Saturday, 31 October 2009

Puumala, c'est fini ! / No more Puumala !

Ce week-end était (normalement) le dernier de cette année passé au mökki en construction des parents Ours. Et encore, il fut largement raccourci: au lieu de partir vendredi après-midi, on a pris la voiture samedi très tôt (5h du matin, argh...), et au lieu de revenir dimanche en fin de journée, nous étions déjà de retour samedi en fin d'après-midi. Il faut dire qu'il ne reste plus grand-chose à faire: le premier étage des fondations est terminé, le reste attendra le dégel.

Le but de ce week-end était donc de préparer l'hiver: sortir le bateau du lac en train de geler, protéger le barbecue, rentrer et vider la pompe à eau, trier des déchets, ce genre de choses. En trois heures c'était torché. Et comme personne ne semblait enthousiaste à l'idée de passer une nuit inutile dans un coin où la température descend facilement à -10° en cette saison, on est repartis directement.

J'ai eu à peine le temps de prendre quelques photos hivernales et deux ou trois clichés particulièrement réussi de la petite Aino sous une belle lumière rasante. Je vous les soumets, pour vous faire patienter en attendant un reportage complet sur "Comment construire un mökki depuis le début".




This week-end was our last spent at Bear's family's mökki's construction site. Not even a full week-end: we were supposed to leave on Friday afternoon but we took the car on Saturday early morning (5 am, hard...), and we thought we would be back on Sunday evening but we were home on Saturday late afternoon. That's because there isn't much left to do: the first level of underground construction is ready, the rest of it will wait until the ground unfreezes next spring.

So the goal of this week-end was to have everything ready for this upcoming winter: take the boat out of the freezing lake, protect the barbecue, take inside and empty the water pump, sort garbage, this kind of things. Three hours of work and it was done. Since no one felt really enthusiastic when contemplating an unnecessary night in a place where outside temperature can drop to -10°c at this time of the year, we left immediately.

I hardy had any time to take a few winter pictures and some rather good photos of little Aino under a bright and low sunshine. Here they are, to keep you busy until I have time to submit a full report on how to build a mökki from scratch.


Friday, 30 October 2009

[Mes lectures] L'appel de la lune, de Patricia Briggs

Encore un changement radical dans mes lectures - j'aime varier: cette fois-ci je me suis mise très sérieusement à la bit-lit, malgré un premier essai assez décevant avec Twilight. Pour ceux qui sont aussi ignorants des subtiles abréviations du monde littéraire d'aujourd'hui que je l'étais il y a deux mois, la "bit-lit" c'est la littérature contemporaine consacrée aux histoires de vampires, loups-garous et autres créatures légendaires qui se cachent dans notre monde. Et l'on m'avait dit que la série des "Mercy Thompson" de Patricia Briggs était un incontournable du genre. Un peu méfiante, je me suis donc plongée dans cet univers, quite à vous offrir une critique bien sanglante si l'envie s'en faisait sentir... Eh bien non ! Voyez plutôt...


Résumé:

Mercedes (surnommée Mercy) Thompson est une jeune femme pleine de caractère. Il en faut quand on est mécanicienne et qu'on possède son propre garage à gérer. Il en faut encore plus, quand on est secrètement capable de se transformer en coyote et qu'on a été élevée parmi les loups-garous. Parce que son statut est un peu particulier: grâce à son "pouvoir", elle sait repérer tous les êtres surnaturels qui nous entourent et que les humains ne voient pas - ceux qui, contrairement aux faes de grades inférieurs, ne se sont pas encore dévoilés au grand jour. C'est ainsi que Mercy n'ignore pas que son ancien patron est un gremlin, qu'elle répare le van d'un vampire et que son voisin est l'alpha de la meute de loups-garous locale... Mais elle ne se frotte pas trop aux uns et aux autres et tire assez bien son épingle du jeu. Jusqu'au jour où un jeune loup-garou débarque devant sa porte, affirme qu'il a été transformé de force et qu'il a fait l'objet d'expériences bizarres... Mercy n'a d'autre choix que l'aider, sans savoir que ça va la mener très, très loin.


Mon avis:

Je le dis d'emblée et sans la moindre honte: cette lecture est vraiment rafraîchissante et j'ai passé un bon moment auprès de Mercy. Le petit monde dans lequel elle vit est assez bizarre, plein de personnages légendaires qui répondent largement aux clichés qui leurs correspondent, mais développés de façon relativement cohérente. On apprend ainsi que les loups-garous ont une hiérarchie très poussée, même sous leur forme humaine, que les vampires s'organisent comme une mafia puissante, et que les faes, depuis qu'ils ont dévoilé leur existence, sont obligés de vivre dans des réserves pour se protéger du racisme humain. Prenez une grosse poignée de créatures connues de tous, mélangez-les, jetez-les dans notre monde actuel version petite ville américaine, et vous obtenez un univers qui aurait pu n'être qu'un sacré bordel; mais heureusement, la plume de Patricia Briggs en fait un plateau de jeu en équilibre dont elle nous présente les règles petit à petit, sans forcer, sans trop nous fatiguer les méninges.

Au milieu de tout ceci, le pion principal, c'est Mercy; une femme, d'accord, mais pas le genre jolie héroïne blonde et gnan-gnan, pas le genre guerrière impavide, quelque part entre les deux. L'animal qui la représente, le coyote, lui correspond bien: entre le loup prédateur et sa proie le lapin, elle essaie de rester cachée mais sait se défendre quand on l'attaque. Un bon mélange.

Le style est assez proche de celui de Twilight, celui dont j'ai dit tant de mal il y a quelques articles d'ici: totalement inintéressant. Encore une fois, l'auteur n'a aucune prétention à la grande littérature et ne se fend pas de la plus petite métaphore ou de la moindre subordonnée. Mais contrairement à Twilight où ça m'avait profondément déplu, ici c'est beaucoup moins pesant, pour la simple raison que l'histoire se suffit à elle-même. C'est un thriller; entre les paragraphes où Mercy nous explique en quelques mots les règles de son monde (sans jamais que ça tourne au cours magistral, un exploit en soi) et ceux où l'action se développe souvent assez rapidement, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Patricia Briggs ne joue pas avec son lecteur, elle l'emmène droit où il doit aller, et de temps en temps ça fait du bien de se laisser prendre par la main.

Bref, ce ne sera pas le roman de l'année, mais ça reste une chouette lecture, prenante et délassante à la fois. Je ne manquerai pas de me procurer le tome 2 un de ces jours (il y en a 4 à l'heure actuelle), et je remercie les copines de livraddict de me l'avoir fait découvrir !

Thursday, 29 October 2009

Le mythe du finnois difficile

Une connaissance sur facebook vient gentiment de me renvoyer le lien vers un article que j'avais lu il y a longtemps, mais que je n'arrivais pas à retrouver. Il a été écrit par un professeur de français à l'université de Jyväskylä. Je vous laisse le découvrir avant d'en faire un petit commentaire...

Le mythe du finnois difficile

Ce texte à vocation résolument polémique a été publié une première fois en 1997 dans les Mélanges offerts à Anna Kokko-Zalcman par ses anciens élèves de lʼINALCO. Il sʼagissait dʼun recueil entièrement privé non publié, distribué uniquement à Anna Kokko-Zalcman et aux auteurs des articles. Trois des articles, dont celui-ci, ont été ensuite publiés, en 1998, dans une revue de large diffusion (Boréales, voir Publications). Le texte a été écrit au départ pour un public francophone et le ton était volontairement léger. La version figurant ici a été remaniée et étoffée de quelques remarques plus « scientifiques ».

« Miten joku voi oppia suomea? »

À la fin des années 1970, la branche des lettres classiques présentait des débouchés quasi nuls. N’ayant nulle envie de tenter et retenter avec trois mille autres malheureux de décrocher l’un des dix postes (environ) mis généreusement au concours par l’éducation nationale, je suis allé, fort d’un premier contact avec la Hongrie, rejoindre les rangs des finno-ougristes de tout poil dans les bâtiments lugubres de Censier (Paris III). Ce n’est pas que les perspectives d’emploi y aient été nettement plus alléchantes, mais le cagibi de Censier, qui tenait lieu d’institut des langues finno-ougriennes, avait au moins le mérite de changer du thème grec. Résultat : après deux ans et demi à Paris, je me suis retrouvé professeur de … français. En Finlande, certes, mais avouez que c’est un peu tomber de Charybde en Scylla.

Au lieu de travailler sur la substance finno-ougrienne et éventuellement de pouvoir enseigner un jour cette matière à des francophones, je me suis retrouvé à faire l’inverse ! Certes, dans cette tâche de professeur de français langue étrangère, les études de finnois sont loin d’avoir été inutiles. Et, en près de vingt ans, j’ai eu le temps de roder les connaissances acquises à Censier.

