deux façons: la première, c'est via nos DJ préférés. Quand je constate qu'un DJ a dans sa liste plusieurs morceaux que j'aime beaucoup, je me mets à le suivre. Ensuite, ses nouveaux blips s'ajoutent sur ma page "home". Comme je sais qu'on a des goûts similaires, j'aurai tendance à les écouter, même si je ne les connais pas du tout, et c'est l'occasion de faire de belles découvertes. Une autre façon de découvrir de nouveaux morceaux c'est de suivre la timeline publique; régulièrement, j'y vois passer un blip dont je me dis "ah mais oui, il est bien ce morceau, j'y avais pas pensé !". Alors je le reblippe d'un clic, et d'un autre clic je l'ajoute à ma playlist.
  • Enfin, le format et la compatibilité Twitter: j'aime lire et écrire de très courts commentaires à propos d'un morceau, et j'apprécie aussi la possibilité que mes nouveaux blips s'affichent automatiquement sur mon compte twitter. C'est un peu comme afficher mon humeur musicale...
Inconvénients:
  • Le site est uniquement en anglais. Pour moi ce n'est pas un problème évidemment, mais pour d'autres ça peut l'être...
  • Le fait que l'on compte les DJs qui suivent ma playlist et les props que je reçois tourne un peu au concours de popularité, une tendance qui existe aussi sur twitter avec le compte des followers, mais on n'est bien entendu pas obligés de se laisser influencer.
  • Quand on joue un morceau, il n'est possible que de faire "pause", passer au précédent ou au suivant; impossible d'avancer rapidement, même pour les morceaux en vidéo (les fonctions de contrôle de youtube ne s'affichent pas). Quand je pré-écoute un morceau avant de le blipper, pour savoir si c'est une bonne version, je voudrais pouvoir sauter l'introduction...
  • Ne pas enregistrer les morceaux sur son disque dur signifie ne pas pouvoir les ajouter sur mon iPod.
  • Il n'y a qu'une seule playlist. J'aimerais la possibilité d'en faire plusieurs: rock, musique douce,...
Voilà, pour le moment j'aime beaucoup ce site sympa que je vous conseille d'essayer. Il n'est pas parfait et je vais voir si je peux trouver mieux chez les concurrents, mais en attendant, c'est un très chouette système. Je vous conseille d'aller y jeter un oeil !

Monday, 8 June 2009

Kisa the kissa / Le kissa qui s'appelle Kisa

J'adore les chats, ceux qui suivent ce blog doivent s'en être rendus compte, et ce n'est pas une bête allergie récente qui va m'empêcher d'en profiter. Depuis plus d'une semaine, j'héberge à l'appart le chat d'un couple d'amis en vacances. Lui est canadien, elle est islandaise, et le chat a eu le choix entre un prénom dans chaque langue. Résultat, il se prénomme Kisa ("minou" en islandais), ce qui est un peu bizarre ici puisque "kissa" signifie "chat" en finnois. Ca fait beaucoup rire Mr Ours, un chat qui s'appelle Chat...



Quoi qu'il en soit, c'est un chat tout simplement adorable. Il joue à merveille son rôle de peluche caline tout en gardant une personnalité bien affirmée, comme seuls les chats savent le faire. Sa spécialité, c'est de dormir dans tous les coins les plus bizarres: les armoires, le sol en plein milieu de la pièce, le clavier de l'ordinateur, la douche ou le lavabo de la salle-de-bain ! A part le fait qu'il semble porter un intérêt gustatif malsain à notre pauvre yucca, il se conduit comme un vrai gentleman, je l'adore. J'ai aussi découvert grâce à lui que le noir est une couleur de poils difficile à prendre en photo: le flash rend son pelage bizarrement luisant, et l'absence de flash le transforme en une grosse masse d'où ne ressortent que les yeux ! Mais j'ai quand même réussi quelques jolies photos que je vous soumets. Vous allez voir, il va vous faire craquer...