Ces années passées à expliquer les mystères de la grammaire française à des étudiants finlandais m’ont convaincu d’une chose, et c’est le message essentiel que je tiens à livrer aux habitants de la planète : le finnois n’est pas cet idiome dégoulinant de déclinaisons et de formes complexes que l’on prétend habituellement, le finnois est une langue FACILE. Je n’irai pas jusqu’à dire « ridiculement » facile, mais ça me démange. La difficulté du finnois est un mythe. Entretenu sciemment ou non par les Finlandais. Un mythe qui a la vie aussi dure que le Père Noël (qui, comme le savent les gens civilisés non suédois et non norvégiens, habite à Korvatunturi).

En général, à l’énoncé d’une telle assertion, le doute se dessine sur le visage de l’interlocuteur finlandais. Pourtant, les justifications ne manquent pas. Si l’on compare la grammaire du français, langue réputée elle aussi comme au moins moyennement difficile, et celle du finnois, c’est un helppo nakki. Jugez-en :




français finnois
modèles de conjugaisons 60 4
modes 3 2
temps simples 7 4
temps du passé (indicatif) 9 3
temps du subjonctif 4 0
articles 3 0
genres grammaticaux 2 0
conjonctions convessives 15 2

Ceci pour ne donner que quelques exemples. On pourrait affiner et prolonger cette liste. Ce qui est sûr, c’est que le Finlandais apprenant le français perd un temps considérable avec des problèmes que ne rencontre pas son homologue fennisant de France. La morphologie du finnois est d’une régularité d’horloge (ou presque), et les verbes finnois font piètre figure devant les verbes du 3e groupe en français. Les plus grandes difficultés pour les finnophones : le choix des temps au passé (le couple imparfait – passé composé, essentiellement), le choix entre le et la (eh oui...) et, surtout, le choix entre article défini, article indéfini et article zéro. Ce dernier problème est vraiment une gigantesque bouteille à l’encre, en comparaison de laquelle le problème du subjonctif dans les subordonnées est ridiculement simple, parce que très facile à circonscrire. Comme on le voit, à l’exception du choix des temps du passé, qui peut poser certains problèmes dans le sens français > finnois aussi, les difficultés énumérées n’existent pas pour le francophone étudiant le finnois.

Sur le plan général de l’agencement du message et de l’ordre des mots, pas de difficultés majeures pour le francophone qui apprend le finnois. Aussi bizarre que cela puisse paraitre de prime abord, puisqu’il s’agit de langues théoriquement assez éloignées, dans l’ensemble on est en terrain connu : S-V-O, information à la fin de la phrase, etc. Là encore, le finnophone a plus de problèmes : ces sacrés pronoms qui se promènent partout ! Comparez la belle stabilité finnoise avec ce qui se dit en français :

Onko hän käynyt siellä ? Y est-il allé ?
Hän ei sanonut sitä. Il ne l’a pas dit.
Hän ei halunnut sanoa sitä. Il n’a pas voulu le dire.

Bref, qui est le plus à plaindre ? Laquelle des deux langues est la plus difficile ? (Rumeur dans le fond du cagibi de Censier) : « et les quinze cas du finnois ? et la déclinaison ? » (Réponse) : « et les 50 – 60 prépositions ou locutions prépositionnelles du français ? » (Silence). (Nouvelle rumeur) : « et le problème de l’objet en finnois ? Hein, et le partitif dans tout ça ? » (Touché). Eh oui, bon d’accord, il y a le partitif. Bouteille au jus de myrtille. Personnellement, je n’ai toujours pas compris comment ça marche. Chaque fois que je crois avoir compris, survient un exemple qui abat le bel édifice. Avant, je me disais que je ne comprenais pas parce qu’on me l’avait mal expliqué. Maintenant, je pense que je ne comprendrai plus. Les Finlandais eux-mêmes ne sont pas d’accord entre eux quand on leur soumet un problème. De toute façon, il faut bien qu’il y ait quelque chose de difficile quelque part !

Mais, au total, je crois qu’il faut reconnaitre honnêtement que sur le plan de la difficulté, en tout cas en ce qui concerne la morphologie, le français n’a rien à envier au finnois, et que ce serait plutôt l’inverse. L’alternance consonantique, qui semble si déroutante au départ, est une simple question d’habitude. Il y a bien quelques verbes amusants dont le thème est impossible à déduire à partir du seul infinitif (et vice-versa), comme keritä / kerkiä-, siitä / sikiä-, toeta / tokene- ou substantifs de la même eau, comme ien / ikene- ou le fameux äes / äkeen, mais c’est marginal.

Au-delà de ces considérations statistiques, qui n’ont pas la prétention d’être un tableau fidèle et résultant de recherches poussées, on peut faire plusieurs remarques. Tout d’abord, la notion de langue difficile et langue facile est, comme on le sait, dénuée de sens. Il n’y a pas de langue facile. Et il n’y a pas non plus de langue difficile. Il y a des langues qui demandent plus d’efforts que d’autres, certes. Et même si l’on parvenait à établir des critères objectifs pour mesurer le degré de difficulté « absolu » des langues, il subsisterait bien des différences subjectives selon les apprenants. Moi, je trouve le finnois relativement facile, surtout comparé au sanskrit ou au grec classique, mais ce n’est forcément le cas de tout le monde.

Pourquoi présente-t-on le finnois comme une langue difficile ? Du côté francophone, il y a bien sûr la tendance naturelle à présenter une langue « exotique » comme « hyper-difficile », ou alors il s’agit d’une simple ignorance. Mais du côté finlandais ? Pourquoi toujours la même réaction : miten joku voi oppia suomea (Comment est-il possible que quelquʼun apprenne le finnois), sous-entendu : sehän on niin hirveän vaikea kieli! (cʼest une langue si terriblement difficile) ? Ne serait-ce pas plutôt dans l’intérêt des Finlandais de vanter la régularité et la simplicité de leur langue, et d’inviter tout le monde à l’apprendre, surtout à l’heure de l’Union européenne ? Voilà qui pourrait faire vendre quelques téléphones Nokia de plus !

En fait, pour les Finlandais, la difficulté de leur langue est un trésor national. L’Union européenne n’a pas (encore) débarrassé les Finlandais de leur complexe d’infériorité vis-à-vis des grands pays d’Europe. Ils sont souvent les premiers à dire qu’il n’y a pas grand-chose d’intéressant dans leur pays (sur le thème : qu’est-ce qu’un étranger peut bien venir faire ici ?). Or, il y a des choses intéressantes. Les lacs, l’hiver, le sauna, la nature et … la langue, si difficile. Celle dont Sauvageot disait : « La nation finnoise peut légitimement être fière de la langue qu’elle s’est construite à la mesure de son génie. Quiconque l’a pratiquée tant soit peu se sent obligé d’en rendre hommage à tous ceux qui l’ont voulue et réalisée telle qu’elle est. » Cette langue difficile, impossible à apprendre pour un étranger, est un des trésors que nul ne saurait arracher au peuple finnois. Tout le monde n’en pas, des langues difficiles comme ça !
On comprend donc les réactions pour le moins étonnées quand quelqu’un vient affirmer que le finnois, c’est de la rigolade.

Tout ce que j’ai dit avant ne vaut que quand on apprend et parle le finnois. Quand on commence à le traduire, on se rend compte de l’abime qui sépare parfois les deux modes d’expressions, finnois et français. Et le finnois devient difficile. À traduire. Car finalement, le finnois se débrouille bien mieux que le français pour dire les choses, simplement et efficacement. Quels trésors d’ingéniosité ne faut-il pas parfois déployer pour rendre les mots les plus simples. Essayez donc de traduire par deux substantifs simples et courants maljakon rikkoutuminen. Mais je me rends compte que ce que je viens de dire implique que c’est en fait le français qui est difficile. Décidément ! On n’en sort pas !


© Jean-Michel Kalmbach 1998-2001


Tout ceci est très bien écrit et très vrai. Ceci dit, il me semble que l'auteur fait preuve d'un peu de mauvaise foi dans sa logique. Tout ce qu'il nous démontre, en réalité, c'est que le français est aussi, si pas plus, difficile à apprendre que le finnois. En ceci, il a sûrement raison: j'ai toujours plaint les étrangers qui devaient apprendre ma belle langue, quand certains natifs ne cessent de faire des fautes et que peu d'entre eux parviennent à l'orthographier correctement...

Mais ce n'est pas parce que le français est une langue difficile pour les Finlandais, que le finnois en devient facile pour les francophones ! Leurs cas ont beau suivre une certaine logique, dès que je souhaite exprimer une construction que je n'ai jamais croisée, j'en suis à me creuser les méninges pour 1) trouver le mot qui convient et qui n'a jamais rien à voir avec aucune autre langue, 2) deviner quel cas employer, 3) construire la forme appropriée. Rien n'est insurmontable, bien entendu, mais il y a un certain nombre de langues où l'on peut se contenter d'aligner les mots et d'espérer se faire comprendre... En finnois, ça ne marche jamais ! Il faut admettre qu'en tant que francophone, il y a moyen de trouver un certain nombre de langues plus faciles à apprendre, et où l'on cessera peut-être un jour de me répéter que "de toutes façons, dans dix ans je continuerai à faire des fautes"...

Ceci dit, j'aime cet article en ce qu'il remet un peu les choses en place, et dans mon esprit tordu la pitié pour les pauvres petits Finlandais qui tentent d'apprendre le français se transforme en courage pour mon propre apprentissage de leur langue... En réalité, monsieur Kalmbach, vous devriez traduire votre article en finnois ! :)

Wednesday, 28 October 2009

5 choses que je n'aime pas en Finlande / 5 things I dislike in Finland

Ca faisait longtemps, un petit "5 choses...". Je ressors un ancien brouillon de mes tiroirs: 5 choses que je n'aime pas en Finlande.

1. J'aimerais que les gens soient plus accueillants au premier abord. Ils sont très gentils, mais pour la plupart n'ont pas le réflexe de faire parler le petit nouveau, d'aller vers lui, d'essayer de le mettre à l'aise. C'est au nouveau de faire l'effort, et pour une timide comme moi qui n'ose pas trop s'incruster dans les conversations, ça rend les choses très difficiles.

2. L'hiver. Tous ceux qui sont passés par ici en hiver vous le diront: ce n'est pas le froid qui tue (quoi que...), c'est le manque de lumière. Sur le moment même on ne se rend pas compte à quel point ça nous affecte, mais voilà les beaux jours de retour, le soleil qui se lève à partir de 5h du matin, et tout à coup je me sens beaucoup plus enthousiaste, courageuse, vivante.

3. La nature en hiver. En fait, l'absence de nature. Y'a plus de vert: pas de feuilles sur les arbres (les pins, c'est quand même très déprimant comme arbre...), pas d'herbe sur le sol, pas de plantes sur les balcons... Mais c'est contrebalancé par le printemps qui en devient une vraie fête, tout revit d'une façon magistrale, les gens, la nature, les animaux...

4. Le prix de la viande, et le manque de choix. Je ne suis pas tellement carnivore, mais de temps en temps un bon steak, un cordon bleu, une tête de veau pressée, un carpaccio... Bon, arrêtons de rêver.

5. La différence entre la langue parlée et la langue écrite. J'ai beau comprendre tout ce que la prof de finnois raconte en finnois (et elle ne parle plus que ça au cours), je ne pige pas un seul mot de ce que les gens racontent quand je regarde Big Brother. Je suis sûre que je ne rate pas grand-chose, mais quand même...

Et malgré tout, j'aime tellement ce pays :)

∼∼∼∼∼∼∼∼∼∼∼

It's been a while I haven't come up with a "five things" kind of list. So I dug into my drafts and came up with one I had almost ready: "5 things I dislike in Finland".

1. I'd like people to be a bit more welcoming at first. They are usually very kind, but most of them won't feel the need to go to the stranger in their group, have him/her talk, try to make him/her feel at ease. It's that newcomer's duty. Well, for someone as shy as myself who won't dare diving into a conversation without being invited, it tends to be hard.

2. Winter. All those who spent a winter here can tell: it's not the cold that kills you (well, it does a little), it's the lack of light. You don't really notice right then how much damage it does to your mood, but as soon as spring is back, when sun is out at 5 am again, suddenly you feel much more enthusiastic, brave, alive.

3. Nature in winter. Actually the lack of nature. There is no more green: no leaves on trees (pine trees, what a depressing kind of tree !), no more grass on the floor, no more plants on balconies... But that's compensated for when spring comes back. Then it's party time: everything comes back to life, people, nature, animals...

4. The price of meat, and the lack of choice. I'm not so much of a meat eater, but sometimes a good steak, a "cordon bleu", a carpaccio... Stop dreaming, girl.

5. The difference between their spoken and written language. I do understand everything our teacher says and she speaks finnish all the time, but I still can not understand a word when I watch Big Brother on tv. I'm quite sure I'm not missing much but still, it's so frustrating...

And yet, I still like that place so much :)

Tuesday, 27 October 2009

[Mes lectures] Les yeux jaunes des crocodiles, de Katherine Pancol

Voilà un livre que j'ai reçu en cadeau il y a trois ou quatre ans, que j'ai lu puis rangé dans la bibliothèque, et dont je ne me souvenais pas du tout. Lorsque des membres de livraddict ont commencé à en parler, dont beaucoup en termes assez élogieux, je me suis rendue compte avec un peu de honte que j'avais tout oublié de l'intrigue ou du style. Je n'étais pas très fière de moi ! C'est pourquoi je n'ai pas hésité quand je l'ai croisé sur les étagères d'une famille francophone chez qui je fais quelques babysittings; à raison de trois soirées que je lui ai consacrées dès les enfants au lit, j'ai redécouvert ce roman dont il ne me restait dans la tête que quelques bribes d'intrigue.


Résumé:

Depuis qu'Antoine est au chômage, rien ne va plus entre lui et son épouse Joséphine. Lorsqu'ils finissent par se séparer, Antoine part avec sa maîtresse Mylène élever des crocodiles en Afrique, tandis que la timide Joséphine se retrouve seule pour faire face à l'éducation de ses deux filles et aux dettes laissées par son mari. Ce changement de situation l'oblige à sortir de sa carapace d'épouse assistée, et lui permet de jeter un regard nouveau sur les gens qui font partie de son petit monde: sa fille Hortense dont elle n'arrive pas à obtenir le respect; sa mère pour qui elle n'a jamais été assez bien, et qui rend malheureux sa bonne crème de second mari; sa soeur Iris, belle, séduisante, irrésistible, et pourtant si superficielle; Philippe, l'époux de sa soeur, qui cache un bon coeur paternel sous ses costumes d'avocat renommé; Shirley, la voisine et meilleure amie au passé secret... Tout un petit monde de personnalités totalement différentes qui cherchent le bonheur chacun à leur façon.


Mon avis:

Le fait que j'aie lu ce livre de plus de 600 pages en seulement trois soirées prouve bien qu'il m'a plu, ou en tous cas que j'ai bien accroché. Et c'est le cas: au fur et à mesure on a envie de savoir où va l'histoire, ce que vont devenir les personnages, certains auxquels on s'attache et d'autres qu'on déteste cordialement. C'est une lecture agréable, suffisamment prenante, on y plonge facilement.

Par contre, quand l'éditeur écrit que c'est un roman "sur la vie", je me demande un peu qui a une vie comme celle-là. Est-ce que vous connaissez, vous, quelqu'un parti élever des crocodiles en Afrique ? Une femme aussi irrésistiblement belle et aimée qu'Iris ? Une jeune fille de 15 ans avec un tel don pour la mode ? Une agrégée d'histoire capable de sortir un roman au succès inégalé dès son premier essai ? Une femme de banlieue membre cachée d'une famille royale connue ? Tous les personnages, à peu près sans exception, sont des espèces de caricatures dont on sait qu'on ne les rencontrera jamais. Ce qui n'enlève rien au plaisir de la lecture, mais il faut bien admettre qu'il s'agit d'une histoire presque fantastique et non d'un roman sur une vie dans laquelle on est censé se reconnaître.

En réalité, ça m'a réellement fait penser à une pièce de théâtre: les personnages sont un peu exagérés pour qu'on comprenne bien qui sont les gentils et les méchants, leurs déguisements sont très typés pour qu'on les distingue bien, et ils parlent très fort pour bien faire passer le message jusqu'au fond de la salle. Un message un peu naïf: il faut s'attacher aux vraies qualités profondes, les gens superficiels finissent par le regretter, battez-vous dans la vie et ne vous laissez pas marcher sur les pieds... J'ai trouvé un peu désagréables les nombreux paragraphes moralisateurs où Joséphine en particulier ne cesse de répéter ce qui la fait avancer dans la vie, les erreurs et les progrès qu'elle fait. Je n'aime pas particulièrement quand un auteur joue trop visiblement les donneurs de leçons.

Mais voilà, tout ceci n'empêche pas que ce soit une lecture agréable malgré ses défauts. Un bon moment de détente, qui ne m'a pas particulièrement émue, mais dont j'entamerai la suite ("La valse lente des tortues") avec plaisir.

Saturday, 24 October 2009

Lomographie / Lomography

A la fin de l'été, des amis portugais sont venus nous rendre visite: Ana et Paulo. Ils ont eu la gentillesse de nous apporter des cadeaux, à Mr Ours et à moi, et ont trouvé exactement le genre de cadeau qui me fait le plus plaisir: la chose que je ne connaissais pas, que j'aimerais si je la connaissais, que je ne m'achèterais pas à moi-même parce que ce n'est pas nécessaire mais avec laquelle je passerai de très bons moments une fois que je l'ai. En l'occurence, un appareil photo de type lomographique qu'on appelle un oktomat.

J'imagine la plupart de mes lecteurs ouvrir de grands yeux: lomographie ? oktomat ? Keseksa ?