I love cats, those following this blog must have noticed, and it's not a recent small allergy that will prevent me from loving them. This last week, I've been hosting a cat belonging to friends who are on holidays. He's canadian, she's islandic, and the cat had a choice between names in each language. He picked "kisa", which means "kitty" in icelandic, and as a result bears a bit of a funny name here, since "kissa" means "cat" in Finnish. Mr Bear thinks it's a very funny joke, a cat called Cat...


Anyway, that cat is just adorable. He manages to be as tender as a living teddy bear, while keeping a strong personality, as only cats can do. His specialty is sleeping in the most incredible places: in cupboards, on the floor in the middle of the room, on the computer's keyboard, in the shower or in the bathroom's sink ! Except for the fact that he finds our poor yucca a bit too tasty, he behaves here like a true gentleman, I love him. I've also learnt that black is a hair color tricky to take in picture: either you use the flash and it looks far too glossy, or you don't and it looks like a black ghost where only the eyes show up. I still managed to take some nice pictures for you. You'll see: you're going to fall for him, too...


Saturday, 6 June 2009

Je comprends rien à ces Finlandais...

...et franchement, ça ne s'arrange pas avec le temps. Genre, aujourd'hui. C'était le "Kivenlahti Rock Festival", un festival de rock (noooon ??? siiiii !!!) à Espoo, près d'Helsinki, auquel Monsieur Ours et toute sa clique assistent tous les ans. J'hésitais depuis plusieurs semaines à y aller: j'aime bien les festivals de musique, mon dernier remonte à trois ans au moins; pas mal de gens que je connais devaient y aller, et il y avait sur scène deux groupes de rock finlandais que j'aime bien. Mais en y réfléchissant, ce n'était pas très raisonnable: 40 euros l'entrée pour une soirée, c'est beaucoup pour mon portefeuille... Et puis il pleut depuis deux jours, j'ai déjà un peu la crève, ce n'était peut-être pas une très bonne idée d'aller l'aggraver là-bas en pataugeant dans la boue. Pour terminer de me convaincre, j'ai eu l'impression que Monsieur Ours appréciait l'idée de s'amuser sans m'avoir sur le dos, et il est temps que j'apprenne à ne pas trop faire ma collante.

Bref, j'ai décidé de ne pas y aller. Pas une seule seconde je ne me suis demandée ce que ses amis en penseraient: je m'imaginais qu'ils s'en foutaient complètement. Généralement, quand j'accompagne Monsieur Ours quelque part, c'est pour lui faire plaisir, et pour essayer de me lier à quelques "indigènes" au lieu de rester toujours avec des étrangers, ce qui a toujours plus ou moins foiré. Il y a quelques personnes avec qui je m'entends relativement bien, mais ce ne sont pas ce que je pourrais appeler des amis: on reste des mois sans se contacter, et la grande majorité des gens de la horde de Monsieur Ours n'ont pas vraiment l'air de se rendre compte que j'existe; quand je suis là, on me laisse mijoter dans mon jus en me jetant de temps en temps un regard en coin. C'est de bonne guerre: il y a toujours la barrière de la langue, je ne fais pas partie de leur bande, et puis je me suis dit qu'ici on ne se liait pas facilement, qu'on me tolérait en tant que Mademoiselle Ours, mais qu'il me faudrait des années pour être ne serait-ce qu'un peu appréciée.

Et puis là, je suis tranquille chez moi à me morfondre dans mon lit pendant qu'ils s'amusent tous ensemble, et voilà que mon téléphone sonne. Et ce n'est pas Monsieur Ours. C'est un de ses potes, qui me demande où je suis, pourquoi je ne suis pas venue. Il me passe ensuite l'Ours, qui me dit que tout le monde lui demande pourquoi je ne suis pas là, et qu'on n'arrête pas de l'embêter avec ça. Une fois raccroché, je me rends compte que j'ai un autre appel en absence, et un message d'une fille qui me supplie de venir.