Tout d'abord, la lomographie: c'est un mouvement photographique qui conseille aux photographes d'utiliser des appareils photos "jouets" bon marché pour prendre des clichés spontanés. Etant donné la faible sophistication du matériel (l'appareil est limité au strict nécessaire, en plastique, sans aucune électronique), la qualité de l'image est généralement médiocre, mais tout le truc est là: il s'agit d'utiliser l'appareil à n'importe quel moment, n'importe où et n'importe comment, sans cadrage ni réglage, et avoir le plaisir de découvrir au hasard des clichés la poésie qui se cache dans les couleurs et les formes inattendues.

L'appareil que j'ai reçu est un "oktomat", c'est à dire qu'il prend huit clichés en l'espace de deux secondes, sous forme de vignettes en deux rangées. Il est absolument simplissime, avec tout juste une petite dragonne et un viseur repliable, il faut charger le film à la main et le rembobinner de même. Me voici revenue au pays des films argentiques, et ce n'est pas nécessairement une mince affaire: j'ai eu quelques problèmes pour faire rembobiner le film et je suis encore à la recherche d'un photographe qui accepterait de me développer mes clichés uniquement sur CD.

Mais voilà, j'ai enfin les résultats de mes premiers tests. Un peu décevant si je m'étais attendue à de belles vignettes poétiques, et des couleurs assez inattendues, mais j'apprends: la prochaine fois je veillerai à attendre/créer plus de mouvement au moment d'appuyer sur le bouton, et j'essaierai d'éviter la sur-exposition qui a gâché la moitié de mes photos. Mais voici quand même quelques-unes de mes premières oeuvres... Merci aux modèles qui ont gentiment accepté de se laisser prendre :)


At the end of last summer, two Portuguese friends came to visit us: Ana and Paulo. They very kindly brought some presents for Mr Bear and myself, and they managed to pick exactly my favourite kind of gift: something I didn't know, but I would like if I knew it; something I wouldn't buy myself because it's not a priority, but that I would have a lot of fun with if I had it. They offered me a lomography camera called an oktomat.

Now I can imagine my readers wondering: lomography ? oktomat ? What the hell can that be ?

First, lomography: it's a photography movement whose members use cheap and low quality "toy" cameras for casual, snapshot photography. Because cameras are so basic (plastic, cheap lenses, no electronic, no flash), the picture quality is usually rather low, but that's the whole point: you're supposed to use your camera any time, anywhere and any how, without dealing with settings and framing, and have some pleasure when later discovering random pics where unexpected colors and shapes transform into some kind of poetry.

The camera I received is an "oktomat", which means it takes four pictures within two seconds and they appear as two lines of small snapshots. It's very simple, with only a little wrist-strap, and some sort of retractable pointer, you need to load and unload the film yourself. Here I am, back to the times of silver films, and it's not always easy: I had some trouble unloading the film and I am still looking for a photographer that would develop my pics into a CD only.

But here I am, with the outcome of my first tests. A bit disappointing if I was expecting some very poetic snapshots, and rather strange colors, but I am learning: next time I will be careful at waiting for or creating movement, and I will avoid the extra light that spoiled half of my film. But still, here are my first works... Big thanks to the models who kindly accepted to be taken :)



Sunday, 18 October 2009

[Mes lectures] Le tour d'écrou, d'Henry James

"Le tour d'écrou" (The Turn of the Screw) est une longue nouvelle écrite par Henry James, un auteur américain du XIXe siècle. Elle m'a été conseillée par un ami qui étudie la littérature anglo-saxonne et qui la considère comme un chef-d'oeuvre. Je n'en avais jamais entendu parler, mais toujours ouverte à de nouvelles aventures littéraires, j'ai suivi son conseil et je me suis procurée cette "novella", sans rien savoir de son contenu. My God, comme disent certains: quelle découverte...


Résumé:

Un soir de Noël, un groupe d'amis se racontent des histoires de fantômes. L'un d'eux décide de ressortir un manuscrit inédit qui lui a été confiée par une gouvernante maintenant décédée, dans laquelle elle raconte une expérience terrifiante vécue alors qu'elle était jeune. Elle s'était vue confier l'éducation de deux jeunes orphelins par leur oncle qui refuse de s'en occuper. La gouvernante est entièrement sous le charme de ces deux enfants si parfaitement adorables. Cependant, à plusieurs occasions, elle remarque la présence d'un homme et d'une femme inconnus à proximité ou dans la maison, qu'elle identifie par la suite comme une précédente gouvernante et un homme travaillant à la résidence, tous deux proches des enfants et tous deux décédés récemment. De plus, la narratrice est persuadée que les enfants sont également témoins de ces apparitions, sans jamais en parler. A partir de là, il s'installe entre la gouvernante et ses pupilles une atmosphère de suspiction, entre amour irraisonné et non-dits insupportables...


Mon avis:

J'ai terminé cette nouvelle il y a deux semaines et je n'en écris la critique que maintenant, parce que je ne voyais pas comment exprimer tout ce qu'il m'est passé par la tête pendant ma lecture et depuis que je l'ai lue. Il s'agit d'une oeuvre si complexe qu'elle a paraît-il tenu en haleine les critiques professionnels depuis sa parution il y a plus de cent ans. Difficile pour moi de m'attaquer à la rédaction d'un compte-rendu valable... Mais je vais essayer, malgré tout.

Pour commencer, autant le dire tout de suite : cette histoire de fantômes n'est pas une histoire de fantômes. C'est un huis-clos angoissant où les fantômes ne sont que des personnages secondaires, l'étincelle qui vient allumer le feu. Assez rapidement, la gouvernante ne les craint plus et par conséquent, le lecteur non plus; l'angoisse émane plutôt du comportement des enfants, et des non-dits de la gouvernante.

La particularité de cette nouvelle, c'est le mystère permanent qui plane sur l'histoire. A chaque "turn of the screw" (littéralement, "tour de vis") qui devrait faire avancer l'intrigue, les réponses sont moins nombreuses que les questions, et l'ombre enveloppe un peu plus le lecteur. La narratrice s'exprime elle-même par élipses, comme si elle ne voulait pas mettre sur le papier ses pensées les plus affreuses, ses décisions les plus radicales. Sans cesse on ne peut que supposer les hypothèses les plus terribles. Henry James joue avec les nerfs du lecteur comme les meilleurs metteurs en scène de films d'horreur: il a compris que dévoiler le monstre est beaucoup moins effrayant que laisser traîner l'image sur l'ombre dans lequel la bête s'est tapie...

Ce sont les non-dits qui portent cette nouvelle : ceux qui ne sont pas dévoilés au lecteurs, et ceux qui planent entre la gouvernante et ses pupilles. Cette relation est malsaine dès le début, quand elle se laisse aller volontairement à un amour sans ombre pour ces deux enfants aussi incroyablement, surnaturellement parfaits - dont son intuition remet pourtant la sincérité en cause dès la première apparition. On ne comprend pas pourquoi elle n'ose pas les confrontrer, et on en vient à se demander si elle est elle-même sincère...

Tout au long de ce texte, Henry James démontre un talent extraordinaire pour créer une angoisse de plus en plus prenante à partir d'un nombre étonnant réduit de faits. C'est en cela que cette nouvelle est un vrai chef-d'oeuvre: on sens que chaque mot a été choisi avec soin pour tenir le lecteur en haleine tout en faisant progresser l'ombre, pour lui permettre de développer mille hypothèses qui se contredisent les unes les autres tout en aboutissant chacune à une impasse. J'ai moi-même passé quelques heures d'insomnies à énumérer les questions laissées en suspens et à élaborer des explications possibles. Je vous en soumets ici quelques-uns, en blanc pour ne pas gâcher la surprise de ceux qui souhaitent livre cette nouvelle (il suffit de surligner avec la souris pour lire ce passage):
- Pourquoi Miles a-t-il été renvoyé de l'école ? Pour des choses qu'il a raconté aux élèves "qu'il aimait le plus", par conséquent des choses dont il se souvenait avec plaisir - mais il dit aussi que ce sont des choses si horribles qu'elles ne pouvaient être écrites à la maison par les maîtres...
- Comment se fait-il que seule la gouvernante voie les fantômes ? Toute l'histoire pourrait prendre un sens totalement différent s'ils n'étaient que le fruit de son imagination, si elle pensait lire la duplicité dans les yeux de ses pupilles réellement innocents. Mais alors, comment se fait-il qu'elle ait pu décrire Peter Quint et Miss Jessel sans les avoir rencontrés ? Et comment expliquer la dernière scène, où Miles pense deviner que Miss Jessel est à la fenêtre ?
- Les enfants sont-ils réellement attirés par les fantômes ? Alors comment se fait-il que Miles insiste pour retourner à l'école ?
- Quel a été ce comportement si répréhensible, si "libre", de Peter Quint envers Miles ? S'agit-il de ce qu'il a raconté à l'école ? Mais est-ce si répréhensible s'il ne montre aucun signe de souffrance, s'il ne fuit pas les fantômes ?
- Pourquoi Miles meurt-il à la fin ? La raison semble être que la gouvernante a réussi à se l'approprier en évinçant Peter Quint, mais ne leur a-t-il pas tourné le dos en demandant à retourner à l'école ?
- Pourquoi la gouvernante refuse-t-elle de confronter les enfants directement, pourquoi ce jeu du chat et de la souris ? Pour ne pas les blesser, semble-t-il - mais les blesserait-elle vraiment quand ils semblent eux-même dominer le jeu ? Ou bien parce qu'elle n'est pas sûr d'elle, qu'elle a inconsciemment inventé ces fantômes et le sait ?
Je pourrais continuer la liste très longtemps, mais je vous laisse la compléter...


Au niveau du style, la nouvelle est excessivement bien écrite, avec, comme je l'ai dit, un choix des mots particulièrement attentif. Ce qui peut être un problème pour le lecteur étranger: la construction des phrases avec enchaînement des subordonnées, le vocabulaire un peu démodé ou très recherché est parfois un obstacle, et il m'a fallu de nombreuses fois relire une phrase ou un paragraphe pour en cerner le sens. D'un autre côté, c'est un plaisir de découvrir une oeuvre où le choix des mots a été aussi soigné et un style narratif aussi complexe qu'intéressant.

Bref, je ne peux que conseiller cette lecture à ceux qui souhaitent une part de mystère et un petit plongeon dans la littérature anglo-saxonne haut-de-gamme. C'est un peu comme lire Camus: ce n'est pas facile, mais c'est puissant, complexe et ça laisse des traces.

Sunday, 11 October 2009

[Mes lectures] Twilight, tome 1: Fascination, de Stephenie Meyer

Pendant longtemps, j'ai échappé au phénomène de mode créé par la saga Twilight, de Stephenie Meyer. Peu de choses me retenaient de découvrir ces best-sellers, pourtant. A priori la littérature "bit-lit" ne m'attire pas particulièrement, mais pour être honnête je n'en avais jamais lu. Je n'ai pas aimé le film, que j'ai trouvé vraiment très "gnan-gnan", mais beaucoup d'adaptations cinématographiques ne reflètent pas la qualité des oeuvres dont elles sont issues. On en dit souvent que c'est une saga pour adolescentes, mais on disait aussi que Harry Potter était écrit pour les enfants et pourtant j'ai adoré cette série. Je n'avais donc aucune bonne raison pour ne pas découvrir Twilight, et après avoir rencontré de nombreuses lectrices fans inconditionnelles de ces romans sur livraddict, j'ai fini par m'y mettre...


Résumé:

Bella Swan, 17 ans, emménage chez son père Charlie dans la ville de Forks pour laisser sa mère auprès de son nouvel amour. Elle n'attend rien de bon de cette petite ville de province constamment sous la pluie. Pourtant, l'accueil est plus chaleureux qu'elle ne s'imaginait et elle s'y sent bien, surtout après avoir rencontré Edward, un camarade de classe mystérieux à la beauté époustouflante. Bella est littéralement envoûtée et tente de percer le secret d'Edward et de sa famille, de leur peau pâle, de leur beauté irréelle et de leurs attitudes étranges - au risque de sa propre vie.


Mon avis:

Cette saga constitue un véritable phénomène, au même titre qu'Harry Potter. Après avoir lu le premier tome, je peux comprendre ce qui a rendu un nombre incalculable de jeunes lectrices (peut-être lecteurs aussi) fan de cette histoire d'amour impossible. L'intrigue reprend avec succès cet ingrédient attirant de légende dans le présent, de monde caché dans notre monde habituel, tout comme (à nouveau) l'a fait J.K. Rowling. Les vampires ne sont pas tout à fait comme on les imagine, ils ont cette petite touche de modernité qui leur donne un potentiel de réalité. L'intrigue est bien menée dans ce premier tome, simple et sans temps morts, culminant avec un vrai danger. Le côté "gnan-gnan" que je reprochais au film est largement atténué par le fait que le mystère d'Edward et sa relation avec Bella se dévoile de façon bien plus naturelle et progressive que dans la film, où j'ai failli laisser tout tomber pendant leur longue et pénible ballade dans les bois de peur de m'engluer dans la guimauve...

Stephenie Meyer a visiblement des souvenirs très vivaces de sa propre adolescence, car elle décrit les émois de ses personnages de façon particulièrement efficace. Elle réveille le romantisme qui sommeille dans son lecteur en décrivant Edward de façon particulièrement irrésistible, à la fois magnifique, lointain, torturé, mais aussi tendre, passionné, charmeur. Chaque jeune fille a un jour été une Bella en puissance qui malheureusement n'a pas croisé son Edward, mais qui peut enfin vivre une belle histoire d'amour au travers de ces pages. C'est également un ingrédient très puissant dans la fascination suscitée par ce livre.

Mais malgré tout ça, et je m'en excuse d'avance auprès des fans qui je sais vont me lire, j'y vois plusieurs gros défauts. Le premier, le majeur, l'inratable, c'est le style d'écriture. J'ai commencé ce roman en lisant quelques dizaines de pages d'une traduction française empruntée, mais je n'aurais pas pu continuer: ce style si plat rendait ma lecture pénible. On m'a dit que la version originale était bien meilleure, j'ai donc acheté le roman en anglais et l'ai relu depuis le début dans cette langue. C'est à peine mieux, et la petite amélioration tient sans doute au fait que je suis moins exigeante dans cette langue qui n'est pas la mienne. Il faut dire en faveur de cette pauvre Stephenie Meyer que j'ai casé cette lecture entre des nouvelles de Charles Dickens et d'Henry James, deux monstres de la littérature anglophone auprès desquels il est difficile de faire le poids... Mais mon dieu, j'ai mis du temps à m'habituer à ces phrases trop simples, trop classiques, sans couleur, sans la moindre métaphore. Même Dan Brown m'a paru plus agréable à lire. En fin de compte, ce manque de relief devient presque hypnotique, ce qui m'a permis de continuer jusqu'à la dernière page. Mais je regrette amèrement que cette histoire à la première personne manque à la fois de la qualité littéraire d'un roman et de la spontanéité d'un journal intime.

La deuxième critique que je pourrais lui faire tient plutôt à ma propre personnalité, je suppose. Je n'ai tout simplement pas adhéré à l'histoire d'amour racontée là. Edward ne m'a pas du tout séduite, il m'a semblé dès le début arrogant, moqueur, trop sûr de lui; Bella me plaisait au début, jusqu'au moment où elle perde tous ses moyens pour un garçon qui à première vue la déteste et se moque cruellement d'elle. Et puis franchement, s'évanouir parce qu'elle oublie de respirer quand il l'embrasse... J'aurais peut-être beaucoup mieux apprécié à quinze ans, mais dans tous les cas, je n'ai pas l'impression d'avoir jamais été "fleur bleue" à ce point-là.

Enfin, je dois avouer qu'avoir vu le film avant de lire le livre m'est apparu comme un gros handicap. L'adaptation est suffisamment fidèle pour que je sache à l'avance comment l'histoire se développerait, et le manque de surprise est quand même terriblement pesant. En plus, j'avais en tête l'image d'un Edward incarné sous les traits de Robert Pattinson, que je trouve plutôt laid avec ses gros sourcils et son look de beau gosse. Oui oui, je sais que je rame à contre-courant sur ce coup-là, mais comme on dit: des goûts et des couleurs...

Pour une petite analyse à deux sous des thèmes abordés, je dirais que l'analogie avec la sexualité adolescente dans la relation entre Bella et Edward m'a sauté aux yeux à plusieurs endroits. Sans cesse ils se rapprochent, mais pas trop près, parce que le risque est là, l'interdit est tout proche, il en faut pas prendre de risques et rester maître de ses pulsions. J'ai l'impression que l'éducation américaine est très stricte sur ce point-là, car Bella a quand même 17 ans, mais elle ne prendra pas de risques, même si c'est dur pour elle et encore plus dur pour Edward. La similitude avec les pulsions d'Edward en tant que vampire est flagrante.

En résumé, vous vous demandez sûrement: vais-je acheter le tome suivant ? Eh bien, je vais peut-être vous surprendre, mais la réponse est oui. Je voudrais le lire sans l'a-priori du film, ni aucun a-priori d'ailleurs, puisque je n'ai aucune idée de la suite de l'histoire. La partie "amourette" d'Edward et Bella est je l'espère finie, on va rentrer dans une relation plus mûre, et j'ai envie de savoir vers où l'intrigue tendra. Et puis, avouons-le: ces belles couvertures noires donnent bien dans ma bibliothèque ;)

Hullut päivät (2)

Cette semaine, c'était le retour des "hullut päivät", les jours fous de Stockmann dont je vous ai déjà parlé en avril. Je n'avais pas l'intention de faire des folies, mais il se trouve que ce samedi, Finnair mettait en vente des tickets d'avion pour Bruxelles à un prix très raisonnable. Comme je n'avais pas encore acheté mes tickets pour le retour à Noël (une période toujours très chère, d'autant plus que maintenant Finnair est en monopole sur cette ligne), j'ai sauté sur l'occasion.