Euuuh... C'est quoi ce bordel ? Je suis un peu flattée, mais en même temps, je préférerais qu'ils soient un tout petit peu chaleureux quand je suis là, plutôt que de me donner l'impression qu'ils n'ont rien à foutre de moi, et puis de regretter quand je ne suis pas là. Si j'avais su que quelqu'un apprécierait ma présence, je serais venue, bien sûr, mais comment aurais-je pu le savoir ? Je crois que je ne les comprendrai jamais.

Ten things you didn't know about orgasm

No, this is not a dirty video. It's scientific. It's a presentation by a writer called Mary Roach during a TED (Technology, Entertainment, Design) conference. There you learn a serie of pieces of information about orgasm (not only human) which are probably not going to change the face of Earth, but very entertaining nevertheless:
  1. You can have orgasm in-utero.
  2. You don't need genitals.
  3. You can have them when you're dead.
  4. Orgasm can cause bad breath...
  5. ...and cure the hiccups.
  6. Doctors once prescribed orgasm for fertility...
  7. ...pig farmers still do.
  8. Female orgasm is more fun than you think.
  9. Studying human orgasm in a lab is not easy...
  10. ...but it sure is entertaining.
Just watch this, it's pretty fun. I'm afraid I didn't manage to embed the video properly in my narrow diary page, but if you're missing some parts of it, just go and see it on the original website.


Friday, 5 June 2009

Home

C'est le jour, c'est le moment, c'est l'instant ! Après des mois de marketing relativement intense, voici que le film "Home" de Yann Arthus-Bertrand est enfin sorti depuis quelques minutes. Il est dévoilé simultanément dans 70 pays, où il sera joué dans les cinémas et à la télévision, visible sur Youtube, vendu sur DVD au prix coûtant, diffusé dans les écoles et fera l'objet de séances spéciales en plein air sur le Champs de Mars à Paris et sur Central Park à New-York. On parle d'événement planétaire, on nous promet des images superbes sur une musique magnifique. Le thème: la beauté de notre planète et l'urgence du péril écologique qui la guette.

C'est là que ça me pose un tout petit peu problème. L'écologie, c'est un plat à la mode, souvent servi avec sa sauce d'auto-flagellation. Encore un film qui vient nous taper sur les doigts pour nous faire culpabiliser à chaque fois qu'on allume la lumière, qu'on prend la voiture, qu'on utilise un sac en plastique ou qu'on achète un ananas ? Qui va nous reprocher d'être parmi la minorité d'humains qui concentrent la richesse mondiale, qui nous tient responsables chacun individuellement du trou dans la couche d'ozone, de l'industrialisation des décénies passées, du capitalisme et du réchauffement climatique ?

Je n'ai pas encore vu le film. J'espère quelque chose de beau, qui va nous donner envie de trier nos déchets et d'accepter de payer un peu plus cher pour des produits recyclables ou pour financer la recherche sur des sources d'énergies nouvelles. Pas qu'on vienne me dire, encore, à quel point toute mon espèce est dépravée et égoïste. Un lecteur du Soir résume bien ma pensée en commentant sur la diffusion du film dans les écoles:
J'estime ce genre d'initiative. Mais il ne faut surtout pas que les enfants ressentent un sentiment de culpabilité d'appartenir à une espèce destructrice, mais au contraire prennent conscience du gigantesque, grandiose, riche,... patrimoine naturel que nous avons en prêt. Et surtout que nous avons droit de l'utiliser, mais que nous devons le faire raisonnablement avec une vision globale à long terme. Je suis profondément convaincu qu'il est possible de vivre de façon "moderne" tout en restant dans une certaine harmonie avec notre environnement. C'est même un défi extraordinaire que l'homme doit relever pour mériter le rôle important que nous tenons sur cette planète.





It's today, it's right now ! After months of heavy marketing, here comes the movie "Home" by Yann Arthus-Bertrand. It is disclosed today in 70 countries simultaneously, where it will be in cinemas and on TVs, displayed on Youtube, sold on DVD at production's costs, shown in schools, and will get special outdoor screenings in Champ de Mars (Paris, under the Eiffel Tower) and Central Park (New-York). It is said to be a worldwide event, they promised wonderful pictures on amazing music. The storyline: the beauty of our planet and the emergency to save it from ecological disaster.