Mais acheter des tickets lors des hullut päivät, ce n'est pas comme s'asseoir devant son ordi et réserver son billet en deux clics de souris. Ca se prépare, car la demande est forte et l'offre limitée. D'abord, je me suis renseignée sur le fonctionnement de ce qui ressemble un peu à une ruée vers l'or, et j'ai obtenu des informations précieuses sur le forum de SalutFinlande. Ensuite, j'ai réglé mon réveil très tôt ce matin pour arriver au magasin dès l'ouverture. Et même avant: prévoyants, les gens de Stockmann commencent à distribuer des tickets numérotant les tours une demi-heure avant l'ouverture du magasin. J'avais opté pour le Stockmann du centre commercial Jumbo, près de l'aéroport, après avoir entendu des histoires affreuses de courses dans les escaliers et de foule qui faisait la file dès l'aube devant celui du centre-ville...

A 7h40 j'étais donc sur place, je prenais un ticket "service internet" (il y avait aussi des tickets "service comptoir") et je patientais jusqu'à l'ouverture du magasin en explorant le centre commercial encore endormi. A 8h, environ 200 personnes étaient devant la porte du magasin qui s'ouvrait. A 8h05, je constatais que le défilé des numéros était excessivement lent (surtout le "service internet", bien sûr) et je partais faire un tour dans le reste du magasin. A 9h30 mon tour arrivait, et à 9h35 mes tickets étaient réservés.

Finalement, ce fut une expérience assez amusante. L'heure et demie d'attente ne m'a pas parue si longue, il y a tellement à découvrir dans un grand magasin de cette taille ! J'ai surtout exploré la partie "ustensiles de cuisine", qui se trouvait juste à côté du bureau de vente des tickets, et j'y ai découvert toute une série d'objets intéressants. Par exemple, la cuillère à faire des boulettes: un outil avec deux cuillères rondes en forme de pinces, un peu comme la cuillère à feuilles de thé, sauf qu'elle est plus grosse et qu'elle sert à faire les boulettes de viande. Une création de génie ! J'ai vu aussi un couteau à écailler le poisson, j'ignorais que ça existait. Et puis un "cake server", une forme en aluminium comme celles pour découper les biscuits, mais plus grande, pour couper des tranches de gâteau en forme de vague... Dans le genre un peu absurde, j'ai appris qu'il existait des cuillères à oeufs, des cuillères à glace (pas pour servir mais pour manger) et des cuillères à kiwi. Comme si une bête petite cuillère ne faisait pas l'affaire pour tout ça. J'ai aussi trouvé des breloques à sachet de thé, et des boules quiès en plastique dont une partie est interchangeable en fonction du bruit qu'on veut éviter: "anti-ondes-longues" pour les ronflements, et "anti-ondes-courtes" pour les voix autour de soi. Qu'est-ce qu'on n'invente pas...




The "hullut päivät", Stockmann's crazy days, were back this week. Remember, I wrote about them in April... I didn't intend to enter a shopping frenzy, but it happened that this Saturday, Finnair was selling cheap tickets to Brussels. Since I hadn't yet booked my Christmas trip back home (and Christmas is always a very expensive period for plane tickets, especially since Finnair has now a monopoly on that route), I seized this chance.

But buying plane tickets during the hullut päivät is no small task. You need to prepare it, since demand is high and the offer, limited. I first collected some information on how this whole "gold rush" would work, and I got veterans describing their past experience. Then, I set up my alarm clock to wake up on time and make it to the store as soon as it opens. Earlier, even: Stockmann starts distributing tickets with your number in the waiting line half an hour before the opening. I had selected the Stockmann store in Jumbo, a shopping mall next to the airport, after I had heard awful stories of people waiting in line before dawn and crowd running up the stairs at the city centre's Stockmann...

At 7.40 I was on the spot, getting a ticket for the "internet service" waiting line (there is also a "desk service" waiting line) and I started to wait for the store's opening by exploring the still sleeping shopping mall. At 8.00, about 200 people were in front of the store's doors while they were opening. At 8.05, I noticed that waiting line's tickets' numbers were called very slowly, and I went for a tour of the rest of the store. At 9.30 came my turn, and at 9.35 I had booked my tickets.

Altogether, it was a rather entertaining experience. The waiting time did not feel so long, there is so much to discover is such a big store ! I mainly explored the "kitchen furniture" part, for it was located right next to the office selling plane tickets, and I digged there some very interesting items. For instance, the spoon to make meat balls: a tool with two rond spoons connected like a claw, so you will always get meatballs of the perfect size without getting your hands too dirty. Brilliant ! I also saw a knife to scale fishes, I didn't know that existed. And a cake server, a metallic shape like those used to make cookies, only bigger and shaped in the form of a wave to cut good-looking cake pieces. There were also items a bit pointless: I saw spoons for eating eggs, ice creams or kiwi. Is it so difficult to use the same average tea spoon for all this ? I also found tea-bags charms, and earplugs with a piece you can change depending if you want to avoid long waves (like your neighbour snoring) or short waves (like background conversations). Waw, what an invention !

Thursday, 8 October 2009

Livraddict

Bon, je sais, je vous en ai déjà parlé - mais abondance de bonnes choses ne nuit pas, me disait ma maman. Alors laissez-moi vous toucher encore deux petits mots à propos du site livraddict de ma copine Jessica et de son Baba à elle. Parce que si vous aimez lire, ce que vous verrez ici va vous plaire...

Il y a tout juste un mois, une amie d'université, Jessica, a donc créé un site web consacré à la lecture et littérature en tous genres: du policier au manga, de la fantasy à la bit-lit, et aussi les bandes dessinées. Son nom est "livraddict", et son adresse: http://www.livraddict.com. Le but est d'échanger autour d'une passion commune, sans prétention et sans contraintes. Le site est encore en phase d'amélioration, mais déjà très fréquenté et plein d'ambition. On y trouve:

- Un forum, où les membres partagent leur avis sur les livres qu'ils ont lu, échangent de bons conseils, jouent à de petits jeux, etc. C'est très convivial et simple d'utilisation. Depuis un mois j'y ai découvert un tas de nouvelles choses à lire, beaucoup de conversations se sont développées, et l'ambiance est vraiment sympa !

- Un blog "public", où n'importe qui peut venir publier une critique de livre occasionnelle sous son propre nom; il suffit d'envoyer à l'équipe du site (dont je fais partie) un e-mail avec sa critique, et on le publie pour vous dans un espace qui vous est dédié.

- Un "book club", où on choisit ensemble un livre par mois; ceux qui décident de participer ont deux mois pour le lire, et on se retrouve un certain jour à une certaine heure pour en discuter "en live" sur le forum. La lecture de novembre sera "Le Cercle Littéraire des Amateurs d'épluchures de patates", de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, et on est en train de choisir celui de décembre qui portera sur le thème de Noël.

- Très récemment, un partenariat avec des éditeurs, qui nous offrent des livres gratuits en échange de critiques (tout à fait libres) à poster en ligne. Nous avons déjà presque quarante livres à offrir chaque mois, et nous cherchons des lecteurs intéressés: quarante livres à écouler, ce n'est pas rien, et avec d'autre partenariats qui sont en cours de négotiations, ça va encore augmenter ! Si vous souhaitez recevoir un livre gratuit à domicile, venez lire les conditions et vous inscrire sur cette page !

- Bientôt, de nouvelles fonctionnalités s'ajouteront à celles-ci, notamment un grand projet très pratique à propos duquel je suis pleine d'enthousiasme... Mais je vous en reparlerai quand il sera réalisé !

Bien évidemment, tout ceci est entièrement gratuit. L'inscription au forum se fait en trente secondes...

Voilà. Si ça ne faisait pas un peu secte, je vous dirais: venez rejoindre notre communauté ! Mais plus sérieusement, si vous aimez lire et partager, venez jeter un oeil sur le site livraddict, je suis sûre que ça peut vous intéresser :)

Wednesday, 7 October 2009

[Mes lectures] Coule la Seine, de Fred Vargas

Je suis une grande fan de Fred Vargas, l'archéologue-auteur de romans policiers que j'ai découverte il y a quelques années grâce à un livre offert. J'ai déjà présenté son oeuvre en général sur le forum de livraddict, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de lire tous ses romans. Hier, je suis tombée par hasard sur un recueil de nouvelles policières, à ma connaissance les seules histoires courtes qu'elle ait publié, et je l'ai bien sûr dévoré en deux heures. Quelques mots sur cette découverte récente...


Résumé:

En 120 pages environ, Fred Vargas nous présente trois histoires, de la plus longue à la plus courte: "Salut et Liberté", "La nuit des brutes" et "Cinq francs pièce". On y découvre un vieux tailleur qui s'installe sur le banc public en face du commissariat juste le jour où Adamsberg commence à recevoir les lettres anonymes d'un meurtrier impuni; une Cendrillon qui se noie le soir de Noël; un clochard vendeur d'éponges et témoin d'un meurtre en fourrure... le tout tandis qu'à côté coule la Seine.


Mon avis:

La nouvelle est un genre difficile: il faut, en un nombre limité de pages, dresser un décor, présenter des personnages et développer une intrigue. C'est d'autant plus compliqué quand il s'agit d'histoire policières, qui doivent par définition être chargées de mystère et développer un suspense qui surprenne à la fois le lecteur et les personnages. Et c'est un véritable défi quand, en plus de ça, l'auteur a accroché son public grâce à la profondeur de personnages atypiques, que ce soient les héros (Adamsberg, Danglard) ou les personnages secondaires, lesquels méritent une description poussée.

Pourtant, Vargas s'en sort haut la main. A l'exception peut-être de la première nouvelle, où j'ai trouvé le dénouement un peu brutal, elle ne compromet ni la qualité de ses intrigues, ni le relief de ses personnages. En quelques pages seulement, on apprend à connaître Adamsberg si on ne l'a jamais croisé, ou on redécouvre de nouvelles facettes de sa personnalité brumeuse s'il nous est familier; et on voyage dans la vie et la tête de nouveaux héros passagers, le tailleur ou le clochard. Les mystères sont bien entendu moins complexes que dans les romans, mais Vargas prend le temps de nous laisser savourer son petit monde parisien centré autour de la Seine. J'ai particulièrement aimé la dernière nouvelle, la plus courte, où Adamsberg est vu de l'extérieur, au travers des yeux du témoin. Pour la première fois il mène l'interrogatoire, et en quelques questions et réponses se dessinent sa méthode et son caractère si particuliers. Une façon agréable de le redécouvrir.

La question est: pour ceux qui ne connaissent pas du tout Vargas, ce petit livre très court constitue-t-il une bonne introduction ? Ce n'est pas impossible, car tous les ingrédients de son succès y sont, en condensé. Pourtant, je ne suis pas sûre de le recommander; il manque malgré tout le plaisir des longues intrigues bien ficelées, la petite touche de légende qui parsème la plupart de ses oeuvres, et la découverte en profondeur de ses personnages si typés. Je continue à penser que pour entrer dans le monde de Vargas, la meilleure porte reste "Pars vite et reviens tard". Mais si vous avez déjà fait sa connaissance, alors jetez vous sur ce petit recueil savoureux !

Monday, 5 October 2009

Ruska

"Ruska" (prononcez: rouska) est un mot finnois qui n'est traduisible en français que par une périphrase: il s'agit de la couleur des arbres en automne. La "ruska" peut être de différente qualité; elle est meilleure quand les arbres ont des couleurs plus lumineuses, plus variées. Il paraît qu'elle est particulièrement superbe en Laponie.

Tout le mois de septembre a été très doux à Helsinki; avec des températures autour de 15° à 20°, l'arrivée de l'automne n'a longtemps été perceptible que par la "ruska" qui s'installait petit à petit. J'espérais en prendre de belles photos à Puumala, là où se trouve le mökki de la famille Ours, mais malheureusement là-bas les essences d'arbres se limitent aux pins qui restent toujours verts et aux bouleaux qui passent directement au jaune sans laisser leurs feuilles devenir rouges. Cela manque cruellement d'érables, qui se colorent si joliment...

Ce week-end, j'ai malgré tout réussi à prendre quelques clichés depuis la fenêtre de la voiture, des ciels menaçants et des arbres colorés, des gros plans sur les feuilles transpercées par le soleil bas, des champignons, peaux de serpents, et d'autres produits d'automne. J'espère que vous apprécierez...




"Ruska" (pronounce: roos-ka) is a Finnish word that cannot be translated in English but with a phrase: it's the color of the trees in autumn. The "ruska" can vary in quality; it is better when trees get more luminous, powerful colors. It is said to be particularly excellent in Lapland.

All September was pretty warm this year; with temperatures around 15° to 20°, the outbreak of autumn has only been noticeable from the "ruska" slowly appearing. I hoped i could take beautiful pictures of it in Puumala, where the Bear family has its summer cottage, but unluckily in this area you can only find pine trees that always remain green, and birch trees that turn directly yellow without any red. They really lack maple trees, that get so nicely colorful...

This week-end, I managed to take some pictures through the car's window, some heavy skies, colourful trees, yellow sunset through the leaves, mushrooms, snakes skins, and other products of autumn. Hope you enjoy it.




Sunday, 4 October 2009

Le week-end où j'ai appris que Papa Ours porte bien son surnom

Quand j'ai commencé ce blog, j'ai décidé d'en surnommer les acteurs principaux pour ne pas lancer trop de noms au hasard sur le net. J'ai choisi le surnom de Mr Ours à cause de son côté taciturne et un tout petit peu bourru, de sa grosse voix grave, et aussi du fait qu'il fut la première personne que je rencontre à me dire "dans mon pays, il y a des ours sauvages". Mais ça s'arrête là: il n'est pas particulièrement poilu, n'a pas de longues griffes ni de grandes dents, et n'est jamais, jamais agressif; au point qu'en le rencontrant, beaucoup de lecteurs se demandent d'où peut bien lui venir son surnom... Mais voilà, une fois que lui était Mr Ours, son père est devenu Papa Ours, forcément. Et lui, je viens de me rendre compte que ça lui va très, très bien.

Beaucoup d'entre vous sont au courant: depuis quelques semaines, je passe mes week-ends sur le chantier du "mökki" des parents Ours, qui se sont décidés à en construire le bâtiment principal. Cet automne, nous en sommes aux fondations, et vu que les parents Ours craignent un peu pour leur dos âgés, Mr Ours et moi avons été réquisitionnés pour les tâches les plus dures physiquement: principalement, transporter des brouettes et des brouettes de sable ou de cailloux, parfois des blocs de béton qui formeront les murs de soutien. Etant donné que c'est à plus de 300km d'Helsinki, quand on y va, c'est pour tout le week-end. C'est dur, fatiguant, ça me vole mes week-ends, mais j'y vais pour les raisons suivantes (dans l'ordre décroissant d'importance):
  1. Parce que Mr Ours considère que c'est son devoir d'aider ses parents, et que je considère de mon devoir d'aider mon ours à moi.
  2. Parce que si je n'y vais pas, je passe mes week-ends seule et je ne vois plus beaucoup l'ours de mon coeur.
  3. Parce que j'espère gagner ainsi le droit de passer quelques vacances dans cet endroit superbe.
  4. Parce que ça m'intéresse de voir comment on construit un chalet en bois (je prends pas mal de photos).
  5. Parce que j'en profite pour faire un peu d'activité physique au grand air, me faire un peu de muscles, et perdre les trois ou quatre kilos que j'ai gagné ces dernières années. On dirait que ça marche: la première semaine j'ai eu des courbatures pendant deux jours, maintenant ça va mieux dès le lundi. Apparemment les spaghettis qui me servaient de muscles sont passés au stade macaroni...
  6. Parce que j'en profite pour pratiquer un peu mon finnois, au moins passivement (la famille Ours ne parle pas l'anglais).
Pourtant cette semaine, je n'avais vraiment pas envie d'y aller. J'ai des lessives de retard, besoin de trier mes vêtements d'été pour les descendre à la cave, de nettoyer l'appart, des classer mes photos des deux dernières années, et puis j'étais invitée à une pendaison de crémaillère chez des amis que j'avais vraiment envie de revoir... Mais on m'a fait savoir que le temps pressait avant que l'hiver n'arrive, qu'il y avait encore beaucoup de boulot, et la raison a été la plus forte. La maman n'était pas là, et le papa nous attendait à 16h vendredi pour nous prendre en voiture (d'habitude on y va par nous-mêmes parce qu'il part trop tôt, mais l'essence commence à gréver le budget). Mr Ours a travaillé plus tard les jours précédents pour pouvoir sortir tôt ce jour-là, moi j'ai sauté le déjeuner pour gagner du temps, et nous nous sommes dépêchés autant que possible.

Finalement, nous sommes arrivés chez Papa Ours avec sept minutes de retard. Petite remarque désagréable de sa part. On démarre. Au bout de deux heures de trajet, on arrive à la ville de Mikkeli, à mi-chemin. Papa Ours devait y acheter des blocs de béton. En sortant de chez le fournisseur, je demande si on va s'arrêter au supermarché à côté pour que je puisse aller aux toilettes et acheter vite fait de quoi manger un bout; Mr Ours transmet la question à son papa et la réponse est claire et nette: "non". Le genre de "non" sans discussion, sans explication. Quelques minutes plus tard, quand Mr Ours explique qu'on n'a pas eu le temps d'acheter à manger vu qu'on partait si tôt, la réponse de Papa Ours est pleine de la plus flagrante mauvaise foi: "Je t'ai téléphoné quand je suis allé faire les courses, t'avais qu'à répondre au téléphone". Sauf que c'était pendant les heures où Mr Ours est au bureau, d'où il n'est pas censé utiliser son gsm; il l'a rappelé quelques minutes plus tard, mais c'était déjà trop tard, Papa Ours était sorti du magasin.