That's where I have a little problem with it. Ecology, a fashionable dish often strongly spiced with blame. Is this another movie to let us know how bad people we are every time we switch lights on, we take a car, we use plastic bags or we buy ananas ? Another movie to make us feel guilty of being among the minority of human beings in whose hands is concentrated the majority of world's wealth ? Another movie that declares each one of us responsible for the hole in the ozone layer, for industrialization in the past century, for capitalism and global warming?

I haven't seen the movie yet. I hope for something beautiful, that will have us feel like sorting our garbage and accept to pay a little more expensive for recyclable products or to finance research on alternative sources of power. I don't want them to come and tell me, once again, how depraved and egoist mankind is. A reader of a Belgian online newspaper put it nicely, when commenting about the movie being shown in schools (personal translation):
I value this kind of initiative. But they shouldn't make children feel guilty of belonging to a destructive kind, on the contrary, they should realize how huge, amazing, wealthy is the natural heritage we received as a loan. In particular, they should understand that we have the right to use it, but that we should do so in a reasonable way, with a global long term view. I am deeply convinced that it is possible for us to live in the "modern" way while keeping some sort of harmony with our environment. It actually is a wonderful challenge that mankind has to face in order to deserve the important role we are playing on this planet.

Tuesday, 2 June 2009

Cherche boulot désespérément

Il y a des choix qui sont difficiles à assumer, et des situations qui semblent jouer contre soi. Il y a un an et demi, j'ai fait le choix de tenter l'aventure d'un nouveau pays. Je savais que l'acclimatation et l'intégration seraient difficiles, que j'aurais à me battre. Je m'étais donné un an, j'ai prolongé l'ultimatum. J'ai vécu des moments difficiles, j'ai fait des plans d'actions, j'ai gagné certaines batailles. J'ai réussi à vivre au jour le jour avec un ours dont le caractère est l'opposé du mien. Je n'ai pas trop souffert du climat et je viens de passer un hiver complet sans dépression saisonnière. J'ai inscrit mon nom sur les bons formulaires et j'ai acquis une vie officielle finlandaise. J'arrive petit à petit à me sentir chez moi dans l'appartement, la ville et le pays. J'ai rencontré des gens, je me suis créée une vie sociale. J'ai progressé dans la langue. Je n'ai plus envie de partir.

Mais il y a une bataille cruciale que je suis encore loin d'avoir gagné: celle de la recherche d'emploi. Il faut dire que je m'y suis mise sérieusement seulement au bout d'un an, quand j'ai perdu l'espoir d'obtenir une bourse et en même temps décidé de tenter l'aventure à fond, malgré tout. Un mois plus tard, une crise financière s'abattait sur les Etats-Unis; les entreprises internationales, les seules susceptibles de m'embaucher, se mettaient à retenir leur souffle, et l'on commençait à se bousculer sur les listes du chômage.

Depuis lors, j'ai eu l'occasion d'envoyer, disons, une trentaine de candidatures. Je ne suis pas difficile: je réponds à toutes les offres auxquelles je pourrais éventuellement convenir. Je me propose en tant que stagiaire, employée, à temps plein ou partiel, en CDI ou CDD, pour travailler en tant que juriste, secrétaire, chercheuse, avocate, collaboratrice HR, n'importe quoi. Il fut un temps, en Belgique, où je me permettais de sélectionner les offres et de faire la fine bouche en fonction de ce que j'aimerais faire ou pas; maintenant j'essaie juste de convaincre les employeurs que chaque offre est le job de mes rêves. Il fut un temps où je recevais une réponse à chacune de mes candidatures, et où j'étais régulièrement invitée à des interviews; maintenant j'obtiens un taux de réponses négatives de cinquante pourcents, et le reste c'est quand on ne me répond pas du tout. Mes jolis tailleurs prennent la poussière et les poils de chats.