Bref, je maîtrise ma petite vessie pendant deux heures supplémentaires, en essayant d'effacer les cris de mon estomac vide depuis le matin. Par la suite j'ai appris de Mr Ours les raisons du "non" de son papa: la remorque était trop chargée, il avait peur de croiser des flics et voulait rentrer le plus rapidement possible. Il faut dire que le détour aurait fait au moins deux kilomètres... Et l'explication, au moins trois phrases, c'est trop fatiguant ! Pour être tout à fait honnête, il ne nous en a rien dit mais heureusement, il avait apporté des saucisses qu'on a pu manger comme souper une fois arrivés.

Le lendemain matin, Mr Ours et moi (qui dormons dans une caravane à part) nous réveillons vers 9h. D'habitude, le maman Ours nous réveille vers 8h30 en frappant à notre porte, mais cette fois-ci elle n'est pas là. Je sors la première, traverse le chantier où Papa Ours travaille déjà, reçoit un flamboyant "bonjour !" de sa part, puis prépare rapidement du café. Mr Ours sort un peu plus tard, et ensemble on va demander les instructions au papa (et l'informer qu'il y a du café chaud s'il en veut). Je ne comprends pas ses réponses, mais Mr Ours m'entraîne un peu plus loin avant de me traduire.

En fait, il s'avère que Papa Ours est en colère. Il voulait qu'on se lève beaucoup plus tôt et on ne l'a pas fait. Il se plaint de ne pas pouvoir compter sur nous. Il ne veut pas de mon café, parce que "à six heures du matin il y en avait, du café". Et il ne veut pas nous expliquer ce qu'il y a à faire, il boude.

Là, je trouve ça vraiment injuste. D'abord, il ne nous a jamais dit qu'il voulait qu'on se lève tôt. Ensuite, il n'avait qu'à venir frapper à la porte de la caravane pour nous chercher, on se serait levés. Et puis, on vient pour aider, on sacrifie nos week-ends pour une maison qui n'est pas la nôtre, on travaille dur et il a prévu cette construction en comptant sur l'aide de son fils, même sans rien en dire, parce que sans lui (et dans une moindre mesure, sans moi), il n'aura jamais fini les fondations avant l'hiver. Alors franchement, je trouve qu'il abuse. Si c'était mon père, j'aurais répondu tout ça bien vertement; mais mon père à moi, il m'aurait réveillée ou ne m'aurait jamais fait ce genre de remarque - il aurait probablement été trop épaté de me voir travailler aussi dur pour y penser...

Mais Mr Ours étant plutôt du genre agneau, il n'a rien répondu, a trouvé tout seul ce qu'il y avait à faire et m'y a entraînée (après que j'aie jeté le café comme petite vengeance). Quelques heures plus tard, Papa Ours s'est remis à nous parler et apparemment ne se souvenait de rien. Soupe-au-lait, on va dire: on s'énerve pour un rien et on oublie. Je trouve ça un peu facile, personnellement: parce qu'on n'est pas rancunier, on a le droit d'être imbuvable quand ça nous chante ?

Enfin, la morale de tout ça, c'est que les premières heures de pelletage de cailloux m'ont parues plus courtes parce que j'appaisais ma colère en écrivant mentalement ce billet. Et comme moi non plus je ne suis pas rancunière, j'y retournerai probablement la semaine prochaine: pas pour lui, pour son fils bien sûr...

Thursday, 1 October 2009

[Mes lectures] Ivanhoe, de Walter Scott.

J'en ai parlé dans une note précédente: depuis mon retour de vacances, je me suis remise à lire furieusement. J'y ai d'abord été encouragée par les romans reçus pour mon anniversaire, que j'ai dévorés en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire (ou presque). Ensuite, j'ai à la fois découvert une librairie en ligne à ma portée financière, et un site et forum consacré à la lecture (livraddict)où d'autres participants ne cessent de me faire découvrir des livres qui paraissent plus intéressants les uns que les autres... La tentation est forte !

Pour une très bonne raison dont je vous parlerai plus tard, j'ai récemment décider de publier ici mes compte-rendus de lecture qui jusqu'à présent se trouvaient sur le blog de Jess ou sur le forum. Je lis en anglais aussi bien qu'en français, mais je ne me sens capable de critiquer de façon constructive que dans ma langue maternelle, donc cette partie vous est réservée, chers amis francophones !


Dear English-speaking reader, I am afraid I will add some more unilingual pages to this blog. I have recently started reading a lot, many novels, and I wish to include here some pages recording my opinion on the works I discovered. The problem is, although I often read in English, I don't feel confident enough in this language to be able to express my opinion adequately. I apologize for this, but keep having a look around here now and then; I still have a lot to write about Finland and my life, and those subjects will definitely call for some English !




Je viens donc de terminer un roman classique de la littérature anglaise: "Ivanhoé", de Sir Walter Scott. Quelques mots pour vous le faire découvrir...


Résumé:

Sous le reigne de Richard Coeur de Lion, l'Angleterre est partagée et sa vie sociale chaotique. Le Roi est prisonnier en Autriche et c'est son frère Jean, très impopulaire, qui est au pouvoir. Depuis Guillaume le Conquérant, les Normands vainqueurs s'opposent aux Saxons vaincus. La noblesse est divisée en deux clans parlant des langues différentes qui n'ont pas encore fusionné pour former l'anglais moderne, le peuple est oppressé par ses nouveaux maîtres, des bandes de brigands affamés battent la campagne et les chevaliers s'affrontent à mort pour la moindre question d'honneur...

Dans ce contexte historique, nous découvrons l'histoire de Cédric, noble saxon qui rêve de remettre son peuple sur le trône d'Angleterre, et de sa belle pupille Rowena; de ses deux esclaves Wamba le bouffon et Gurth le gardien de bétail; de Brian de Bois-Guilbert, le fier templier; du financier juif Isaac et de sa fille Rebecca, aussi belle que sage. Lorsque deux chevaliers mystérieux apparaissent parmi ce petit monde, les aventures se succèdent au rythme effréné des tournois, enlèvements, sièges, procès de sorcellerie...


Mon avis:

Je dois dire que quand j'ai entamé les premières pages de ce roman, j'ai failli le refermer très rapidement. Je l'avais acheté en anglais, sa langue originale. Mais imaginez une oeuvre en anglais du dix-neuvième siècle, écrite en imitant le style de l'époque à laquelle l'histoire appartient, l'an 1193. C'est peu accessible pour quelqu'un dont l'anglais n'est même pas la langue maternelle... Les armes et équipements mentionnés, les lieux décrits, et surtout les dialogues, me semblaient par passages totalement incompréhensibles ! Le problème c'est que je déteste interrompre ma lecture pour chercher une traduction dans le dictionnaire. J'ai donc continué en tentant de deviner le sens des mots, et au fur et à mesure, je me suis habituée à la langue. Je vous conseille malgré tout de ne tenter l'aventure que si vous vous sentez bien accrochés à votre anglais; dans le cas contraire, préférez une traduction !

Au bout d'un chapitre ou deux, quand le déchiffrement n'a plus posé trop de problèmes, j'ai pu mieux apprécier l'histoire. Il s'agit véritablement d'un roman de chevalerie et d'aventure, avec de multiples rebondissements et des caractères très typés; le matériel parfait pour un scénario de film ! On y croise des monarques, de preux chevaliers en armure, une populace vindicative, une bande de voleurs pas si méchants, des prêtres pas très saints, de belles jeunes femmes qui font battre le coeur des chevaliers, des nobles ombrageux, des méchants sans scrupules et d'autres pas très malins... Et même Robin des Bois et toute sa clique ! L'histoire ne se déroule que sur quelques jours, mais prend de tels rebondissements qu'on se demande sans cesse comment nos héros vont s'en sortir. Il y a une petite histoire d'amour et un coeur brisé, un tournoi décrit en détails, et une superbe prise de forteresse. Les descriptions sont très précises, mais leur longueur ne m'a pas dérangée car elles participent à la création de tableaux d'époque. Par contre, les personnages ont tendance à se lancer dans de longs discours pompeux que j'ai parfois sauté allègrement...

J'ai beaucoup apprécié la précision historique de ce roman: d'après les notes qui accompagnent l'édition que j'ai achetée, l'auteur a pris des libertés avec l'Histoire, mais il se rattrappe en fournissant une foule de détails sur la vie de l'époque: la description des châteaux, des vêtements, de la façon de vivre, des habitudes et coutumes... Au final on se sent plongé en plein Moyen-Age et on se représente très bien cette période, j'adore ! Mais j'ai aussi beaucoup aimé l'ironie et l'humour qui sont particulièrement présents dans la plupart des personnages. Le Saxon Athelstane est vraiment comique, par exemple. On rit un peu plus jaune quand il s'agit du Juif Isaac, qui représente tous les préjugés qu'on associe à son peuple, mais l'auteur se rattrappe en mettant l'accent sur la persécution injuste dont il est la victime et en lui donnant une fille irréprochable qui est de loin le meilleur personnage du livre.

Bref, il est difficile de dire que ce roman n'a pas pris une ride, mais il vaut la peine d'être lu. Le petit effort de se plonger dans un style un peu moins actuel que du Dan Brown est compensé par le bain historique qu'il nous apporte... Une belle expérience !