Je ne suis pas la plus à plaindre, je m'en rends compte: je suis occupée à une thèse, dont je ne suis plus tout à faire sûre qu'elle serve à quoi que ce soit, mais qui me donne l'illusion de ne pas perdre mon temps. J'ai encore quelques petites économies à dilapider, et j'ai un ours sur qui compter pour me soutenir financièrement. Je n'ai pas d'enfants à entretenir, pas d'emprunt, je ne me retrouverai pas à la rue. Au pire, j'ai une famille chez qui retourner le jour où je baisse les bras. Je connais quelqu'un qui est obligé de supporter un patron manipulateur et invivable par absence d'autre choix. La plupart des étrangers non-européens, s'ils perdent leur boulot, se verront renvoyés au pays qu'ils ont quitté il y a parfois bien longtemps. Et je suis sûre qu'il y a des milliers de chômeurs récents qui se demandent comment il vont habiller leurs enfants et payer leur loyer.

Mais en même temps, je suis dans une situation particulière. N'ayant pas cotisé en Finlande, je n'ai pas droit à la sécurité sociale ou au chômage. Je suis occupée à me battre pour obtenir une couverture maladie, au moins, à laquelle je n'ai plus droit en Belgique puisque je n'y suis plus domiciliée et que je ne peux pas obtenir ici en tant qu'étudiante. Car oui, je suis étudiante pour l'immigration, mais je ne le suis pas assez pour obtenir la carte d'étudiant, et je paie plein tarif sans avoir de revenus. Je n'ai pas droit non plus aux cours de langue intensifs normalement offerts aux étrangers. Je ne peux pas ouvrir un compte en banque. Je ne peux pas prendre d'abonnement téléphonique à mon nom. Je ne paie d'impôts nulle part, et je ne vote nulle part. Je suis dans un situation de demi-droits, comme si je n'existais qu'à moitié.

Je ne peux que m'en prendre à moi-même: je n'avais qu'à pas venir. Quelle idée de partir à l'étranger sans source de revenus assurée ! Quelle idée de croire que j'obtiendrais la bourse pour laquelle j'avais postulé, qu'elle serait renouvelée tous les ans pendant cinq ans comme c'était prévu, qu'il serait plus facile de trouver un boulot une fois sur place, que mes diplômes m'ouvriraient des portes, que les pays européens étaient accueillants pour les ressortissants européens ! Ce qu'il faut, ici, c'est parler la langue. C'est à dire qu'il ne sera jamais suffisant de l'apprendre: il faut avoir pour langue maternelle le finnois, avant même d'être éligible pour la plupart des emplois (dixit, certains recruteurs contactés). Il faut aussi avoir de l'expérience: les diplômes, c'est joli, mais ce qui compte, c'est d'avoir déjà fait ce boulot-là et de pouvoir se débrouiller tout seul dès le premier jour (dixit, d'autres recruteurs). Il faut avoir été éduqué en Finlande, parce qu'on se méfie des étrangers qui risquent de rentrer chez eux, et de leurs formations dont on ne connaît pas la qualité (interprétation personnelle). Autant dire que ma candidature passera toujours après celle des candidats locaux, et avec les licenciements massifs qui défraient la chronique chaque jour et la cohorte des postulants pour chaque emploi, je n'ai pas beaucoup d'espoir à avoir. Les étrangers ici, même installés depuis longtemps, tremblent de perdre leur emploi; ils savent qu'on ne leur fera pas de cadeau.

Personne ne souhaite être au chômage, mais on ne se rend compte des conséquences de cette situation qu'une fois qu'on la vit. Il y a tout l'aspect financier, bien sûr. Se dire qu'on ne peut rien s'offrir, fuir les magasins, ou pire, dépendre de quelqu'un, mendier auprès de celui ou celle que l'on voudrait plutôt gâter. Mettre tous les rêves en berne: pas question d'envisager l'achat d'un appartement, comme font la plupart des amis, pas question d'envisager de fonder une famille, pas question même d'avoir un chat, puisqu'on ignore si on va pouvoir rester. La vie est comme suspendue au bon vouloir d'employeurs que l'on ne connaît pas. Je fais les listes de toutes ces petites choses que je m'offrirai si un jour j'ai un emploi: un nouveau tapis, une coupe de cheveux, quelques livres, des albums pour mes photos encore à imprimer, des vacances à tel ou tel endroit...

Il y a aussi le stress, le travail pour remplir tous ces formulaires, jamais tout à fait les mêmes (et certains faisant jusqu'à douze pages), ces dizaines de lettres de motivations, ces CVs à réécrire sans arrêt pour les améliorer en fonction des circonstances, toutes ces heures de travail improductif. Ces montagnes russes d'espoir et de déceptions, ces coups de fil stressants, ces recruteurs désagréables. Ces jours où l'on y croyait vraiment et où l'on retombe bien péniblement sur le sol dur de la réalité.

Et puis il y a la honte et la culpabilité. Se demander quel pourcentage de gens se disent qu'on l'a bien mérité d'avoir fait des choix aussi stupides, et quel pourcentage pensent que si on ne trouve pas c'est qu'on ne doit pas chercher assez bien. Se dire ces choses-là soi-même. Se rappeler les bonnes leçons que l'on pensait apprises, celles qui disaient que l'amour est nécessairement éphémère mais que l'important dans la vie c'est d'être indépendant économiquement. Ne pas pouvoir s'enlever de la tête que suivre son mari dans un autre pays, c'est bien, y retrouver son amoureux, c'est ridicule. Se rendre compte qu'on est un poids pour celui qu'on aime, celui dont le rêve est d'investir dans l'immobilier, et qui dépense ses sous à entretenir une... une quoi ? Une pute ? Une femme au foyer, sans famille ? Une incapable ?

Parce qu'il y a aussi la remise en question. Si personne ne veut de moi, ça doit être que je ne vaux rien. Si mes belles lettres de motivation n'attirent pas l'oeil des recruteurs, c'est que je ne dois même pas être capable d'écrire correctement. Et d'ailleurs, même si on m'embauchait, serais-je capable de faire quoi que ce soit ? Se dire sans cesse qu'on est idiote, que le choix raisonnable est évident: rentrer au bercail, comme beaucoup s'y attendent. Qu'on n'est qu'une enfant gâtée, à choisir ce qu'on a envie de faire au lieu de ce qu'on devrait raisonablement faire. Qu'on aurait dû faire d'autres choix: pourquoi ai-je étudié le droit au lieu de l'informatique, qui ouvre tellement plus de portes ? Pourquoi n'ai-je pas commencé à travailler plus tôt, au lieu de perdurer dans le confort des études ? Pourquoi ai-je choisi de travailler comme chercheuse, au lieu de viser un emploi qui m'offre une expérience plus valorisée ? Pourquoi n'ai-je pu attendre quelques années de plus avant de venir ? Je pourrais répondre que je ne savais pas, à l'époque, mais est-ce bien une excuse ?

Il y a des choix qui sont difficiles à assumer, et des situations qui semblent jouer contre soi. Il y a des jours où tout cela m'empêche de dormir, des jours de larmes où l'on ne sait plus trop bien où l'on en est. Mais il y a d'autres jours où je décide de ne pas me laisser abattre. Il y a un petit morceau de moi qui croit encore que si on veut vraiment quelque chose, on peut parfois l'obtenir si l'on tient bon. Il y a un coin de naïveté dans ma tête qui préfère prendre le risque de n'arriver à rien plutôt que d'arriver à quelque chose que je n'ai pas vraiment voulu.

Et il y a des choses dont on n'a pas vraiment le courage de parler en réalité, mais qu'on souhaite parfois exposer sur un blog, au grand jour. Parce que ça fait du bien de se plaindre. Et pour mettre les choses au point une fois pour toute, avec tous ceux qui vous veulent du bien.